Face aux cancers, osons la vie !

Quand les résultats de l'auto-complétion sont disponibles, utilisez les flèches haut et bas pour évaluer entrer pour aller à la page désirée. Utilisateurs et utilisatrices d‘appareils tactiles, explorez en touchant ou par des gestes de balayage.

{{ config.search.suggestions }} soin de support soin de socio-esthétique ongles fragilisés par le cancer perte de sourcils liée au cancer Rdv de socio-esthétique perte de cils liée au cancer maquillage des cils sport adapté au cancer détente et bien-être angoisse et stress liés au cancer

J’ai donné un surnom à ma tumeur : mon cancer s’appelle…

{{ config.mag.article.published }} 21 avril 2015

{{ bookmarked ? config.sharing.bookmark.remove : config.sharing.bookmark.add }}
Lili dompte son cancer qu’elle a surnommé « Günther ». Photo : Corinne Mariaud

TÉMOIGNAGES. Nommer sa tumeur, n’est-ce pas la rendre plus réelle? Si, justement: c’est même pour ça que nos lectrices l’ont fait! Pour bien visualiser l’ennemi, donc mieux le combattre.

{{ config.mag.article.warning }}

… Günther

En tant que dessinatrice, j’appréhende tout ce qui m’arrive via l’image, le visuel. Mais, face au cancer, j’étais dans le flou. Je ne voyais pas comment dompter ce truc sans corps… J’ai donc eu besoin de lui en donner un. M’est alors apparu un petit bonhomme dodu, vert, petit, ridicule. Exactement tel qu’il est dans ma BD, La Guerre des tétons*. M’en moquer ainsi m’a permis de dédramatiser la maladie. Je l’ai appelé Gunther et j’en ai fait un dompteur de cirque qui parle allemand, parce que c’est dans cette langue qu’on mate les bêtes féroces…

Lili
*La Guerre des tétons, éd Michel Lafon. Un second tome est prévu pour octobre 2015.


… Le coucou

Christine a appelé son cancer « Coucou ». ©Corinne Mariaud

Quand on m’a dit que j’avais une tumeur dans les intestins depuis cinq ans, ça m’a épouvantée. Comment ce parasite avait-il pu se nourrir de moi pendant tout ce temps, à mon insu? Pour ne pas sombrer dans le désespoir, j’ai eu besoin de le nommer et de le visualiser. J’ai pensé naturellement à un coucou. Un mot plutôt mignon qui a deux avantages: il évacue le côté morbide associé au cancer et il fait moins peur aux gens. L’opération a permis de le chasser, la chimio de tuer ses œufs. Je sais qu’il peut revenir, mais je l’attends au coin du bois !

Christine


… Nick

Corinne se bat contre un cancer surnommé « Nick ». ©Corinne Mariaud

Une fois mocancer du sein diagnostiqué, il a fallu faire vite. Vite m’opérer, vite la chimio… Je ne savais plus où j’en étais et j’avais peur. Pour arrêter de tout subir, j’ai listé et hiérarchisé mes angoisses et mes objectifs dans un fichier que j’ai baptisé… « Nique le cancer ». De là, j’ai vite fini par appeler mon cancer « Nick ». En lui donnant une identité, je le concrétisais. Il entrait dans la réalité, ma réalité. Ça m’a énormément soulagée de penser que, si j’allais en prendre plein la figure durant les traitements, Nick morflerait aussi !

