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À lire. Michel Cymes : “Rien n’est impossible, même l’invraisemblable”

Dans son dernier livre, Michel Cymes raconte des tranches de sa vie qu’il pense pouvoir être utiles aux autres. Comme l’annonce de son cancer du rein. Une épreuve que le médecin avait caché pendant 14 ans.

À droite, une pile de livres obstrue la moitié de la fenêtre. À gauche, une vitrine renferme un cabinet de curiosités. Et face à la chaise de l’invité, un crâne trône au milieu de radio révélant des objets incongrus coincés dans le corps de patients. Le bureau de Michel Cymes est à l’image de l’homme : cocasse et occupé. Entre le tournage d’émissions de télé, l’enregistrement de chroniques radio et la supervision de son magazine, le médecin préféré des Français a tout de même trouvé le temps d’écrire un livre.

Dans « Rien n’est impossible. Mon histoire pourrait être la vôtre », il raconte sa formation de chirurgien ORL, l’histoire de ses grands-parents juifs polonais, sa passion pour le journalisme… Et son cancer du rein, qu’il avait d’abord choisi de garder secret. Même à ses proches. Même à son fils, qui lui a pourtant sauvé la vie. C’est en effet suite à une chute à ski sur un half-pipe que son aîné l’avait forcé à descendre qu’un scanner révèlera une tumeur de 3,5 centimètres. Assez petit pour être retiré chirurgicalement, ce cancer le marquera néanmoins profondément. Rencontre avec l’homme boulimique, militant et émotif qui se cache derrière le trublion des plateaux télé.

Votre livre débute par le diagnostic de votre cancer. Vous êtes médecin, vous avez vous-même eu à l’annoncer à vos patients. Malgré tout, on découvre que vous avez été un patient comme un autre…

Michel Cymes : Oui. L’annonce a été un vrai coup de bambou. J’ai probablement traversé les mêmes étapes que tout le monde. D’abord, la sidération et une sorte de surdité. Je pensais à tellement de choses à ce moment-là – mes proches, l’avenir, la mort – qu’il n’y avait plus assez de place dans mon cerveau pour d’autres informations. Ce n’est pas ce que je ne voulais pas entendre ce qu’on me disait – d’autant plus que je comprenais très bien en tant que médecin – c’est que je n’étais pas en capacité de l’entendre. Ensuite, il y a eu le rendez-vous avec le néphrologue. Là, je me suis écroulé. J’avais accumulé tellement de tension pendant les quelques jours qui se sont écoulés entre l’annonce et cette première consultation, que je me suis mis à pleurer comme un gamin.

Vous êtes hyperactif de nature. On vous a d’ailleurs diagnostiqué un TDAH1. L’avez-vous été davantage après votre cancer ?

Ça n’a pas aggravé mon cas (Sourire). En revanche, ça a modifié l’objet de mon hyperactivité. Avant, elle tournait beaucoup autour du boulot. Depuis, j’ai levé le pied progressivement. Aujourd’hui, je donne davantage de place aux loisirs. Le cancer fait prendre conscience de sa finitude. Alors quand on en guérit, on se dit que c’est que du rab. Je ne m’interdis plus de me faire plaisir.

D’avoir traversé cette épreuve, cela a changé votre façon de pratiquer la médecine ?

J’ai toujours été très en empathie avec mes patients parce que j’estime qu’on ne peut pas exercer convenablement la médecine si on en manque. Mais j’ai sans doute montré beaucoup plus de compassion envers les patients auxquels j’annonçais un cancer. Je crois que je les accompagnais autrement aussi. Je leur disais : “Je sais que ce n’est pas une bonne nouvelle mais on va se battre ensemble, on va former une équipe.” J’abordais cela comme un duo, plus qu’avant.

« Je ne m’interdis plus de me faire plaisir. »

C’était il y a 14 ans. Depuis, vous fêtez chaque année votre guérison en buvant du champagne avec vos proches au pied du snowpark. Pourquoi ce rituel ?

Je suis assez dans les symboles. Je me suis dit que ce serait sympa de remercier ce snowpark qui a permis que mon cancer soit détecté à temps. Quand on en guérit, on est marqué à vie mais on a tendance à vouloir penser à autre chose.  Ce rituel, c’est comme une piqûre de rappel festive. Et toujours un grand moment d’émotion. On trinque et je lance un : « À la vie ! »

Au début, c’était un peu un rendez-vous clandestin car peu de personnes étaient au courant. La première année, nous étions seulement 6. Et puis, j’en ai parlé progressivement. Maintenant, nous sommes une quinzaine !

Vous avez décidé de cacher votre cancer à votre entourage, notamment à vos enfants. Pourquoi ?

