Qu’est-ce que la chimiothérapie ?

C’est un traitement médicamenteux dont l’objectif est de détruire les cellules cancéreuses. Selon les molécules utilisées, elle peut empêcher la division cellulaire ou bloquer la croissance des cellules.

Définition chimiothérapie - Qu'est-ce que la chimiothérapie

Quand y a-t-on recours ?

Elle est proposée soit avant une chirurgie – chimiothérapie néo-adjuvante – afin de diminuer la taille de la tumeur et faciliter l’opération, soit après une chirurgie – chimiothérapie adjuvante – pour diminuer les risques que le cancer ne revienne localement ou à distance, soit pour traiter des métastases.

Est-ce un traitement sur mesure ?

Oui, car les médicaments utilisés sont choisis en fonction de votre type de tumeur, de sa localisation, du stade de développement des cellules cancéreuses et de votre état général. Votre proto­cole de chimiothérapie pourra comporter un ou plusieurs médicaments, ayant des actions différentes sur le cycle cellulaire. Ces médicaments sont issus de végétaux ou produits par synthèse.Quand plusieurs protocoles sont possibles, ils vous sont expliqués, et le choix est fait avec vous.

Combien de temps cela dure-t-il ?

La durée de la cure est très variable. Le rythme des administrations dépend du protocole proposé et de la raison pour laquelle elle est administrée. En prévention du risque de récidive métastatique, un traitement dure en moyenne quatre à six mois (une cure toutes les trois semaines pour laisser le temps à l’organisme de récupérer). Dans certains protocoles, les chimiothérapies peuvent s’administrer toutes les semaines. La durée n’est pas proportionnelle à la gravité de la maladie.

Quelles précautions sont à prendre avant le traitement ?

Une prise de sang vous renseignera sur le taux de globules blancs, rouges et de plaquettes mais aussi sur le fonctionnement d’organes essentiels pour le métabolisme, comme le foie et le rein. Parfois, une échographie, une radiographie des poumons, une échographie ou une scintigraphie cardiaque sera réalisée avant votre première cure.

Comment sont administrés les médicaments de chimiothérapie ?

La plupart des médicaments se présentent sous forme liquide injectée dans les veines. La perfusion peut durer de trente minutes à trois heures, durant lesquelles vous serez installée dans un fauteuil ou dans un lit. Pour préserver vos veines, on pourra vous implanter sous anesthésie locale, dans une veine du cou ou du haut du thorax, un cathéter, ou chambre d’injection implantable.75 % des chimiothérapies sont administrées en hôpital de jour, ce qui permet de rentrer ensuite chez soi.

Selon les médicaments, elles peuvent aussi être prises sous forme de comprimés, à domi­cile, sous la surveillance d’une infirmière, ou, plus rarement, par injection intramusculaire.

Pourquoi ce traitement provoque-t-il des effets secondaires ?

Parce qu’il ne sait pas faire la différence entre une « bonne » et une « mauvaise » cellule. Les produits, très actifs, agissent sur les cellules cancéreuses mais également sur celles, normales, de la peau, des cheveux, de la moelle osseuse. D’où la perte des cheveux, les nausées… Ces effets secondaires existent, mais ne sont pas systématiques (tout dépend du médicament et de la tolérance de chacun et de chacune), et surtout restent temporaires.

Comment lutter contre ces effets indésirables ?

Il est important d’agir de manière préventive et d’aborder le sujet avec votre équipe, qui propo­sera une prise en charge spécifique. D’abord, pensez à consulter un dentiste. Il établira un bilan global et il vous prescrira des bains de bouche afin d’éviter les aphtes et les mucites.

Pour limiter la chute des cheveux, qui n’est pas systématique, le casque réfrigérant est efficace à condition qu’il soit changé régulièrement (environ toutes les vingt minutes). Pour se préparer à la chute, sachez qu’elle survient une quinzaine de jours après le début du traitement et qu’elle peut concerner les cils, les sourcils et les poils.

Contre les nausées et les vomissements, on dispose de médicaments prescrits avant la perfusion, voire d’anxiolytiques si vous êtes angois­sée. On parvient ainsi à soulager 80 % des patients. On peut prévenir la constipation et la diarrhée grâce à des règles diététiques et à des médicaments.

Contre la fatigue et les modifications de la formule sanguine, il existe des facteurs de croissance, sortes d’hormones de la moelle osseuse qui l’aident à se reproduire plus vite.

Les médecines complémentaires aident-elles à mieux à supporter ce traitement ?

Oui, mais en aucun cas elles ne remplacent les traitements conventionnels. L’acupuncture, l’auriculothérapie, l’homéopathie, la sophrologie, l’hypnose, la réflexologie plantaire agissent efficacement contre les nausées, certains types de douleurs, l’anxiété, la fatigue… Ces thérapies existent dans de nombreux services pour vous aider à mieux supporter les symptômes de la maladie et les effets secondaires des traitements.

Dr Florian Scotté, oncologue à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris