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ESMO 2023. Cancer du poumon : une édition riche en avancées marquantes

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© Julie Bernard

Immunothérapies, thérapies ciblées, ADC : les avancées dans le traitement des cancers du poumon sont nombreuses cette année, tant à des stades avancés que précoces de la maladie.

CE QU’IL FAUT RETENIR :

– Quand le cancer du poumon est opérable, il faudra dorénavant traiter les patients par immunothérapie avant toute chirurgie.

– L’amivantamab (Rybrevant©), une thérapie ciblant la mutation dans l’exon 20 du gène de l’EGFR, permet de retarder la progression de la maladie chez les patients présentant cette mutation.

– Le selpercatinib (Retsevmo©), une petite molécule capable de bloquer une mutation dans le gène RET, permet de retarder la progression de la maladie chez les patients présentant cette mutation.

– Les ADC, ces chimiothérapies couplées à des anticorps ciblant un marqueur présent à la surface des tumeurs, font leur arrivée dans le traitement des cancers métastatiques.

On peut dire que cette année, c’est un ESMO poumon.” C’est la conclusion du Pr Nicolas Girard, pneumo-oncologue, chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie, à l’issue du congrès européen de cancérologie. On fait le bilan des principales annonces.

L’immunothérapie, incontournable pour les cancers du poumon opérables

La place de l’immunothérapie dans le traitement des cancers du poumon opérables était encore discutée. Des études avaient déjà montré qu’administrer une immunothérapie avant la chirurgie permet de retarder la survenue des récidives. Elles n’avaient toutefois pas atteint le graal en oncologie : démontrer une amélioration de l’espérance de vie des patients.

C’est désormais chose faite avec KEYNOTE-671. Dans cet essai clinique, une immunothérapie de type inhibiteur de checkpoint, le pembrolizumab (Keytruda©), a été administrée avant l’opération en association à la chimiothérapie (le traitement standard) et poursuivie après la chirurgie. Résultat : le risque de décès est réduit de 28%.

Le message de cette étude est très clair : un chirurgien ne doit pas opérer d’emblée un cancer du poumon, il faut passer par cette phase de traitement pré-opératoire par immunothérapie. Ne pas le faire serait une perte de chance pour le patient” conclut le Pr Girard.

Des thérapies ciblées pour les cancers du poumon avec mutations rares

Comme tous les cancers, les cancers du poumon sont causés par des mutations dans l’ADN des cellules. L’enjeu actuel est de trouver, pour chacune de ces mutations, un traitement capable de les bloquer : ce qu’on appelle une thérapie ciblée.

Certaines de ces altérations sont très rares. C’est le cas par exemple de la mutation dans l’exon 20 du gène de l’EGFR, présente chez moins d’1% des patients. Chez les patients avec un cancer avancé ou métastatique, présentant cette mutation, le traitement de référence en première ligne est actuellement la chimiothérapie. L’essai clinique PAPILLON a testé l’amivantamab (Rybrevant©), un anticorps bispécifique capable de se fixer à la fois sur cette mutation et sur un autre marqueur présent à la surface des cellules cancéreuses. L’étude a montré qu’en l’ajoutant à la chimiothérapie, le progression de la maladie était retardée de 60%.

De la même façon, l’essai clinique LIBRETTO-431 s’est intéressé au selpercatinib (Retsevmo©), une petite molécule capable de bloquer une mutation dans le gène RET présente chez 1 à 2% des patients. Administrée à des patients touchés par un cancer avancé, cette fois à la place de la chimiothérapie, elle a permis de retarder la progression de la maladie de 54%.

Le Pr Girard, qui a présenté les résultats de l’étude PAPILLON, se réjouit de ces avancées : “En France, nous avons la chance de pouvoir identifier ces anomalies dès le diagnostic. On espère donc avoir accès à ces traitements et pouvoir les proposer rapidement à nos patients pour lesquels nous n’avons pas de traitements spécifiques.

L’arrivée des ADC dans le traitement des cancers du poumon métastatiques

Enfin, chez des patients touchés par un cancer métastatique, ayant déjà reçu plusieurs lignes de traitement et pour lesquels la seule alternative est la chimiothérapie, l’essai clinique TROPION-lung a testé l’efficacité d’un ADC. Cette nouvelle classe de chimiothérapie couplée à un anticorps ciblant un marqueur à la surface des cellules cancéreuses permet d’acheminer le traitement au coeur de la tumeur. Le Datopotamab deruxtecan (Dato-DXd©), c’est le nom de l’ADC testé dans cette étude, permet de retarder la progression de la maladie. D’autres résultats sont attendus mais pour le Pr Girard, il est clair que “c’est un premier pas vers l’utilisation de cette nouvelle classe de médicaments dans les cancers du poumon.

EN IMAGES : Retrouvez le décryptage complet du Pr Girard en vidéo.

Emilie Groyer


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Emilie Groyer

Docteur en biologie, journaliste scientifique et rédactrice en chef du site web de Rose magazine

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