Envie d’un bébé  pendant un traitement anti-cancer ?

Quid de l'envie de maternité pendant un traitement anti-cancer ?

Cancer et maternité

La loi de bioéthique impose à tout médecin d’informer sa patiente des risques d’un traitement toxique sur sa fertilité et de lui proposer des solutions adaptées… Abordez la question avec votre oncologue.

« Il est possible d’intervenir même en urgence, avant de démarrer un traitement », précise le Dr Michaël Grynberg, spécialiste de la médecine de reproduction à l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy.

« Ce n’est pas une garantie de grossesse, mais c’est essentiel pour que les patientes puissent conserver une chance d’être mères avec leurs propres ovocytes, même si leurs ovaires ont été très altérés par les traitements reçus. En fonction de la situation, de l’âge, des molécules utilisées et du temps dont nous disposons, nous proposerons la technique la plus adaptée, indique-t-il par ailleurs.

Être mère malgré un cancer : quelles solutions ?

Si l’équipe médicale dispose de deux à trois semaines avant le début de la chimiothérapie, elle pourra pratiquer une stimulation ovarienne avec congélation ovocytaire ou embryonnaire (patientes en couple) et éventuellement conservation du tissu ovarien.

En cas de traitement urgent, des ovocytes immatures pourront être recueillis, sans stimulation ovarienne, par voie transvaginale échoguidée. Ils seront maturés in vitro pendant 24 à 48 heures avant d’être congelés ou fécondés.

Préserver le tissu ovarien avant la puberté, une procédure encore expérimentale

La maturation in vitro (MIV), proposée par les centres de médecine et biologie de la reproduction des hôpitaux Antoine-Béclère (Clamart) et Jean-Verdier, peut s’associer à une cryopréservation de tissu ovarien.

La congélation de tissu ovarien est la seule technique utilisable avant la puberté. Encore expérimentale, elle consiste en un prélèvement ovarien par cœlioscopie. Le tissu ovarien pourra ensuite être décongelé et greffé au niveau du pelvis, ou éventuellement en sous-cutané. Trente enfants sont déjà nés après greffe de tissu ovarien.

Céline Dufranc

À LIRE

– Préservation de la fertilité, de Michaël Grynberg et René Frydman (éd. Eska)
Conséquences des traitements des cancers et préservation de la fertilité, rapport de l’Inca et de l’Agence de la biomédecine, sur le site e-cancer.fr