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Cancer du sein hormonodépendant : un nouveau traitement change la donne en cas de rechute précoce

{{ config.mag.article.published }} 9 janvier 2026

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@Shutterstock

Depuis le 5 janvier 2026, l’inavolisib (Itovebi©) est disponible en accès précoce pour les femmes porteuses d'une mutation de la PI3K et qui ont récidivé sous hormonothérapie.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les patientes concernées : Les femmes atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant, présentant une mutation de la PI3K, et qui ont développé des métastases pendant leur hormonothérapie ou dans l’année qui a suivi l’arrêt du traitement.
  • Le nouveau traitement : l’inavolisib (Itovebi©), une thérapie ciblant une mutation de la PI3K qui confère à la tumeur une résistance aux hormonothérapies et augmente le risque qu’elle devienne métastatique.
  • Le protocole : Une « trithérapie » combinant l’inavolisib, le palbociclib (un inhibiteur de CDK4/6) et le fulvestrant (une hormonothérapie).
  • Les résultats : une progression de la maladie repoussée et une espérance de vie prolongée.
  • L’accès : depuis le 5 janvier 2026 en accès précoce.

Dans la prise en charge du cancer du sein hormonodépendant, l’hormonothérapie est un traitement essentiel pour éviter les récidives. Cependant, environ 40 % des femmes présentent une mutation de la protéine PI3K qui favorise l‘émergence d’une résistance à ce traitement et augmente le risque que leur cancer ne revienne précocement sous forme métastatique. 

Attaquer la tumeur sur 3 fronts

C’est précisément sur cette population de patientes que s’est penché l’essai clinique de phase III INAVO120. Jusqu’à présent, en cas de rechute métastatique, la stratégie consistait à changer d’hormonothérapie et d’y associer un inhibiteur de CDK4/6.

L’étude INAVO120 a testé une approche plus offensive en y ajoutant un 3ème traitement : l’inavolisib, une petite molécule capable de bloquer la mutation de la PI3K.

Avec ce « triplet », plusieurs voies de survie de la cellule cancéreuse sont bloquées simultanément :

  • l’hormonothérapie stoppe le signal de croissance envoyé par les œstrogènes,
  • l’inhibiteur de CDK4/6 freine la division de la tumeur,
  • l’inavolisib bloque la PI3K mutée.

Une espérance de vie significativement prolongée

Les résultats, présentés en 2025 lors du congrès de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology), ont montré que l’ajout de l’inavolisib permet de repousser de 10 mois la progression de la maladie et de prolonger de 7 mois l’espérance de vie des patientes.

Devant le bénéfice majeur de cette nouvelle approche, la Haute Autorité de Santé (HAS) a octroyé un accès précoce de l’inavolisib dès le 5 janvier 2026.

Un accès limité aux femmes ayant rechuté précocement

L’inavolisib n’est toutefois pas indiqué pour toutes les patientes. Les femmes qui peuvent en bénéficier :

  1. sont atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant,
  2. sont porteuses d’une mutation de la PI3K (identifiée par biopsie liquide ou classique), et
  3. ont présenté une rechute métastatique précoce : soit pendant le traitement par hormonothérapie, soit dans l’année qui a suivi l’arrêt du traitement adjuvant.

Le médicament doit par ailleurs être administré en complément du duo de traitement testé dans l’essai clinique : le fulvestrant (Faslodex©) comme hormonothérapie et le palbociclib (Ibrance©) comme inhibiteur de CDK4/6.

Une efficacité non dénuée d’effets indésirables

Si l’inavolisib représente un progrès majeur en efficacité, il n’est pas dénué d’effets indésirables : hyperglycémie, diarrhée, stomatites/mucites et atteinte hépatique. Une surveillance médicale rigoureuse est donc nécessaire lors de son administration.


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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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