« Depuis mon cancer, j’ose ! » – Épisode 6 : Gaëlle ose rire d’elle-même !

La rencontre avec le cancer fait souvent sauter certains freins. On se prend à dire ou faire des choses dont on ne s’imaginait pas capable avant. Gaëlle ne pensait pas être un clown dans l’âme, DU TOUT. Mais ça, c'était avant la maladie.

Depuis l'annonce de son cancer, Gaelle ose rien d'elle même - roseupassociation - rosemagazine

Après le choc de l’annonce de mon cancer, il m’est apparue comme une évidence que puisque cette épreuve me tombait dessus, il valait mieux l’affronter avec humour. Traitements et effets secondaires, j’ai donc – presque – tout vécu en rigolant de la situation, de la maladie, de mon état, de moi. 

Par exemple, chez le coiffeur qui m’a rasé la tête, je me souviens d’un énorme éclat de rire avec mon fils de 4 ans quand il a commenté le résultat d’un « Maman, ta tête c’est bizarre, mais c’est tout doux comme mon p’tit cul » ! L’auto-dérision c’est le meilleur médicament que je connaisse.

Après quoi il y a eu l’épisode du choix d’une perruque. Franchement ? Ca ne me tentait pas vraiment. J’ai donc décidé d’oser des looks rigolos. Gros succès à la pharmacie près de chez moi, à chaque fois que j’y allais déguisée en licorne ! J’ai aussi beaucoup joué avec des accessoires. À chaque séance de chimio, j’arrivais avec un nouveau serre-tête : clignotant, rose, ou encore licorne. J’adore ! Lors de ma dernière séance, j’ai donc offert au service un sticker géant de licorne avec l’inscription « rien n’est impossible », qui doit depuis orner un mur du couloir principal. 

À rire ainsi de ma maladie, j’ai sûrement dû choquer certaines personnes. Mais aujourd’hui, le regard des autres et les remarques qui pouvaient me blesser avant, m’atteignent moins. Je m’interdis de culpabiliser lorsque que je ne réagis pas comme certains préfèreraient.

Il n’y a pas une bonne ou une mauvaise façon de vivre ce combat. On fait comme on peut. Selon moi, l’essentiel est de le vivre entouré(e) de personnes en accord avec notre vision des choses.

 Depuis l’annonce de mon cancer, j’ose être moi-même, j’ose m’affirmer, il serait temps à 39 ans. 

Gaëlle