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Lubrifiants : nos conseils pour bien les utiliser

{{ config.mag.article.published }} 7 juillet 2023

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Tout indiqués en cas de sécheresse vaginale, ces produits alliés de la vie intime et sexuelle ne se cachent plus ! Et le choix est désormais large. Comment s’en servir pour une efficacité optimale ? On vous guide.

Tabous, les lubrifiants ? Pas pour Anne Kerveillant, fondatrice de la marque My Lubie. Il y a deux ans, la jeune femme a décidé de dépoussiérer le marché en lançant un produit vegan, made in France, à la formule à 99,9 % naturelle. Son joli packaging en fait un produit cosmétique hautement désirable que l’on peut acheter sans se cacher ! Depuis, sa démarche a été reprise par la concurrence. Cette banalisation réjouit le Dr Odile Bagot : « Ce serait quand même trop bête d’avoir mal, là où, justement, le but est de se faire du bien ! » commente cette gynécologue obstétricienne1.

La lubrification naturelle du vagin est loin d’être toujours optimale, en particulier après la ménopause, lorsque la muqueuse vaginale s’affine et qu’elle sécrète moins de cyprine (sécrétion vaginale liée au désir) en raison d’un manque d’oestrogènes, garants de l’élasticité et de l’hydratation de la paroi vaginale. Mais c’est aussi un effet secondaire fréquent des traitements du cancer. Chimiothérapie, hormonothérapie, ablation ou radiothérapie des ovaires ou encore irradiation du pelvis induisent une ménopause qui peut être temporaire ou définitive.

Autre cause : l’arrêt du traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM), contre-indiqué notamment dans les cas de cancer hormonodépendant. Carencée en oestrogènes, la muqueuse vaginale s’atrophie, s’amincit, s’assèche. Conséquences ? Brûlures, irritations, douleurs lors des rapports sexuels – voire saignements –, modification de la flore bactérienne et infections urinaires peuvent transformer la vie amoureuse des femmes en… enfer. « C’est l’effet domino, explique le Dr Bagot, qui est aussi psychosomaticienne. Un cercle vicieux s’installe à partir du moment où la lubrification est insuffisante. C’est sec, donc ça fait mal, et voilà le premier grain de sable qui enraye le processus d’excitation. La lubrification, qui est proportionnelle à l’excitation, étant moins bonne, le plaisir sera moins souvent au rendez-vous. Le nombre de rapports va diminuer, ce qui fragilisera encore plus la muqueuse vaginale, qui sera plus sèche, et ainsi de suite… »

« Ils servent de starters à la lubrification naturelle », Dr O. Bagot

On revoit ses habitudes

Alors, on fait quoi ? Si on est fumeuse – et si ce n’est pas déjà fait –, on arrête le tabac, qui aggrave les symptômes, et on consulte ! Il est important de s’assurer d’abord que les symptômes ressentis ne sont pas liés à une mycose, à une infection ou à une dermatose. Ensuite ? On revoit ses habitudes. Au niveau de son hygiène quotidienne, pour commencer. Le Dr Christelle Besnard-Charvet, gynécologue et homéopathe2, rappelle qu’il faut éviter les douches vaginales ainsi que les toilettes intimes trop fréquentes, qui risquent d’accentuer les symptômes. Et, côté sexualité, on convoque son imagination érotique et on prolonge les préliminaires ! Sous l’effet du désir et de l’excitation, les sécrétions s’accroissent, ce qui facilite les rapports, notamment la pénétration. Et plus on prend de plaisir, plus on stimule les sécrétions vaginales. C’est un cercle vertueux !

On pratique l’échange

Que l’on ait ou non des rapports sexuels, le geste préventif de base, c’est l’hydratation. Hydrater son vagin doit être aussi automatique qu’appliquer le matin une crème de jour pour le visage. Donc, après la toilette, on pense « à appliquer de l’huile d’amande douce ou de coco en massage interne et externe », recommande le Dr Besnard-Charvet. Au passage, on vérifie que l’orifice vaginal est suffisamment ouvert. « Vous devez pouvoir introduire facilement deux doigts pour que des rapports soient envisageables3. »

Ensuite et surtout, on en parle ! À son gynécologue d’abord. Aujourd’hui, il existe de nombreuses solutions pour améliorer le confort intime, dont le fameux traitement au laser Mona Lisa Touch4. « Il ne faut pas avoir peur d’évoquer son plaisir vaginal et sa santé sexuelle lors de la consultation », insiste le Dr Philippe Toussaint, onco-sexologue au centre Léon-Bérard, à Lyon, qui déplore que les soignants ne soient pas suffisamment dans l’échange avec leurs patientes sur la question. « Il faut également aborder le sujet avec son partenaire, ajoute le Dr Bagot. Expliquez-lui que vous êtes passée de l’essence au diesel et que vous avez besoin d’un temps de chauffe plus long. Et pour faciliter ce “préchauffage”, utilisez sans hésitation un lubrifiant : les caresses seront plus agréables, l’excitation meilleure, ce qui permettra à la lubrification vaginale de s’activer et d’atteindre plus facilement le vestibule [partie située entre l’intérieur des petites lèvres et l’entrée du vagin, ndlr]. La pénétration se fera ainsi sans douleur. »

On reste vigilante

Comme son nom l’indique, un lubrifiant doit… lubrifier ! C’est-à-dire apporter une substance glissante dans le vagin, mais aussi sur les lèvres et/ou sur le pénis, pour pallier l’insuffisance de lubrifiant naturel. Reste à choisir les bons produits en fonction de sa situation. On rappelle que, en cas de cancer hormonodépendant, les solutions à base d’oestrogènes sont contre-indiquées. S’agissant de son intimité, on reste prudente sur les ingrédients qui composent les lubrifiants proposés sur le marché. D’une manière générale, il est préférable d’éviter les produits, souvent vendus en grande surface et sur internet, comprenant des arômes synthétiques, du glycérol (sucre), ou des composants censés décupler le plaisir. Vérifier aussi qu’ils ne contiennent pas de perturbateurs endocriniens, comme les parabènes. Ces précautions prises, on préconise en première intention les traitements locaux, avec application quotidienne d’un hydratant vaginal, associé – si besoin – à un lubrifiant d’appoint pour les rapports.

