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Que deviennent les déchets cytotoxiques ?

{{ config.mag.article.published }} 30 janvier 2023

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À l’hôpital, tout acte de soin est associé à l’utilisation de matériel spécifique, à usage unique, et donc à la production de déchets. Elle s’élève à 700000 tonnes par an. Qu’en fait-on ? On a enquêté...

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Peut-être l’avez-vous déjà remarqué : sur les chariots roulants des soignants sont disposées différentes poubelles colorées dans lesquelles ils ventilent, au fur et à mesure des soins, les différents déchets qui en sont issus. Et ce dans un ballet aussi bien orchestré que déroutant pour les non-initiés. Mais, ensuite, que deviennent ces boîtes ? Et, surtout, comment est traité ce qu’elles contiennent ?

Plus d’une tonne de déchets générés par lit et par an

Avec 700000 tonnes de déchets hospitaliers produits chaque année, la question est loin d’être anecdotique. Cela représente tout de même 3,5 % de la production totale de déchets en France ! Chaque lit d’hôpital en génère 1050 kg chaque année, presque trois fois plus que la moyenne nationale par habitant. Un véritable enjeu donc, en matière écologique et financière, mais aussi sanitaire. Une partie de ces détritus nécessitent en effet un traitement particulier pour qu’ils ne mettent pas en danger l’environnement, voire notre santé. Selon leur nature, les déchets suivent des circuits de traitement différenciés, et balisés selon une mécanique logistique complexe et bien huilée. Une organisation sans faille est indispensable, ainsi qu’une bonne dose de réflexion en amont, pour ne pas imposer aux soignants des procédures trop complexes, qui alourdiraient leur charge de travail et risqueraient d’être mal appliquées faute de temps ou de lisibilité. Le tri à la source, effectué juste après le soin, en constitue un premier maillon déterminant. La collecte se fait grâce aux boîtes dont on a déjà parlé, mais aussi via les différentes poubelles présentes dans les chambres et les salles de soins. Mais ce n’est là que la partie visible d’un circuit qui ne laisse rien au hasard. À commencer par les couleurs des différents contenants. Un peu comme nos poubelles jaunes ouvertes à la maison, elles signifient quelque chose. Ainsi dans les sacs ou boîtes rouges ou orange sont récupérés les déchets à risque chimique ou toxique, tandis que dans les jaunes sont recueillis les déchets « d’activités de soins à risques infectieux », qui sont susceptibles de contenir des micro-organismes ou leurs toxines.

Des contenants soigneusement tracés

Le choix du matériau n’est pas anodin non plus. Les déchets coupants, tranchants ou piquants sont logiquement placés dans des contenants en matière rigide et fermés, tandis que les déchets mous sont collectés dans des sacs ou de simples bacs en plastique ou en carton. Des tournées de récupération sont régulièrement organisées.

Dans certains établissements, elles sont optimisées grâce à des logiciels qui aident à gérer la fréquence à laquelle il faut passer ramasser les déchets – et où exactement – en fonction du volume produit. Tout cela sans perdre de temps ni gâcher les fournitures en les relevant trop souvent. Pour remplir leur mission collectrice, les opérateurs revêtent des équipements de protection: gants et blouse ou tablier. Le contenant est obligatoirement transporté fermé au sein de l’hôpital. Le collecteur indique sur le sac ou la boîte sa date de fermeture avant de l’emporter vers des locaux adaptés. Patients et visiteurs ne remarquent en général pas ces pièces, mais il en existe principalement de deux types : les locaux d’entreposage intermédiaire, plutôt proches des unités de soins, et les locaux d’entreposage centralisé, qui se situent en retrait des zones d’activité et à distance des fenêtres et des prises d’air. C’est là que le prestataire en charge de l’évacuation des déchets viendra opérer. Tracés tout au long de leur récupération dans l’établissement hospitalier, les déchets le sont aussi quand ils le quittent. Au moment où les prestataires viennent les ramasser, un bordereau de suivi, d’abord rempli par l’hôpital, est complété par le transporteur, et il le sera encore à chaque étape de la chaîne de traitement, jusqu’à la phase de destruction. Celle-ci accomplie, le bordereau sera renvoyé à l’hôpital. Ainsi toutes les données sur le devenir de chaque lot de déchets sont-elles dûment archivées.

Les produits anticancéreux incinérés à 1200 °C

On le voit, tout est strictement organisé et normé. Le transport lui-même est réglementé. Le véhicule est choisi en fonction de la nature des déchets, on détermine la fréquence et le mode de son nettoyage, et même les produits à y utiliser ! Des bacs de suremballage peuvent être requis, et les équipements pour assujettir les contenants dans le coffre sont précisément détaillés. En pratique, les déchets assimilables à des ordures ménagères, comme les simples emballages ou les déchets alimentaires, par exemple, sont traités et évacués classiquement. Toutefois, pour des raisons environnementales, une attention de plus en plus forte est portée sur le recyclage du verre, du papier et du carton. Pour les déchets d’activités de soins, les process sont plus spécifiques. Certains produits, parce qu’ils présentent un risque infectieux, subissent une première étape de traitement chimique ou physique destinée à les neutraliser (aussi appelée banalisation). On peut ensuite les faire rejoindre un circuit plus classique, qui se termine par une incinération à 850 °C.

Du fait de leur action biologique, les médicaments anticancéreux sont, eux, traités complètement à part. Collectés dans les salles de soins, dans des conteneurs spécifiques et dûment identifiés, ils sont ensuite transportés jusqu’au lieu de leur destruction, par incinération à 1200 °C. À cette température, on évite tout risque de libération de substance toxique dans l’atmosphère. Le matériel qui a été en contact avec ces produits, comme les cathéters ou les gants, emprunte la filière dite des déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés. Entreposé, pour une durée de sept jours au maximum, dans un local aux caractéristiques strictement encadrées par la réglementation (ventilé, régulièrement nettoyé, fermé par une clé ou un code, repéré par un panneau, comprenant un poste de lavage des mains…), il est ensuite pris en charge par un transporteur en vue d’une incinération (voir l’infographie).

De l’énergie pour le chauffage urbain

Deux autres catégories de déchets, enfin, font l’objet d’une attention particulière, et pour cause… Il s’agit de ce qu’on appelle les pièces anatomiques (récupérées à la suite d’une ablation par exemple), qui font obligatoirement l’objet d’une incinération spécifique dans un crématorium, et des substances radioactives ainsi que des dispositifs ayant été en contact avec eux : gants, seringues, etc. Ces derniers sont conditionnés de manière particulièrement stricte, et généralement entreposés dans des locaux spécifiques au sein de l’hôpital jusqu’à ce que leur radioactivité ait suffisamment décru.

Dans tous les cas de figure, ils sont finalement confiés à l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra), qui s’occupe de leur prise en charge. Parce que rien ne se perd, et que (presque) tout se transforme, on va pouvoir utiliser l’énergie produite lors de l’incinération pour le chauffage urbain, ou bien employer les résidus incombustibles de métal et de verre dans la construction des routes. Cela s’appelle la valorisation…

Recyclage d’une aiguille de cathéter : Un itinéraire sous haute surveillance

Infographie Jérôme Meyer-Bisch

Retrouvez cet article dans Rose Magazine (Numéro 23, page. 62)


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Muriel De Vericourt

Journaliste scientifique

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