Pour une sécurisation des chimiothérapies par 5-FU et capécitabine
Utilisées pour traiter près de 80 000 patients par an en France, les chimiothérapies à base de 5-Fluorouracile (5-FU) et la capécitabine sont des piliers du traitement de nombreux cancers. Pourtant, pour certains patients, ces médicaments se transforment en poisons, parfois mortels. RoseUp se bat pour garantir la sécurité de tous les patients face à ces chimiothérapies.
Le 5-Fluorouracile (5-FU) est l’une des chimiothérapies les plus prescrites pour le traitement des tumeurs solides (sein, colon, estomac, cancers ORL…). On le retrouve dans de nombreux protocoles, en combinaison avec d’autres molécules : FEC, CMF, FAC, FOLFOX, FOLXOX, FOLFIRI, FOLFIRINOX, ECF, ELF, DCF…
Il peut aussi être administré par voie orale, la capécitabine (Xeloda®), que l’on retrouve notamment dans les protocoles XELOX, XELIRI et EOX.
Le déficit en DPD : un risque de toxicité connu depuis 40 ans

Le 5-FU et la capécitabine sont normalement éliminés par une enzyme : la DPD. Or, une partie de la population présente un déficit (total ou partiel) de cette enzyme. Pour ces patients, le médicament s’accumule dans l’organisme, provoquant des toxicités neurologiques, digestives ou hématologiques sévères, pouvant conduire au décès.
Ce mécanisme est connu depuis 40 ans. Pourtant, aucun test n’était réalisé chez les patients pour vérifier que leur DPD était fonctionnelle.
Une victoire historique : le test DPD rendu obligatoire

Alertée par Alain Rivoire, président de l’association francophones des victimes du 5-FU (AV5FU) et mari d’une des victimes, RoseUp s’est emparée du sujet en 2018.
Au travers d’une série d’enquêtes et de témoignages menée par la rédaction de Rose magazine, et d’actions de plaidoyers, RoseUp a alerté les pouvoirs publics de cette situation inacceptable.Un an plus tard, ce combat collectif portait ses fruits : l’autorité nationale de sécurité du médicament (ANSM) rendait obligatoire le test de dépistage du déficit en DPD avant toute administration de 5-FU ou de capécitabine.
Une obligation réglementaire encore trop souvent bafouée
Malheureusement, la loi ne suffit pas toujours à changer les pratiques sur le terrain.
Comme l’a révélé l’enquête publiée en 2025 par le réseau Resomedit, l’obligation de dépistage n’est toujours pas systématiquement suivie : 18% des patients reçoivent encore leur traitement sans avoir les résultats de leur dépistage.
Cette inertie administrative et médicale est inacceptable : chaque dose injectée sans vérification préalable est une prise de risque injustifiée.
L’adaptation des doses : une source d’inégalité de soin
Le dépistage n’est que la première étape. S’il révèle un déficit total, le 5-FU doit être remplacé par un autre traitement. Si le déficit est partiel, la dose doit être adaptée.
Comment ? Actuellement, il n’existe aucune recommandation claire et consensuelle pour guider les oncologues dans cet ajustement. Aujourd’hui, certains praticiens font encore le choix de prescrire une dose complète dès la première cure, quitte à ne l’ajuster qu’a posteriori. Cette pratique expose les patients à un risque de toxicités graves. D’autres décident de réduire drastiquement les doses de départ, quitte à sous-traiter leurs patients.
Cette médecine à deux vitesses, pratiquée à l’aveugle, est tout simplement inadmissible.
Ce que nous demandons
Pour que plus aucune vie ne soit brisée par une toxicité prévisible, RoseUp demande aux pouvoirs publics :

Sanctionner le non-respect du dépistage
L’obligation réglementaire doit être strictement appliquée dans tous les centres de soins, avec un contrôle rigoureux des pratiques et une sanction des contrevenants.

Harmoniser l’adaptation des doses
Des recommandations nationales doivent établir précisément les protocoles d’ajustement des doses en fonction des résultats du test DPD.

Généraliser le Suivi Thérapeutique Pharmacologique (STP)
Le STP consiste à doser le médicament dans le sang du patient après l’injection pour vérifier qu’il se situe bien dans la « fenêtre thérapeutique » (assez pour soigner, pas trop pour ne pas empoisonner). Ce suivi est indispensable pour ajuster les doses suivantes de manière ultra-personnalisée.

Sécuriser l’accès à l’antidote
Le triacétate d’uridine (Vistogard) permet de contrer les toxicités du 5-FU, à la condition d’être administré dans les 96 heures. Chaque établissement administrant des chimiothérapies à base de 5FU devrait disposer de cet antidote afin de pouvoir agir sans délai.
Nos actions

L’information
Au travers de nos articles dans Rose magazine et sur notre site, nous décryptons les mécanismes de la toxicité et relayons les rapports d’experts, comme celui de Resomedit, pour informer les patients sur les risques encourus et sur leurs droits.

La sensibilisation des pouvoirs publics
Aux côtés de l’AV5FU, RoseUp se fait le porte-voix des patients. Nous signalons systématiquement aux autorités de santé chaque manquement constaté sur le terrain afin qu’aucune alerte ne reste sans réponse.

L’apport de notre expertise
RoseUp collabore étroitement avec les instances de santé pour co-construire des recommandations cliniques précises.
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