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Tout savoir sur la thérapie ciblée : c’est quoi, comment ça marche, …

{{ config.mag.article.published }} 17 août 2023

{{ config.mag.article.modified }} 15 avril 2025

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Une thérapie ciblée est un médicament "sélectif" qui s’attaque aux cellules cancéreuses en repérant chez elles une cible précise et en épargnant au maximum les cellules saines. On vous dit tout sur ce traitement qui a révolutionné la prise en charge du cancer.

C’est quoi le principe d’une thérapie ciblée ?

Le principe des thérapies ciblées est de bloquer spécifiquement un mécanisme impliqué dans la survie ou la prolifération de la cellule cancéreuse.

Comment ça marche la thérapie ciblée ?

Il existe deux principaux modes d’action :

La thérapie ciblée agit sur l’environnement de la cellule cancéreuse

Elle affame la tumeur en bloquant tout ce qui l’aide à se « nourrir ».

C’est le cas par exemple du bevacizumab (Avastin®) qui empêche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans la tumeur en bloquant le facteur de croissance VEGF1.

La thérapie ciblée agit directement sur la cellule cancéreuse

Elle empêche la tumeur de se multiplier de façon anarchique et de survivre dans des conditions peu favorables en bloquant les mutations responsables de ce comportement anormal. Il peut s’agir de mutations touchant des récepteurs à la surface de la cellule ou de protéines à l’intérieur de celle-ci (voir l’encart « Pourquoi une cellule se divise »).

C’est le cas par exemple des :
– anti-CDK4/6 : palbociclib (Ibrance®), ribociclib (Kisqaliv®)…
– anti-EGFR : osimertinib (Tagrisso®), erlotinib (Tarceva®)…
– anti-BRAF : vémurafénib (Zelboraf®), dabrafenib (Tafinlar®)…
– anti-HER2 : trastuzumab (Herceptin®), pertuzumab (Perjeta®)…
– anti-ALK : crizotinib (Xalkoriv), orlatinib (Lorbrena®)…
– anti-KRAS : sotorasib (Lumakras®), adagrasib (Krazati®)

La liste est longue et de nouvelles mutations actionnables – c’est-à-dire que l’on peut bloquer avec une thérapie ciblée – sont découvertes régulièrement.

POURQUOI UNE CELLULE SE DIVISE ?

Une cellule se divise quand elle reçoit un message, provenant de son environnement, l’informant que c’est le moment de le faire.

Ce message, qui peut être par exemple une hormone de croissance, est capté par des récepteurs à la surface de la cellule. Il est ensuite transmis, par l’intermédiaire d’une multitude de molécules qui vont se passer le relai, en cascade, jusqu’au coeur de la cellule : le noyau, qui contient l’ADN. La cellule va alors exprimer des gènes codant pour des protéines nécessaires à sa multiplication.

C’est quoi concrètement, comme médicament, une thérapie ciblée ?

Les thérapies ciblées sont des médicaments capables de se fixer spécifiquement à des cibles. Il en existe 2 formes :

– Il y a les anticorps dits monoclonaux, fabriqués en laboratoire à partir de cellules semblables appelées clones. Comme les anticorps sont de grosses molécules, ils ne peuvent bloquer des cibles présentes à l’extérieur de la tumeur : à sa surface ou dans son environnement.

– et les petites molécules dites inhibitrices. Grâce à leur taille réduite, elles peuvent rentrer dans les cellules et bloquer des molécules impliquées dans la transmission du signal de survie ou de prolifération (voir encart « Pourquoi une cellule se divise »).

LES PETITS NOMS DES MOLÉCULES

Vous avez remarqué combien les noms de médicaments sont compliqués : bevacizumab, olaparib, … ? On pourrait penser qu’ils sortent tout droit de l’imagination débordante des chercheurs. Ils répondent pourtant à des normes. Ainsi :

– le suffixe « mab » que l’on retrouve dans « bevacizumab » signifie « monoclonal antibody » et désigne donc des anticorps.
– le suffixe « ib » que l’on retrouve dans olaparib désigne quant à lui des petites molécules. Quand il est précédé de
-> « tin » (erlotinib), cela signifie que le traitement bloque les enzymes de la famille des tyrosine kinases ;
-> « par » (olaparib), pour ceux qui ciblent les enzymes de la famille des PARP ;
-> »ciclib » (palbociclib) pour les enzymes de la famille des kinases cycline-dépendantes ;
-> »zomib » (bortezomib) pour les enzymes de la famille des kinases cycline-dépendantes…

Sont-elles moins toxiques que les chimiothérapies classiques ?

Les thérapies ciblées sont plus spécifiques que la chimiothérapie. Elles vont donc davantage épargner les cellules saines. Elles ne sont pas pour autant dénuées d’effets indésirables.

Les effets secondaires liés aux thérapies ciblées sont différents de ceux provoqués par la chimiothérapie. Ainsi on observera peu de cas de nausées ou d’alopécie. Ces thérapies ciblées peuvent en revanche provoquer des éruptions cutanées, l’hypertension, les hématomes… En fonction des toxicités observées, le traitement sera adapté afin de préserver votre qualité de vie.

Tout les patients peuvent-ils bénéficier d’une thérapie ciblée ?

Pour qu’une thérapie ciblée soit efficace, il faut que sa cible soit présente chez le patient.

Pour le vérifier, on peut analyser le profil génétique d’une tumeur à la recherche d’une mutation pour laquelle on dispose d’une thérapie ciblée. Actuellement, il existe 28 plateformes hospitalières en France, réparties sur tout le territoire français, capables de réaliser ces tests.

Demain, existera-t-il une thérapie ciblée pour chaque tumeur ?

Grâce aux avancées de la recherche et à une meilleure compréhension des mécanismes responsables du développement d’une tumeur, de nouvelles thérapies ciblées voient le jour chaque année. À terme, on peut espérer que chaque patient bénéficiera d’un traitement « sur mesure », décidé en fonction de la carte d’identité génétique de sa tumeur, dont l’efficacité sera optimale et les effets secondaires minimisés.

cellules immunotherapieÀ LIRE AUSSI : La thérapie ciblée n’est pas le seul traitement qui implique des anticorps. Pour en savoir plus, lisez notre article « Les anticorps, dans le traitement du cancer, ça sert à quoi ? »

Emilie Groyer

1. Vascular endothelial growth factor ou facteur de croissance de l’endothélium vasculaire, en Français.
2. Cyclin dependent kinase ou kinases cycline-dépendantes, en Français.


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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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