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Nouveaux traitements contre le cancer du poumon : retour sur le congrès de l’ASCO 2024

{{ config.mag.article.published }} 5 juin 2024

{{ config.mag.article.modified }} 3 décembre 2024

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Cette année encore des annonces importantes ont été faites lors du congrès international de cancérologie de l'ASCO. On revient sur celles qui concernent les traitements des cancers du poumon.

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Nouveau standard de traitement pour le cancer du poumon à petites cellules

CE QU’IL FAUT RETENIR

ASCO2024 - durvalumab dans le cancer du poumon à petites cellules --roseupassociation-rosemagazine

Récemment médiatisé par Florent Pagny, le cancer du poumon à petites cellules (CPAPC) touche environ 500 personnes chaque année en France. Particulièrement agressif, il n’avait pas connu d’avancée thérapeutique depuis 30 ans : « Le traitement standard actuel consiste à donner de la radiothérapie et de la chimiothérapie de façon concomitante », rappelle le Pr Nicolas Girard, pneumologue et chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie.

L’étude ADRIATIC change enfin la donne. Dans cette étude, une immunothérapie anti-PL1, le durvalumab (Imfinzi©), a été administrée à des patients avec un CPAPC localement avancé, pendant 2 ans après le traitement standard par radio-chimiothérapie. En comparaison avec les patients n’ayant reçu que le traitement standard, les patients traités avec le nouveau médicament avaient une espérance de vie prolongée de près de 2 ans 1, et ce, que leur tumeur exprime ou non le marqueur PDL1.

« C’est la première fois qu’une immunothérapie améliore la survie des patients avec un cancer du poumon à petites cellules » s’enthousiasme le Pr Girard. Avec de tels résultats, cette immunothérapie devient le nouveau standard de traitement, en complément de la radio-chimiothérapie.

BON À SAVOIR : Les patients français peuvent bénéficier du durvalumab dans cette indication depuis le 20 octobre 2024 grâce au dispositif d‘accès précoce.

Nouveau standard de traitement pour le cancer du poumon non à petites cellules EGFR muté

CE QU’IL FAUT RETENIR

ASCO2024 - osimertinib dans le cancer du poumon non à petites cellules --roseupassociation-rosemagazine

Cette fois c’est au type de cancer du poumon le plus répandu, le cancer du poumon non à petites cellules (CPNAPC), que l’étude LAURA s’est intéressée. Plus particulièrement au sous-type présentant une mutation de l’EGFR.

Dans cet essai, l’efficacité d’une thérapie ciblée, l’osimertinib (Tagrisso©), a été testée en prise continue après le traitement standard par radio-chimiothérapie chez des patients atteints d’un CPNAPC localement avancé et muté dans EGFR. Résultat : une réduction de 80% du risque de rechute.

« Là encore, cela va devenir un nouveau standard de traitement » confirme le Pr Girard. Et concernant son accès ? « Pour l’osimertinib, c’est un peu différent. C’est un médicament sous forme de comprimé délivré en pharmacie d’officine. Étant donné l’importance de son bénéfice, il sera tentant de le prescrire sans attendre l’autorisation de mise sur le marché pour cette indication. Rappelons que dans ce cancer, les rechutes sont souvent cérébrales. Mieux vaut les prévenir que les traiter. » justifie le pneumologue.

BON À SAVOIR : Les patients français peuvent bénéficier de l’osimertinib dans cette indication depuis le 17 octobre 2024 grâce au dispositif d‘accès précoce.

Bientôt un nouveau traitement pour les cancers du poumon non à petites cellules EGFR muté métastatiques

CE QU’IL FAUT RETENIR

ASCO2024 - ivonescimab dans le cancer du poumon non à petites cellules --roseupassociation-rosemagazine

Toujours dans le CPNAPC muté EGFR, mais cette fois en condition métastatique, l’essai clinique HARMONi-A a étudié l’efficacité de l’ivonescimab chez des patients déjà traités. « Il s’agit d’un anticorps avec une double cible : à la fois immunothérapie (anti-PD1, ndlr) et anti-angiogénique (anti-VEGF, ndlr) » explique le Pr Girard.

Associé à la chimiothérapie, ce traitement innovant a permis de réduire de moitié le risque de progression de la maladie. « C’est la première fois que l’immunothérapie s’avère efficace chez des patients avec une mutation de l’EGFR, probablement parce qu’elle est associée à un anti-angiogénique » précise le Pr Girard.

Ces résultats ont été obtenus chez une population chinoise. Un essai clinique est toujours en cours en Europe. Des patients peuvent y être inclus en France.

Confirmation de la place du lorlatinib dans les cancers du poumon non à petites cellules ALK muté métastatiques

CE QU’IL FAUT RETENIR

ASCO2024 - lorlatinib dans le cancer du poumon non à petites cellules --roseupassociation-rosemagazine

Concernant les tumeurs présentant la mutation ALK, une altération génétique rare qui touche surtout les femmes, les dernières données de l’étude CROWN confirment la place du lorlatinib (Lorviqua©). Grâce à cette petite molécule inhibitrice, donnée en première intention dans les cancers métastatiques, 60% des patients vivent depuis 5 ans avec une maladie dont l’évolution est contrôlée . « C’est la plus longue survie jamais rapportée avec une thérapie ciblée dans un cancer solide » relève le Pr Girard.

Ce médicament est accessible aux patients français depuis la publication de travaux antérieurs qui avaient déjà démontré son intérêt.

1. En médiane.

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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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