On choisit le meilleur pour soi

Crèmes émollientes : pour réparer

Disponibles en pharmacie sans ordonnance, elles doivent adoucir, hydrater et réparer les muqueuses.

Mode d’emploi : À appliquer tous les jours à l’extérieur du vagin, comme une crème de beauté.

Lubrifiants naturels à base d’huile : pour hydrater

Ils peuvent s’utiliser à la fois comme hydratants naturels au quotidien, en traitement de fond, et comme lubrifiants d’appoint juste avant un rapport sexuel. Mais attention : ils ne sont pas compatibles avec les préservatifs, qu’ils rendent poreux. On privilégie l’huile vierge de coco, pour ses vertus antimicrobiennes et cicatrisantes, et qui laisse un voile protecteur sur la peau. On peut aussi opter pour l’huile végétale d’amande douce (bio), souveraine pour apaiser les démangeaisons et les irritations. Si on préfère le beurre de karité, mieux vaut le choisir brut et sans parfum.

Mode d’emploi : À appliquer à l’extérieur comme à l’intérieur du vagin. Renouveler l’opération autant de fois que nécessaire.

Recette maison1 et 100 % naturelle

Commencez par désinfecter le plan de travail et tous les ustensiles qui serviront à la préparation, avec de l’alcool à 70°. Dans un bol, versez successivement :
– 4 cuil. à soupe de gel d’aloe vera label Slow (de Bioflore ou de Saint-Hilaire, par exemple) ;
– 5 cuil. à soupe d’eau minérale en bouteille ;
– 1 g (environ) de gomme xanthane ;
– 1 cuil. à soupe de glycérine végétale ;
– 6 gouttes de conservateur bio.
Fouettez jusqu’à obtenir un gel liquide. À l’aide d’un entonnoir, transvasez le mélange dans un flacon souple d’environ 100 ml (lui aussi désinfecté). Conservez jusqu’à trois mois à l’abri de l’air, de la lumière et de la chaleur.

1. Merci à Julien Kaibeck, fondateur de l’Association Slow Cosmétique.

 

Lubrifiants à base d’acide hyaluronique: pour repulper

En plus d’hydrater et de repulper la muqueuse sur le long terme, et pas seulement durant le rapport, l’acide hyaluronique a l’avantage d’être cicatrisant et de soulager les sensations de brûlure, de picotement, et les irritations vulvaires. Il peut être injecté par un médecin, au niveau de la vulve et de l’entrée du vagin. Cela va en modifier les cellules, optimiser la production de collagène et donc améliorer la lubrification. Il faut compter environ 300 € pour une séance, non prise en charge par la Sécurité sociale. Pas remboursés non plus, mais beaucoup plus abordables et efficaces : les formules en gel, crème ou ovules vendus en pharmacie et en parapharmacie, tels Monasens (8,45 €), Mucogyne (8,75 €) ou Cicatridine intime (12 €).

Mode d’emploi : À appliquer deux fois par semaine. Celles qui ont un peu de mal avec l’applicateur (pas vraiment pratique) peuvent utiliser leurs doigts, ou opter pour des ovules. Seul bémol, le produit a tendance à couler ! Une application dans les deux heures qui précèdent un rapport est aussi recommandée.

Lubrifiant naturels à base d’eau : pour le plaisir

Plutôt qu’un lubrifiant à base de silicone (ingrédient controversé et dénué de pouvoir hydratant), on choisit des formules naturelles à base d’eau. Ce type de produit ne traite pas la sécheresse vaginale, son intérêt – outre le plaisir – est d’atténuer les frottements et de diminuer l’inconfort.

Mode d’emploi : Faciles à manipuler, ils ont l’avantage de ne pas coller et de ne pas tacher. Et sont compatibles avec les préservatifs et les sextoys.

Lubrifiants d’appoint : pour le fun

À appliquer avant les rapports, et pour faire durer les préliminaires. Son pH doit être compris entre 4,5 et 5,5 afin de maintenir une acidité propice à l’équilibre du microbiote vaginal et de limiter la prolifération d’éventuels germes. Le mieux est d’en tester plusieurs avant de faire son choix.

Mode d’emploi : Avant un rapport, son utilisation est l’occasion d’un jeu érotique. « À appliquer ad libitum (à volonté !) sur soi et sur son partenaire (verge décalottée) ou sa partenaire… » conseille le Dr Toussaint. Et pour rendre l’usage du lubrifiant encore plus agréable, on le frictionne d’abord entre les doigts pour en éviter l’effet froid.

 

1. Dr Odile Bagot, Vagin & Cie, on vous dit tout !, Mango éditions, 2019, et Mon guide de survie gynéco, Marabout, 2022.
2. Christelle Besnard-Charvet et Frédérique Odasso, Plus forts contre le cancer, Robert Laffont, 2020.
3. En cas de difficulté, sachez qu’il existe des dilatateurs vaginaux ; demandez conseil à votre gynécologue ou à un onco-sexologue.
4. Lire notre article « Atrophie vaginale : j’ai testé le Mona Lisa Touch », sur notre site à : rose-up.fr

Retrouvez cet article dans Rose Magazine (Numéro 24, p.114)


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Céline Dufranc

Journaliste

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