Malades de cancer ? #sexemetoo !

En France, chaque année, environ 60.000 nouvelles femmes apprennent qu’elles souffrent d’un cancer du sein ou de l’endomètre (la muqueuse utérine).
Ces femmes, après l’épreuve des opérations, des chimiothérapies, des radiothérapies suivent souvent une hormonothérapie pour limiter le risque de récidive. Et se retrouvent, quel que soit leur âge, ménopausées. De 17 à 77 ans.
Bouffées de chaleurs, atrophie vaginale, douleur, sécheresse empêchant les relations sexuelles, ces handicaps liés à la ménopause sont bien connus. 70% des femmes ménopausées ayant eu un cancer du sein souffrent de « vaginite atrophique »1. Pour parler simple, leur vagin, privé d’hormones, se dessèche.
Des traitements et dispositifs médicaux existent : aucun d’entre eux n’est remboursé2.
En revanche, des traitements existent et sont remboursés en cas de dysfonctionnement érectile des hommes après une chirurgie de cancer.
L’homme et la femme sont égaux, mais l’homme est sans doute un peu plus égal en matière de sexualité.
Les femmes malades ou ex-malades de cancer doivent donc, si elles veulent continuer à avoir une sexualité acheter durant le reste de leur vie des traitements, ovules, gels et autres compléments. Le panier mensuel est environ de 50 euros. Beaucoup d’entre elles n’en ont pas les moyens.
Nous demandons le remboursement d’au moins un traitement – sans hormone – de la vaginite atrophique.
Nous demandons que la Haute Autorité de Santé (qui a rendu l’an dernier un avis « insuffisant » pour le remboursement d’un gel vaginal sans hormone) inclut dans ses réflexions l’absence totale d’alternative pour les malades de cancer. L’amélioration du service rendu (ASMR) peut-être « insuffisant » pour la population globale, mais très important pour la sous-population importante de femmes malades de cancer.
Le sexe n’est pas un luxe. Les malades de cancer ne sont pas des mortes en rémission.
1 Lester et al. Journal of Personalized Medecine. 2015, 5 : 50-66
2 Ne sont remboursés que les médicaments à base d’hormones, proscrits pour les malades de cancer hormonodépendant (80% des cancers du sein, 20-30% des cancers de l’endomètre).
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