« Dans l’intimité, la chimie est restée la même »

Gérard, 65 ans, consultant dans l’événementiel, marié depuis vingt-deux ans, est fier de se balader main dans la main avec sa femme, atteinte d'un cancer du sein.

Gérard, 65 ans, consultant dans l’événementiel, marié depuis vingt-deux ans, toujours amoureux de sa femme malgré les traitements

Ce qui me séduit chez ma femme ? C’est qu’elle est tout ce que je ne suis pas. D’abord, elle est ravissante, avec son petit air à la Jean Seberg. Et puis elle est optimiste, enthousiaste, délicieusement déraisonnable. Et fashion victim ! Sa chimiothérapie m’a coûté cher en foulards, robes et chaussures (rires). À ce moment là, pour elle, c’était encore plus important que d’habitude de rester élégante, attirante. Elle n’a jamais perdu sa confiance en elle. Et moi, j’étais fier de me promener dans la rue main dans la main avec une femme-femme. Dans l’intimité, la chimie est restée la même.

Mais j’ai dû reconsi­dérer mon tropisme pour ses seins. L’ablation ne m’a pas traumatisé. C’est le sein qui restait qui m’a posé problème. Je n’osais pas le toucher de peur de raviver, chez Catherine, le manque de l’autre. Depuis sa reconstruction, j’avoue que j’ai du mal avec sa nouvelle poitrine. Parce qu’elle est différente, pas naturelle. Évidemment, je sens qu’elle souffre de mon blocage imbécile. C’est à moi de le dépasser, et j’y travaille…