Coloration : ça vire au vert…

Les voilà enfin qui repoussent ! Masques, huiles… Tout leur est bon. Même une couleur ? Pourquoi pas, grâce aux teintures naturelles. Explications.

Colorations, on passe au vert @Colorations, on passe au vert

Refus de toute chimie, crainte de fragiliser ces petits cheveux naissants ou de développer une réaction allergique : de plus en plus de femmes se tournent vers les colorations naturelles, parfois labellisées bio.

Le point avec Michel Knittel, scientifique et responsable de la communication chez Bleu Vert* et Yann Pichon, coiffeur à Aubenas labellisé  « Développement durable ».

De quoi est composée une coloration naturelle ?

Michel Knittel et Yann Pichon.- Il existe en fait deux types de colorations dites naturelles. Les premières, purement végétales, sont composées d’huiles (de sésame, de lin, de neem, de macadamia, d’argan, de jojoba, d’avocat…) et d’extraits de plantes tinctoriales. Le henné est le plus connu, mais il doit être pur, bio et sans additifs, sinon il peut s’accumuler sur le cheveu de la même manière que les silicones.

D’autres plantes complètent la palette : brou de noix et garance pour les reflets roux, curcuma et camomille pour les blonds… Un deuxième type de coloration, intermédiaire entre la végétale et la chimique est à base de plantes, de minéraux et d’eau oxygénée faiblement dosée. Sans ammoniaque, phénylènediamine ni parabènes, elle apporte plus de possibilités.

La coloration végétale est-elle meilleure pour la santé ?

Oui. D’abord parce qu’elle est sans substances soupçonnées d’être néfastes pour la santé des utilisateurs (coiffeurs et consommateurs). Ensuite, parce qu’elle ne pénètre pas dans le bulbe capillaire, ne modifie pas la structure interne du cheveu et donc ne l’abîme pas. Elle ne peut pas non plus se retrouver dans le sang.

Peut-on colorer des cheveux en phase de repousse naissante ?

Certains coiffeurs disent « oui, tout de suite ! », d’autres conseillent d’attendre 2 à 3 cm de repousse. Cela dépend surtout de l’état du cuir chevelu. S’il est sec, irrité par la chimio, mieux vaut patienter jusqu’à ce que la peau ait récupéré. La première fois, il est préférable de demander l’avis d’un coiffeur.

Peut-on obtenir les mêmes résultats qu’avec une coloration chimique ?

Non. La coloration végétale ne permet que de foncer de 2 ou 3 tons et de colorer en transparence. Elle ne peut ni éclaircir, ni décolorer, ni faire de mèches. Et les cheveux blancs ne sont couverts qu’à 30%. Pour parvenir à en couvrir plus, il faut généralement faire une seconde application, ce qui double le temps de pause déjà long : de ¾ à 1h sous casque dont la chaleur favorise la fixation, et jusqu’à 3h à la maison.

L’avantage, en revanche : pas d’effet racine à la repousse, puisque la coloration s’estompe au fil des shampooings. La coloration à l’eau oxygénée, elle, apporte plus de possibilités. Elle permet de faire des mèches ou des reflets, et de décolorer. Certains coiffeurs, comme Yann Pichon, font une première coloration végétale sur laquelle ils ajoutent des mèches grâce à la coloration à l’eau oxygénée.

Une coloration végétale dure-t-elle longtemps ?

De 1 à 3 mois environ, mais cette durée s’allonge au fil des applications.

Quels soins adopter entre les colorations ?

Après une coloration naturelle, mieux vaut ne pas se laver les cheveux pendant trois jours car les pigments agissent encore et la couleur continue d’évoluer. Entre les colorations, utiliser des shampoings doux, sans sulfates, qui feront moins dégorger les pigments.

Sophie Goldfarb

* Distributeur multimarques de cosmétiques naturels et bios

RÉPERTOIRE
Biocoiff’,19 Place Jeanne d’Arc 75013 et 5 rue des Ciseaux 75006 Paris
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Un instant pour moi, 153, bd de la croix rousse 69004 Lyon
Marcapar, 2 avenue Doyenne 69005 Lyon
La goutte d’eau , 12 avenue Honoré Serres 31000 Toulouse Alternatif 12, rue Jean Jaurès 07200 Aubenas
Les Fées naturelles , 99 rue de la République, 13002 Marseille
(liste non exhaustive)