Quand mon protocole de chimio a commencé, le 26 mai 2023, je partais pour treize séances, quatre d’EC et neuf de Taxol, soit une quinzaine de semaines de traitement. La première cure se passe sans presque aucun effet indésirable, mais la seconde me fracasse. Très vite, je n’ai plus ni cheveux, ni cils, ni sourcils.
Bientôt, je ne supporte plus les odeurs de cuisine, du thé, des produits d’entretien, du parfum ! Je finis par ne plus supporter non plus d’avoir la tête couverte. C’est l’été, il fait trop chaud !
Le 15 septembre, date de la « der des ders », approche. Pour fêter ça, je me lance dans l’organisation d’un week-end en bord de mer, avec les gens que j’aime. Mais j’ai aussi envie de faire un truc juste pour moi, pour me célébrer. Et l’idée me vient de me couronner (rires) !
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Le déguisement pour dédramatiser
Après avoir évité les miroirs pendant des mois, je veux me voir avec un diadème, des paillettes… à une amie, je finis par confier mon idée : « Je vais y aller déguisée en princesse. » Elle me répond : « Ma fille va te prêter ce qu’il te faut ! »
À mon arrivée dans le service, le jour J, j’ai vu beaucoup de sourires complices, mais j’ai aussi noté un malaise dans le regard de certains patients. J’ai agi à l’instinct et je ne le regrette pas. Ç’a été ma manière de dire : voilà, c’est fini !
Ce jour-là, j’ai pris une photo de moi pour ma fille, qui avait 14 ans à ce moment-là. Après avoir perdu sa grand-mère, atteinte d’un cancer du col de l’utérus, elle voyait sa mère touchée par un cancer du sein. C’était essentiel de dédramatiser ce qui m’arrivait et de lui signifier que, si on ne choisit pas l’épreuve qu’on traverse, on peut choisir la façon de la vivre.
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Retrouvez l’intégralité de cet article dans le Rose magazine n°28