Face aux cancers, osons la vie !



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Catherine a testé pour nous le laser pour traiter la sécheresse vaginale

{{ config.mag.article.published }} 20 février 2018

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Catherine, auteur du blog Les crabes dansent au Croisic, a testé pour nous un procédé révolutionnaire pour lutter contre la sécheresse vaginale : le laser CO2 fractionné. Ca peut faire peur comme ça mais la procédure ne fait pas mal. Bien au contraire, elle contribue à nous faire du bien.

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Aujourd’hui, j’ai quitté le Croisic. Cap sur Paris !  J’ai rendez-vous avec le Docteur Mouly, gynécologue. C’est notre quatrième rencontre. Il y a quelques semaines, j’ai ressenti le besoin de le revoir pour une de ces séances de laser dont j’ai parlé l’an passé ici et là aussi. Ce que je vais raconter maintenant, en toute objectivité, je préfèrerais me le garder secret. C’est intime. En prime ici, dans ma petite ville du bout de la presqu’île, je ne suis pas une anonyme. On me croise. On me connait. On sait, sans que je sache bien, moi, qui sont ceux qui savent. Vous me suivez ? Si ça se trouve, ça vous gêne aussi, vous, peut-être, après tout ? En ce cas, passez ces quelques paragraphes et retrouvez-moi à la conclusion. Si vous êtes à la peine avec votre abricot sec cela dit, lisez ceci, car c’est pour vous que je l’écris.

Un traitement indispensable…

Une première chose à poser d’emblée : le laser CO2 fractionné, c’est pas du superfétatoire. C’est du superfoutrement indispendable. C’est pas un truc qu’on fait juste pour la gaudriole, le plaisir fessuel du youplaboum, ou du radada, appelez-le comme vous voulez. Parce que quand l’abricot est si sec qu’il se ratatine du dedans, ben ça va mal figurez-vous. Fichtrement mal. On parle d’atrophie vaginale là. Pas d’une sécheresse superficielle qui se résoudrait en 2 coups de cuillère à pot de crème hydratante (Remballez aussi les ovules à enfourner tant que vous y êtes : de la roupie de sansonnet). Certaines souffrent tant de ces frottements, qu’aucune position peut soulager. Vous l’imaginez ça ?

« Si l’abricot se ratatine, c’est la faute du cancer »

Deusio : c’est pas du tout une espèce de vieillissement naturel que toutes les femmes vivraient gentiment le temps passant. Non, ça vous tombe dessus brutassement à cause des traitements. Faut bien le comprendre ça. Vous n’avez pas saisi encore ? Alors relisez : les traitements anti-cancer ne font pas de miracle. Ils traitent (à peu près) le cancer, ils maltraitent tout le reste. Ablation des ovaires, Tamoxifène, Létrozole, Exémestane, Faslodex… Tout ça cible le même objectif : priver le cancer des œstrogènes dont il se nourrit quand il est hormono-dépendant. Et tout ça cause les mêmes dégâts collatéraux : priver prématurément l’organisme des œstrogènes qui huilent gentiment la machine jusqu’à la vieillesse, quand la ménopause se fait en douceur. J’ai écrit déjà, quelques-unes des horreurs subies avec 20 ans d’avance sur mon âge.

… mais pas encore remboursé

Troisio : La somme du petit 1 et du petit 2 devrait faire que la technique qui répare les dégâts du cancer soit un soin de support pris en charge, au même titre que nombre d’autres. Bah c’est pas pour tout de suite pourtant ! Fidèle à son tempo bureaucratique, l’administration de santé française coupe les cheveux en 4. Des années de recul aux Etats Unis, 4 ans de pratique chez quelques pionniers comme le Docteur Mouly, mais on veut des preuves, encore. C’est pas rapide tout ça, mais ça avance dernièrement, c’est indéniable : des tests s’organisent dans plusieurs centres pour prouver l’intérêt du procédé et permettre son intégration aux soins remboursés. Gustave Roussy a commencé au printemps cette année. L’ICO à Nantes s’y met début 2018. Mon amie Laure (Mon Réseau Cancer du Sein) m’apprend que la Pitié Salpêtrière vient de s’équiper. Autant d’opportunités de bénéficier gratuitement du traitement laser, en rejoignant les panels d’études qui se constituent.

