Cancer et précarité
Le cancer reste un puissant facteur de précarisation : perte d’emploi, restes à charge, coûts indirects et isolement social frappent particulièrement les travailleurs indépendants, les familles monoparentales et les jeunes adultes. c’est aujourd’hui une réponse sociale globale, emploi, logement, assurance, protection contre la pauvreté, qui doit désormais compléter la réponse sanitaire.
Sécurité sociale : pour un budget plus juste et plus réactif
Aujourd’hui, l’État vote ce budget une seule fois par an, à l’automne, en faisant des paris sur l’avenir.
Le problème ? Entre le moment où le budget est voté et la réalité de l’année qui s’écoule, tout change. L’inflation augmente, les hôpitaux traversent des crises, et le nombre de personnes ayant besoin d’une ALD (Affection de Longue Durée) évolue. Résultat : le budget prévu est vite dépassé, les comptes de la Sécu se dégradent, et ce sont trop souvent les patientes qui en subissent les conséquences.
Pour éviter de naviguer à vue, nous militons pour l’intégration d’un “rendez-vous de contrôle » obligatoire en cours d’année.
Pourquoi c’est capital pour vous ?
- Plus de réactivité : au lieu d’attendre la fin de l’année pour constater les dégâts et voter des mesures d’urgence, le Parlement pourrait ajuster le budget en temps réel.
- Mieux protéger vos soins : si les dépenses liées aux ALD augmentent plus vite que prévu (notamment suite à l’arrivée d’innovations coûteuses), ce rendez-vous permettrait de débloquer des fonds immédiatement pour garantir la prise en charge de vos traitements, sans attendre que le système soit bloqué.
- Anticiper plutôt que subir : ajuster le tir au bon moment, c’est éviter les coupes budgétaires brutales qui finissent par peser sur le parcours de soins des malades.
En clair : nous demandons que le budget de la Sécurité sociale s’adapte enfin à la vraie vie des patientes, et non l’inverse.
Assurance emprunteur : indexer l’âge limite de remboursement du crédit sur l’âge de la retraite
Malgré les avancées du droit à l’oubli, les anciens malades du cancer subissent encore une double peine face au crédit. Pour les emprunts de moins de 200 000 € (soumis à la loi Lemoine), les banques imposent un âge limite pour le remboursement total du prêt à 60 ans. Cet âge butoir s’avère souvent incompatible avec des parcours professionnels qui ont été interrompus par la maladie.
C’est pourquoi nous demandons que cet âge limite soit indexé sur l’âge légal de départ à la retraite, afin d’aligner enfin les exigences des assureurs sur les réalités professionnelles actuelles.
Interpeller le gouvernement
Après plus d’une heure d’échanges avec une dizaine de sénateurs engagés et particulièrement à l’écoute, un dialogue constructif et approfondi a pu avoir lieu pour prendre en compte les réalités du terrain et débattre des évolutions nécessaires de notre système de santé.
Les sujets abordés ont été pleinement pris en compte par les sénateurs. Ils donneront lieu, dans les prochaines semaines, à plusieurs questions au Gouvernement ; une procédure officielle qui permet d’interpeller directement les ministres en séance publique pour obtenir des engagements clairs. Une réflexion élargie a également été engagée à l’horizon 2027 pour intégrer des mesures complémentaires afin de mieux prendre en charge les malades et d’améliorer leur quotidien, quel que soit leur type de cancer.
À l’approche des prochaines échéances politiques, les décideurs publics doivent impérativement maintenir ces sujets à leur agenda. Ils sont en effet indispensables pour garantir un parcours de soins de qualité aux patientes.