"Malgré ma chimio, j’ai postulé pour le concours de Miss ronde"

Malgré sa chimio orale, Lena, 26 ans, n’a pas hésité à s’inscrire à un concours de beauté : elle est ronde, et alors ?

Lena, toujours en traitement, s'est inscrite à un concours de beauté ©comité Miss ronde île de France RoseUp Association Face aux cancers osons la vie

Je fais 1m69 pour 103 kg. Je suis donc une vraie ronde ! Pas de celles qui se disent rondes parce qu’elles font du 42 ! Avant mon traitement contre la leucémie, découverte en mars 2016, j’étais déjà ronde mais je ne pesais  » que  » 83 kg. Entre nous, ma story ne manque pas de sel : aide-soignante dans un service d’hématologie -ça ne s’invente pas !-, je suis passée de l’autre côté de la barrière. Une fois le choc de l’annonce passé, les traitements ont été durs : un séjour en chambre stérile pendant 6 mois, à raison de quatre injections différentes, -heureusement que j’ai découvert Rose !, suivi d’une chimio orale à prendre jusqu’au mois d’octobre. Je vous passe les effets secondaires, j’ai eu la totale ! Heureusement, mes collègues m’ont beaucoup soutenue durant les traitements, ainsi qu’une amie, très proche de moi, tout comme l’équipe, vraiment formidable. Comme j’ai perdu mes parents à 18 ans, c’est en eux que j’ai puisé de la force, et la volonté de me battre.

Grâce aux traitements, je suis en rémission mais je dois continuer avec la chimio orale quelques mois. Un mal pour un bien ! Comme je ne suis pas du genre à me tourner les pouces, quand j’ai entendu parler du concours Miss Ronde, je n’ai pas hésité à me présenter. D’abord pour sensibiliser à la maladie. Mettre davantage en avant les femmes touchées dans leur féminité à cause de leur traitement, comme moi. Car c’est bien ma chimio qui m’a fait prendre 20 kg.

Ensuite, pour donner une autre image de la beauté. Je suis ronde et alors ? Je m’assume. Malgré les traitements, malgré les effets secondaires, il y a la beauté du cœur, la beauté intérieure, la beauté de la femme qui combat, la beauté qui rend unique. Et participer à un concours de beauté, c’est la réalisation d’un rêve de petite fille. Je n’ai pas eu une enfance facile. Placée dans un foyer d’accueil, j’ai eu envie de montrer que quand on y croit, on peut y arriver. Je suis en train d’écrire un livre pour donner de l’espoir aux autres. Cela me donne des ailes, et foi en l’humain : oui, on peut avoir été malade et être comme tout le monde, femme avant tout. Quand j’ai parlé de ma maladie aux organisateurs, ils ont tout de suite compris ma motivation profonde.

Cela a été payant : aujourd’hui, je suis dans la sélection finale, avec la mention du « coup de cœur » du jury ! Verdict le 23 juin.

Céline Dufranc