Corinne


 … Mon fantôme

Lydie vaporise son « fantôme ». ©Corinne Mariaud

Pour moi, « cancer« , c’était l’autre mot pour dire « mort ». Et ça, je le refusais. Très vite, j’ai donc choisi d’en parler comme de « mon fantôme« , parce qu’un fantôme n’est rien. C’est juste du vide sous un drap blanc. Cela m’a aidée à rentrer dans la bataille et à tout supporter sur le chemin. Mes proches ont respecté mon choix et, dans nos conversations, il n’a plus jamais été question que de « mon fantôme ». Dès la fin des traitements, pof! il a disparu. Depuis, plus rien ne vient hanter mes nuits. »

Lydie


… Le dragon

Léna prête à vaincre son « Dragon ». ©Corinne Mariaud

C’est un cancer du sein très agressif, m’a dit le médecin… Je me suis alors sentie toute petite face à une menace énorme. Immédiatement, j’ai eu la vision d’un monstre qui consume tout: un dragon. Comment le terrasser? Comme saint Michel dans le célèbre tableau de Raphaël. Pour moi, c’est le symbole de l’Homme qui gagne sur les puissances des Ténèbres, et donc sur la mort. Cette image m’a accompagnée tout au long de mon parcours. Aujourd’hui, je ne suis pas sûre de l’avoir tué, mon dragon, mais il s’est enfui. Et j’espère qu’il ne reviendra pas…

Léna


… Christian

Stéfanie ready pour dégommer « Christian ». ©Corinne Mariaud

Au début, quand je disais « cancer« , j’avais l’impression que c’était quelqu’un d’autre que moi qui parlait. Pour affronter le truc, j’ai donc eu besoin de le personnifier. Et je l’ai appelé Christian, du nom de mon premier patron, qui m’avait pourri la vie il y a vingt ans. À cette époque, je jouais beaucoup au jeu vidéo Street Fighter. Durant les traitements, je me suis donc imaginée en « fighteuse » de compétition, mettant mon cancer « game over » en envoyant bouler son avatar, l’infâme Christian. Un kif, même après toutes ces années !

Stéfanie


 … L’agent Smith

Virginie affronte l' »agent Smith ». ©Corinne Mariaud

J’ai un cancer des ovaires. Depuis deux ans, je me bats contre des métastases qui apparaissent, disparaissent, réapparaissent… me laissant l’impression que la maladie évolue dans une dimension parallèle à ma propre vie. En y pensant, un jour, je me suis rappelée cette scène de Matrix où le héros, Neo, essaie de tuer un ennemi quasi insaisissable car il ne cesse de se répliquer: le fameux agent Smith. Depuis, j’ai donné son nom à mon cancer. Dans le film, Neo finit par le tuer. Je ne perds pas l’espoir d’y réussir aussi… même si je connais mes chances de survie.

Virginie

Réalisation Sandrine Mouchet
Photos Corinne Mariaud
Maquilleuse Takako Noborio chez Sybille Kleber Agency
Stylisme Anne-Sophie Gledhill


{{ config.mag.team }}

Sandrine Mouchet

Journaliste, rédactrice en chef de Rose magazine et directrice de Rose Magazine Éditions

Tristesse et dépressionEnquête

Le rire comme arme

Peut-on rire du cancer quand on est touché par la maladie? Assurément, l’humour fait un bien fou là où ça fait mal, nous ont répondu nos lectrices. D’ailleurs, les neurosciences le confirment.

13 janvier 2025

Vie sentimentale et sexualité {{ config.replay.label }}

Replay Café sexo – La place du rire dans la sexualité

On a coutume de dire qu'il faut savoir rire de tout. Mais lorsqu'il s'agit de sexualité, nous avons tendance à vite devenir raisonnables, réfléchies, et à prendre le sujet très au sérieux. Trop ? Justine Henrion, notre sexothérapeute, vous explique comment l'humour peut justement contribuer à une bonne entente sexuelle.

8 décembre 2021

Témoignage

Marine, l’album des seins animés

Marine, raconte sa vie de jeune maman solo atteinte de cancer du sein, dans un album de bande dessinée à la fois sensible, drôle et juste. Une lecture pêchue qui devrait être remboursée par la sécu !

ParentalitéTémoignage

Le bêtisier du cancer. Épisode 2 : les p’tits

Il paraît que la vérité sort de la bouche des enfants. Quand il s'agit du cancer, cela peut donner de petites pépites. Morceaux choisis.