Pic inexpliqué de cancers en Loire Atlantique

Une étude de l'Observatoire régional de santé met en lumière une surmortalité dans la région de Saint-Nazaire, notamment en matière de cancers. Alors que les raisons du grand nombre de cancers pédiatriques déclarés autour de Nantes n'a toujours pas été élucidé.

Pourquoi y a-t-il tant de cas de cancer autour de Saint-Nazaire, en Loire Atlantique?  « La situation locale reste moins favorable que la moyenne nationale, avec en particulier une surmortalité atteignant 28 % pour la population âgée de moins de 65 ans », indique la préfecture de Loire-Atlantique dans un communiqué de presse. Un chiffre qui monte même à 38 % chez les hommes de cette même tranche d’âge. « Ils sont davantage touchés par le cancer, notamment celui du poumon » note le sous-préfet. Selon les observations du registre des tumeurs Loire-Atlantique Vendée, les communes de Saint-Nazaire, Trignac et Donges s’avèrent particulièrement à risques.

Quatre décès prématurés sur dix liés au cancer

En 2018, l’Agence régionale de santé (ARS) avait commandé deux études, une première sur l’état de santé de la population de cette région, la seconde sur les cancers; l’analyse menée par le registre des tumeurs de Loire-Atlantique révèle notamment, dans la population masculine, « une fréquence plus élevée de cancers par rapport à la Loire-Atlantique ». Quatre décès prématurés sur dix sont dus à ces cancers, d’après l’ARS.

Quid de la pollution?

« Suite à l’interpellation de plusieurs élus et associations locales », l’ARS a demandé à Santé Publique France d’évaluer la pertinence et la faisabilité « d’une étude épidémiologique qui permettrait de quantifier la part des pathologies attribuable à la pollution atmosphérique ». Aussi, les industriels générant les principaux rejets atmosphériques doivent mettre en place « les meilleures techniques disponibles au plan européen sur leurs installations », précise la préfecture. De nombreuses associations environnementales s’inquiètent de la qualité de l’air sur ce territoire industriel; les services de l’État, ont promis « toute la transparence » autour de cette question: « Nous n’avons pas déterminé une cause précise, prévient d’emblée Nicolas Durand, directeur adjoint de l’ARS des Pays de la Loire. Mais nous connaissons celles qui sont dites évitables, et sur lesquelles nous pouvons agir sans attendre : il s’agit des addictions au tabac, à l’alcool ou au cannabis qui multiplient le risque de développer un cancer. »

Cancers pédiatriques autour de Nantes

Une information qui vient s’ajouter au pic non élucidé des cancers pédiatriques autour de Nantes: à Sainte-Pazanne commune de 6 500 habitants, située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Nantes, six cas de cancers pédiatriques ont été recensés depuis décembre 2015, dont trois mortels. Six autres cas ont été signalés dans trois villes situées à 10 km, ou moins, aux alentours : trois cas à Saint-Mars-de-Coutais, deux à Rouans et un à Saint-Hilaire-de-Chaléons. L’Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire a lancé une étude épidémiologique – menée par santé Publique France – dont on attend les résultats cet automne.

Céline Lis Raoux avec AFP