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Mastectomie préventive : pourquoi elles ont fait ce choix

Témoignages de quatre lectrices. Toutes porteuses du BRCA 1 ou 2, elles ont opté pour l’ablation des seins. Une décision difficile qu’elles revendiquent.

Témoignage de Karine, 41 ans, Toulon, sur le refus de recourir à une mastectomie bilatérale préventive

C’est génial qu’une femme aussi glamour qu’Angelina Jolie parle de son histoire. Ça peut permettre de sensibiliser l’opinion, mais surtout les femmes concernées. J’ai appris que j’étais porteuse du BRCA1 en 2007 alors que j’étais en traitement pour un cancer du sein.

« S’il fallait le refaire, je le referais »

J’ai pris sur moi d’informer les femmes de ma famille sur la présence et les conséquences d’une mutation de ce gène. Du coup, ma sœur et ma mère ont fait le dépistage. Résultat positif. Pourtant elles refusent la mastectomie bilatérale préventive. J’ai du mal à accepter leur choix même si je sais que c’est une décision compliquée à prendre. En ce qui me concerne, s’il fallait le refaire, je le referais.

Témoignage de Sabine, 40 ans, Draguignan, sur son choix de subir une mastectomie totale

Je sais que je suis porteuse du gène défectueux BRCA2 depuis 2010. Ma sœur l’a également. Le gène vient du côté de notre père. Notre mère, elle, n’est pas concernée. Je ressens son impuissance : elle aurait tellement voulu nous éviter ça. J’ai eu un cancer du sein en 2007. Le BRCA2 augmentait, dans mon cas, le risque d’une récidive de 60%.

« J’avais 60% de risques de récidiver »

Étant déjà passée par la maladie, je n’ai pas tergiversé. Après la mastectomie totale, l’étape suivante c’est l’ablation des ovaires, prévue en 2014. Avant d’en passer par là, mon mari et moi avons essayé d’avoir un deuxième enfant. Malheureusement ça n’a pas marché. On s’est donc lancé dans une procédure d’adoption.

Témoignage de Marie, 50 ans, Bordeaux, sur sa décision de recourir à une mastectomie

Alors que je me remettais à peine de l’ablation de mon sein gauche, l’onco-généticien m’a appris que j’étais porteuse du BRCA2. J’avais 90% de risques d’avoir un cancer à l’autre sein, et un sur-risque d’avoir un cancer des ovaires. Je ne me voyais pas vivre avec cette épée de Damoclès. J’ai tout fait retirer en octobre 2012 : sein droit, ovaires, utérus…

« Je finirai centenaire »

J’ai eu la sensation qu’on m’avait enlevée le droit d’être une femme, qu’on avait « assassiné » des parties de mon corps. Mais j’ai fait le choix de vivre. Moi qui n’avais aucun projet avant de traverser cette épreuve, j’ai prévu de déménager. J’ai également de nouvelles envies professionnelles… Je me dis que puisque le cancer ne m’a pas eue, je finirai centenaire !

Audrey, 37 ans, Versailles sur sa décision héroïque d’une ablation des seins

Quand on m’a détecté le gène BRCA2 on m’a aussi annoncé que j’avais plus de 80% de risques d’avoir un cancer du sein, je ne me suis pas posé de question. Le 15 avril dernier, le chirurgien m’a tout enlevé, et la reconstruction a été faite par la technique du Diep* dans la foulée.

« Nous, c’est une chose, mais nos enfants ? »

J’ai refusé d’avoir des prothèses. Je ne voulais pas d’un corps étranger, surtout avec tout ce que l’on a entendu sur les PIP… C’est une opération lourde mais je ne la regrette pas. Ma seule peur c’est que mes deux enfants (10 ans et 6 ans) aient le gène. Nous, c’est une chose, mais eux ?

Propos recueillis par Audrey Lebel

*D.I.E.P : il s’agit de prélever de la peau et du muscle de la zone abdominale pour les greffer au niveau du sein

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