RETRANSCRIPTION
Depuis le début de vos traitements du cancer, vous ressentez des douleurs dans la bouche, vous avez des rougeurs, des aphtes, des saignements ? C’est probablement une mucite. Cette inflammation de la muqueuse est fréquente. On va vous expliquer pourquoi, et surtout comment la traiter.
Les mucites, à quoi c’est dû ?
Ce sont des effets indésirables des thérapies anti-cancer, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie. Fragilisée par les traitements, la muqueuse n’assure plus aussi efficacement sa fonction de barrière contre les germes de la bouche.
Résultat, les bactéries ou champignons se développent, et augmentent l’inflammation déjà causée par la destruction des cellules saines de la muqueuse.
L’intérieur de la bouche devient rouge, sec, douloureux et se couvre d’aphtes.
C’est grave une mucite ?
Ça dépend. Les mucites sont classées en 4 grades.
- Au premier grade, on ressent une légère gêne au moment des repas.
- Au second, des aphtes douloureux apparaissent.
- Au grade 3, la muqueuse est érodée et on n’ingère plus que des aliments liquides.
- Au grade 4, les douleurs sont telles que l’on ne peut plus rien avaler. Il faut alors être alimenté(e) par une sonde…
Heureusement, ces cas graves sont rares ! Les mucites de stade 3 ou 4 ne concernent que 5 à 10 % des personnes en traitement. Et il faut savoir que la moitié des patients n’en auront pas du tout !
Y a-t-il des personnes plus à risque de développer des mucites ?
Les patients soignés pour un lymphome ou une leucémie ont plus de risques car les traitements anticancers sont plus intenses. Outre l’intensité et le type de chimiothérapie, l’hygiène bucco-dentaire joue aussi un rôle dans le développement des mucites. Et les personnes qui fument ou qui boivent beaucoup d’alcool peuvent aussi en développer plus facilement.

À LIRE AUSSI : Retrouvez tous nos conseils pour préserver sa santé bucco-dentaire.
Peut-on prévenir les mucites ?
Effectivement, il existe un traitement qui a fait ses preuves et qui est recommandé internationalement : c’est la photo-bio-modulation, ce fameux traitement par la lumière dont je vous ai parlé dans un précédent épisode.
Mais cela n’exclut pas de faire faire, avant les débuts des traitements, un bilan bucco-dentaire pour s’assurer que tout va bien.
Autre recommandation basique : on n’oublie pas sa brosse à dents ! De préférence à poils ultra-souples. L’utiliser après chaque repas aide aussi à prévenir et à soulager les mucites.
Attention à la brosse à dents électrique : pas de vitesse trop élevée, il s’agit d’être doux avec ses gencives et ses muqueuses ! Pour cette même raison éviter aussi les dentifrices mentholés ou blanchisseurs : ils sont trop abrasifs.
Et puisqu’on est dans les interdits, stop à tout ce qui est acide, comme les jus d’orange du matin, ou à ce qui peut être agressif comme la croûte de pain ! Exit donc aussi les fruits, les légumes crus, les épices ou encore les condiments type ketchup et moutarde…

À LIRE AUSSI : Comment ça marche, que peut-elle soigner, comment se déroule une séance, où peut-on se faire traiter, est-ce remboursé… On répond à toutes vos questions sur la photobiomodulation !
Que faire si l’inflammation est installée ?
Un bon moyen de la calmer c’est déjà de sucer des glaçons ou – bien plus sympa – de manger des glaces ou des sorbets.
Si la mucite est forte, on peut prescrire des bains de bouche au bicarbonate de sodium en associant par exemple un gel anesthésiant, un antiulcéreux ou bien encore des corticoïdes.
Pour cicatriser rapidement, la photobiomodulation est aussi très efficace Malheureusement, elle n’est pas encore disponible dans tous les établissements où on soigne les cancers.
Surtout, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre équipe médicale, elle est là pour vous aider !
INFO + :
Retrouvez l’ensemble des épisodes de la Minute du Dr RoseUp ici. Et pour être informée de la mise en ligne de nouvelles vidéos, n’oubliez pas de vous abonner à notre chaine YouTube !
Réalisation : Little Big Film