J’ai voulu attendre qu’ils aient leur BAC. L’annonce d’un cancer, c’est toujours une source d’angoisse et je ne voulais pas les perturber avant leur examen. J’ai estimé qu’à 18 ans, ils étaient assez matures. Et puis, 7 ans s’étaient écoulés et tout allait bien. J’ai aussi une chance exceptionnelle : comme mon cancer a été diagnostiqué tôt, on m’a retiré la tumeur et c’était terminé. Je n’ai pas eu à subir les effets d’une chimio ou d’une radiothérapie. À part la fatigue, ça ne se notait pas. Mes gamins étaient petits, ils ne se rendaient pas compte.

L’autre raison pour laquelle je n’en ai pas parlé c’est que, quand on en parle, on vous en parle : « Comment ça va ? », « T’en es ou, tes examens ? » Et j’avais envie qu’on me foute la paix avec ça.

À l’époque, vous exerciez encore en tant que chirurgien ORL. Vous n’avez jamais eu envie de le partager avec vos patients qui vivaient la même chose ?

Quand vous êtes médecin, il faut être en empathie mais il ne faut pas être dans l’émotion. Vous ne pouvez pas avoir les larmes aux yeux quand vous annoncez un cancer à un patient. Or, ça réveillait tellement de choses en moi, que, si en plus le patient l’avait su, ça aurait été très compliqué. En plus, je n’aurais pas pu dire à un patient avec un cancer du larynx, qui aurait à subir des traitements lourds, que j’étais aussi passé par là alors que j’ai « simplement » eu une ablation. Ce n’est pas comparable.

Il serait réducteur de dire que votre livre est un récit de votre cancer. En fait, cet épisode est raconté sur seulement une vingtaine de pages. Pourquoi être passé si vite sur un événement si fort ?

Je l’ai écrit comme je l’ai vécu : une parenthèse dans ma vie. Qui m’a marqué à vie. Mais dont je suis sorti. Le but n’était pas d’en parler juste pour dire : « Regardez, j’ai eu un cancer ! ». Ça n’aurait pas eu grand intérêt.

J’en ai parlé parce que j’ai pensé que cela pourrait être utile. Comme toutes les autres tranches de ma vie que je relate dans le reste du bouquin. J’ai été affolé en prenant connaissance des taux de participation aux dépistages organisés en France : on est à moins de 50% pour le cancer du sein, autour de 30% pour le colorectal, la vaccination contre le papillomavirus ne prend pas… En parlant de mon expérience, j’espère inciter les Français à se faire dépister.

Mais dans votre cas, le cancer a été détecté par accident…

Oui, j’ai eu une chance incroyable, c’est vrai mais provoquez-la cette chance ! La médecine vous propose de faire des tests simples qui permettent de détecter des cancers à des stades où on peut en guérir, faites-les ! Le raisonnement qui consiste à dire : « Je ne veux pas faire le dépistage parce que je ne veux pas qu’on me trouve un cancer » ne tient pas. On va vous le trouver ce cancer de toute façon, autant que ce soit le plus tôt possible !

Votre livre s’intitule « Rien n’est impossible ». C’est le message que vous voulez faire passer ?

« Rien n’est impossible » et non pas « Tout est possible ». Parce que dans « tout est possible » il n’y a pas de notion d’échec possible. Alors que « rien n’est impossible », ça veut dire : il faut y aller, allez au bout de vos envies, de vos désirs. Ça marchera ou ça ne marchera pas mais, au moins, vous ne serez pas frustré de ne pas avoir essayé.

J’ai bien conscience que c’est facile pour moi de dire cela parce que je suis dans une situation extrêmement privilégiée. Je ne vis pas dans le monde des Bisounours, je sais que la vie n’est pas toujours simple. Ce que je veux expliquer aux gens c’est qu’on peut tous, quelle que soit notre situation, essayer d’aller au bout d’un truc qu’on a envie de faire, même une toute petite chose. Il ne faut pas se dire : « Non, je ne vais pas essayer parce que c’est impossible ».

Avez-vous un message particulier à adresser à nos lectrices ?

« Rien n’est impossible », c’est le début d’une phrase de Pythagore m. La phrase complète dit : « Rien n’est impossible, même l’invraisemblable ». Si vos lectrices perdent espoir, pensent qu’elles ne vont pas s’en sortir, il faut qu’elles gardent cela à l’esprit. Même quand tout paraît bien sombre, il y a toujours de l’espoir… (Silence) Quel philosophe ! C’est tellement beau, parfois je me fais pleurer moi-même (Rires).

INFO+

Michel Cymes relate son cancer du rein dans son livre Rien n'est impossibleRien n’est impossible. Éditions Stock.

Propos recueillis par Emilie Groyer

1. Trouble du déficit de l’attention et hyperactivité

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