L’origine des douleurs
Les douleurs nociceptives
C’est la douleur que l’on connaît le mieux. Celle que l’on ressent quand des tissus sont abîmés : quand on s’écorche la peau ou qu’on se casse un os, par exemple.
Dans le contexte du cancer, la douleur nociceptive correspond à la douleur provoquée par la tumeur lorsqu’elle envahit un organe ou encore un os.
Les douleurs neuropathiques
Les douleurs neuropathiques sont liées à une atteinte du système nerveux.
Elles sont provoquées par la lésion ou le mauvais fonctionnement de structures nerveuses :
- périphériques, comme les nerfs, ou
- centrales, comme la moelle épinière ou le cerveau.
Les symptômes des douleurs
Les douleurs nociceptives
Les douleurs nociceptives se manifestent souvent de façon lancinante et permanente, même lorsqu’on est au repos ou la nuit. Elles sont ressenties comme des sensations d’écrasement, de broiement ou de torsion.
Les douleurs neuropathiques
Les douleurs neuropathiques sont plutôt ressenties comme des picotements, des fourmillements, des engourdissements, des démangeaisons, des brûlures ou des décharges électriques.
Elles sont souvent associées à une sensibilité anormale dans la zone concernée. Par exemple, un contact, ou un simple effleurement, causera une sensation désagréable voire douloureuse.
Les traitements des douleurs
Les douleurs nociceptives
Les douleurs nociceptives sont prises en charge par des médicaments antalgiques (antidouleurs)Leur nature dépend de l’intensité de la douleur.
- Les douleurs peu intenses peuvent être traitées par du paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène.
- Si la douleur persiste, augmente rapidement, ou si elle est d’emblée très intense, on utilisera des opioïdes faibles (tramadol, codéine, opium) ou des opioïdes forts (morphiniques).
Les douleurs neuropathiques
Les douleurs neuropathiques répondent en revanche mal aux antalgiques classiques. Leur prise en charge sera donc différente de celle des douleurs nociceptives et se fera indépendamment de leur intensité.
Les douleurs neuropathiques peuvent être traitées par :
- Des médicaments habituellement prescrits comme anti-dépresseurs ou anti-épileptiques.
- Des TENS : ces appareils envoient de légers courants électriques grâce à des patchs (électrodes) collés sur la peau. Ce signal vient « brouiller » le message de la douleur. Les TENS sont efficaces uniquement pour des douleurs localisées.
- Des traitements locaux en patchs ou par toxine botulique.
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Les approches non médicamenteuses ont également une place importante dans la prise en charge des douleurs neuropathiques. On peut citer par exemple la kinésithérapie avec la rééducation sensitive, l’hypnose, la sophrologie, l’activité physique adaptée, la musicothérapie…
Citons enfin la photobiomodulation. Cette thérapie innovante, encore peu connue dans cette indication, utilise la lumière rouge pour soulager. Elle est efficace aussi bien sur les douleurs neuropathiques localisées (par exemple, autour d’une cicatrice) ou plus étendues (comme les neuropathies induites par le chimiothérapie).

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La particularité des douleurs liées au cancer réside dans le fait qu’elles sont multimorphes, c’est-à-dire que les deux types de douleurs peuvent s’associer au long du parcours de soin, soit par alternance, soit au même moment. On parle de douleurs mixtes. Leur prise en charge peut être complexe et demande de faire appel à différents professionnels de santé comme des médecins de la douleur, des kinésithérapeutes, des infirmières spécialisées, des psychologues, des pharmaciens cliniciens…
N’attendez pas pour signaler une douleur à votre équipe médicale. Une prise en charge rapide est la clé pour mieux vous soulager.
Merci au Dr Antoine Lemaire, spécialiste de la douleur et des soins palliatifs, chef du pôle Cancérologie et Spécialités Médicales du Centre Hospitalier de Valenciennes, pour sa collaboration dans l’écriture de cet article.