Le laser CO2 fractionné, c’est quoi au juste ?

Une machine qui doit mesurer 1,20 mètre de haut, avec des bitoniaux pour  les réglages et un truc qui ressemble à un pistolet au bout d’un bras articulé. Non, c’est pas une pompe à essence… C’est un laser je vous dis. Il n’y a absolument rien à faire préalablement à la séance. Pas de crème anesthésiante à tartiner par exemple, en tous cas avec le Monalisa Touch de la marque Deka. On garde les sensations et c’est important, pour adapter le soin en fonction. Le gynécologue introduit le pistolet stérilisé, active le laser et recule l’appareil progressivement jusqu’à sa sortie complète. La séance dure 5 minutes à tout péter. 10 peut-être, si vous souhaitez quelques répits. C’est pas que ça fasse mal. Mais c’est pas non plus l’enchantement hein : on sent des picotements… et un fumet de poils de cochon grillé ! La zone de l’urètre est plus sensible. En tous cas chez moi. Elle impose la pause à chaque fois ; et la diminution de l’intensité du méchoui. Personne ne réagissant pareil, il faut surtout vous dire que le gynécologue est à l’écoute et ajuste le geste en temps réel, chaque fois que nécessaire. C’est donc à vous de réagir si vous estimez que ça barbecute un peu trop ! Après la séance, la sensation de chauffe dure une petite heure. Il vous faut prévoir une protection hygiénique les 2 ou 3 jours qui suivent pour absorber les pertes consécutives au laser. Quand depuis des lustres, on a le fond de culotte aussi sec qu’un puis du Sahel, c’est presque réjouissant ces réminiscences des années ovariennes ! Bref, les suites de la séance laser, c’est rien de bien méchant vous voyez.

Vooooilà. L’abrasion tout du long, oblige les tissus à se régénérer et à retrouver l’élasticité perdue. Il faut 3 séances espacées d’un mois au départ, puis une séance d’entretien tous les ans. C’est cette séance d’entretien que je viens de faire. Et je recommencerai l’an prochain.

Combien ça coute ?

C’est encore cher aujourd’hui : entre 150 et 250 euros la séance. A ces tarifs là, ça contraint la plupart d’entre nous à faire un choix. J’ai fait le mien : le laser, je le considère comme un investissement nécessaire… Quitte à renoncer à plus accessoire. Et vous voyez, je me farcis même 7 heures de train aller-retour et 2 jours à Paris pour passer au grill, c’est dire ! Bon, d’accord, hier soir j’en ai profité : je suis allée voir Depeche Mode à Bercy. Pour joindre le très agréable à l’utile. Bref. On peut  espérer un jour, la prise en charge intégrale ou partielle du laser : comme je vous le dis plus haut, des études cliniques se mettent en place. Les administrations de santé finiront bien par constater les résultats et valider la prise en charge pour les patientes des centres anti-cancer.

Mais nous avons chacune un rôle à jouer !

Pour accélérer la cadence, vous, moi et toutes les autres, chaque patiente doit oser parler de sa souffrance à son oncologue, expliquer la solution du laser fractionné, évoquer les tests en cours et la possibilité de les intégrer. Je l’ai bien vu avec Super Mario. Depuis les premiers échanges sur le sujet il y a une paire d’années, il a recruté une gynécologue pour le centre, il me l’a fait rencontrer pour que je lui explique le laser, Monalisa, Deka, tout ça ; elle a entamé une formation auprès d’un confrère en région parisienne et l’étude va démarrer sous peu dans le centre ! Super Mario ne connaissait ni le problème, ni sa solution et c’est bien normal : ce n’est tout simplement pas son rayon. Mais le gars s’est remué pour ses patientes dès qu’il a été rencardé sur le sujet.

Par Catherine Barre Gascoin, auteure du blog Les crabes dansent au Croisic


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Emilie Groyer

Docteur en biologie, journaliste scientifique et rédactrice en chef du site web de Rose magazine

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