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Le PAC en pratique

L’avantage de poser un PAC est d’accéder directement à une veine de gros calibre. Une courte intervention chirurgicale qui peut déclencher bien des sentiments selon les experts.

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PAC port-à-cath

Le PAC : qu’est-ce que c’est ?

Appelé chambre à cathéter implantable (CCI), site veineux implantable (SVI), « Port-à-Cath », du nom de la marque, ou bien PAC, ce petit boîtier se place sous la peau, entre la clavicule et le sein ou au niveau de la face interne du bras. Relié à un cathéter (fin tuyau souple) lui-même implanté dans une veine, il permet d’acheminer les chimios – mais également tout autre liquide nécessaire (éléments nutritifs, antibiotiques…) – directement dans le sang.

Bénéfice pour le patient : un plus grand confort et une sécurité maximale tout au long du traitement (on peut se baigner, voyager…). Il est possible de se passer du PAC en administrant la chimio par une veine du bras, mais les médecins le déconseillent car les produits, irritants, peuvent endommager les tissus. En cas de chimio courte, en revanche, on lui préfère parfois le Picc line, un cathéter central posé au niveau du bras.

La chambre implantable : de l’objet au symbole

« Il y a souvent un décalage entre le vécu des chirurgiens, pour qui le PAC est un objet purement technique destiné à rendre la chimiothérapie possible, et le ressenti des malades, pour lesquels ce boîtier acquiert une identité propre et suscite bien des sentiments », constate le Dr Reich, responsable de l’équipe psycho-oncologie du centre Oscar-Lambret, à Lille.

D’ailleurs, « dans pac, il y a l’idée que l’on pactise avec l’agresseur, note le Dr Reich. Les patientes recourent souvent à des termes martiaux : blessure de guerre, arme de combat, guetteur… »  Lorsque la pose est réalisée « à la sauvage, cela peut entraîner une véritable détresse chez les patients, qui redouteront ensuite la moindre piqûre dans le cathéter », ajoute pour sa part Yolande Arnault, psychologue clinicienne à l’IPC de Marseille.

Port-à-Cath : une pose millimétrée

Parce que le Pac doit se faire oublier, le Dr Jean-Jacques Simon, chirurgien à l’IPC de Marseille, s’est spécialisé dans sa pose (plus de 16 000 à son actif). « Loin d’être un geste secondaire, cette opération déclenche bon nombre de choses, positives ou négatives. Il faut être très attentif et tout doit se passer en douceur en quelques minutes, explique-t-il. Il faut pratiquer une incision d’environ 2 cm, au niveau de la bretelle de soutien-gorge, et placer la chambre dans la région sous-claviculaire, le plus bas possible pour que cela se voit moins. On peut aussi poser la chambre dans le pli de l’épaule. Ensuite, on suture par des petits points internes et résorbables. »

Pour aider les patientes à passer ce moment crucial, le chirurgien soigne l’ambiance : photos au mur, lumière et musique douce ; on est loin des salles d’op’ verdâtres… « On doit aller vers le patient, vers ce qu’il aime et dont il veut parler, poursuit le médecin. Qu’il me livre ses secrets de bouillabaisse ou me vante les exploits de l’OM, je l’écoute. L’objectif, c’est de le distraire. »

L’idée, c’est de diminuer l’anxiété et la dose de produits. Pour y parvenir, Jean-Jacques Simon s’appuie sur l‘hypnose, la psychologie et la sophrologie. « On encourage le patient à quitter le moment présent, à se transporter sur une plage, près d’une cascade ou sur son canapé, là où il se sent bien. »

Céline Dufranc

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