RETRANSCRIPTION
Margaux Terrou : Comment concrètement parler de sexualité avec son ou sa partenaire ? Avant de vous donner les clés de comment on parle, je vais vous donner quelques prérequis qui me semblent plus que nécessaires.
Déjà, le timing. Jamais, au grand jamais, parler de sexualité après un rapport sexuel. Parce que quand ça se passe bien, c’est super, mais quand il y a des choses à dire… c’est pas évident d’entendre des réflexions lorsqu’on est à moitié nu quand même.
Le deuxième temps, c’est en fait de prendre un moment qui soit dédié, idéalement pas dans un lieu public, pour qu’en fait vous ne soyez pas gêné par l’éventuel regard des autres ou des oreilles indiscrètes pour entendre ce dont vous discutez.
Donc on fait ça à la maison, au calme, loin, à distance des rapports sexuels. Et quand on est dans l’état d’esprit aussi.
N’hésitez pas à demander à votre partenaire si il ou elle est disponible pour parler de sexualité. Ce n’est pas une conversation à faire le soir en rentrant du travail ou avant de se coucher.
Lancer la discussion
Ça c’est les conditions, mais comment on amène le sujet ? Il y a plusieurs techniques.
La première, c’est de se dire un peu de but en blanc, de se dire : “Tiens, ça fait longtemps qu’on a pas parlé de sexualité, que dirais tu d’en parler ? Quand serais tu disponible pour le faire ? Ne t’inquiète pas, rien de grave, c’est juste que je me dis que ça pourrait être sympa qu’on se fasse un petit point.”
La deuxième approche, c’est d’utiliser un prétexte, une lecture que vous avez fait, un podcast que vous avez entendu, un post sur les réseaux que vous avez vu passer en disant par exemple : “Tiens, j’ai vu que Rose Up parlait de sexualité et je me suis dit que ça pourrait être intéressant qu’on en parle nous aussi.”
L’idée d’avoir un support, c’est que ça vous donne un début de base à la conversation.

À LIRE AUSSI : Sexualité et cancer : sortir (ou pas) de l’abstinence
Poser les bonnes questions
Maintenant, qu’est-ce qu’on dit ? L’idée, c’est de ne pas poser des questions qui peuvent se répondre par oui ou par non. Pourquoi ? Parce qu’en fait ça ferme le débat.
Et donc, dans la liste des questions que vous pouvez vous poser, il y en a plein. Par exemple :
- Comment te sens-tu dans notre sexualité ?
- Est-ce qu’il y a des choses que tu aimerais faire ?
- Est-ce qu’il y a des choses que tu aimerais changer ?
- Si on devait garder une pratique maintenant, ce serait laquelle ?
- Est-ce qu’il y a une pratique que tu n’as jamais osé me dire que tu voudrais essayer et que tu aimerais tester ?
- Est-ce qu’il y a des choses que je fais qui pourraient être améliorées ?
Vous voyez que dans le sens et dans le ton des questions, on ouvre vers quelque chose de positif. Quand bien même, voilà, on pourrait peut aussi se dire « Qu’est ce que je pourrais changer ?«
Mais entre dire « qu’est ce qui est nul ? Qu’est ce qui ne va pas » et dire « qu’est ce que je pourrais changer ?« , déjà la dynamique au niveau de la question est très différente.
Ritualiser le point sexo
Une fois qu’on s’est posé toutes ces questions, il ne faut pas en rester là. Pourquoi ? Parce que ça, c’est le risque de retomber dans nos mauvais travers.
L’idée, c’est de ritualiser ces moments, de choisir avec votre partenaire la prochaine date, le prochain moment où vous parlerez de sexualité.
Ce peut être dans trois ou six mois. Un an, ça fait quand même beaucoup.
Mais en tout cas, voilà, n’hésitez pas à ritualiser ces moments pour faire en sorte que la sexualité continue à vivre dans votre tête et dans votre corps.
INFO +
Retrouvez tous les épisodes de notre série La minute sexo