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J’ai testé pour vous : le Qoya

{{ config.mag.article.published }} 17 mai 2024

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Entre expression corporelle et danse libre, mélangée à un peu de yoga et un zeste de chamanisme, cette drôle de pratique venue des États-Unis promet une reconnexion à sa nature profonde et à ses sensations. Notre journaliste a tenté l’expérience.

La première fois que j’ai entendu parler du Qoya, c’était par une amie. Anne-Céline et moi nous sommes rencontrées en 2019, alors que j’effectuais un reportage sur les cures ayurvédiques. Entre-temps, elle est devenue professeure de Qoya, discipline née aux États-Unis en 2009 (voir encadré).

Le principe est de réveiller notre nature profonde et de l’exprimer grâce à des mouvements inspirés du yoga et de la danse libre, m’avait-elle expliqué une fois. Intriguée, j’avais fait une petite recherche sur internet. Sur le site officiel de Qoya France, j’avais lu ceci : « Il n’y a qu’un niveau, celui où l’on a un corps et où l’on est prête à le bouger en suivant ses sensations. »

Tout ça m’avait laissée un peu perplexe, mais pourquoi pas le tenter… un jour ? L’occasion s’est présentée au mois d’août dernier. Anne-Céline allait animer une série d’ateliers Qoya à la Maison RoseUp de Paris : « Viens essayer, tu verras ! » Je suis donc allée voir. Un jeudi après-midi, je pousse la porte de cette maison située tout près de la gare de Lyon et ouverte aux femmes touchées par un cancer (quel qu’il soit). Neuf femmes inscrites et moi, nous serons donc dix participantes. Sur les conseils d’Anne-Céline, j’ai opté pour une tenue décontractée qui n’entrave pas mes mouvements.

Faire confiance

Elle a installé pour nous des tapis de sol en étoile autour d’une sorte d’autel où s’agrègent des coquillages, des bougies et des cartes d’oracle. Une fois débarrassée de ses chaussures, chacune s’assied sur un tapis. Les présentations faites, notre professeure nous explique que la séance sera guidée par une thématique : faire confiance. Ça, ça me parle. La confiance, particulièrement en moi, n’est pas mon fort ! À chacune d’entre nous de s’approprier ce thème, et d’explorer les sensations qu’il peut produire en nous. OK. Je ne demande qu’à être surprise !

Pour commencer, Anne-Céline invite chacune d’entre nous à tirer une des cartes d’oracle déployées devant nous. Et, une fois qu’on en a pris connaissance, de nous tourner vers notre voisine de gauche – ou de droite – pour partager ce que cette carte nous évoque. La mienne me conseille de canaliser mes pensées. Ça aussi, ça me parle : j’ai en effet un peu de mal à stopper le petit vélo qui tourne dans ma tête. C’est ce que je dis à ma voisine de gauche. C’est vers cette jeune femme que je me suis spontanément tournée.

Elle s’appelle Camille, elle est en traitement pour un cancer du sein. Elle a tiré une carte évoquant l’amour. « Je n’ai pas de chéri. Et avec le cancer… Cette carte me donne de l’espoir pour la suite », lâche- t-elle dans un sourire candide. Je la trouve d’emblée sympathique et touchante, et c’est tant mieux, car elle sera mon binôme tout au long de l’atelier.

Libérer sa féminité

Après ce petit moment intime, nous voilà toutes debout à enchaîner des mouvements de bras sur la chanson Imagine de John Lennon. À l’inspiration, on les monte haut vers le ciel, et à l’expiration on les laisse retomber. Sans se soucier d’être en rythme, mais tout en se répétant intérieurement ce mantra : « Aujourd’hui, je danse pour… »

L’idée ici est de trouver l’intention personnelle que nous voulons donner à cette séance. Je ferme les yeux pour m’aider à me concentrer. Portée par la musique, je repense à ma carte, au thème du jour et, d’un coup, l’étincelle : « Aujourd’hui, je danse pour faire confiance à mon propre jugement ! »

Pour bien ancrer cette intention personnelle, notre professeure nous montre une série de mouvements appelée le yoga en prière. Rien de religieux et, côté yoga, rien de difficile : il s’agit juste de partir de la basique posture du guerrier (en fente) avant de se redresser et de dessiner une grande arabesque avec ses bras comme si on voulait accueillir un cadeau du ciel. À exécuter en se fixant sur son intention. Cet exercice, on va le répéter ensuite en miroir avec son binôme. Cette séquence va servir à soutenir l’intention de l’autre.

C’est donc le moment de la partager. Aucune obligation, nous dit Anne-Céline, mais tout le monde joue le jeu. Je découvre ainsi que Camille a décidé de danser pour faire confiance à l’amour. Logique. Une nouvelle chanson démarre. Plus je répète l’enchaînement, plus mes mouvements deviennent fluides. C’est agréable. Après quelques minutes, je me tourne vers Camille et elle vers moi. Je sens que chacune met tout son cœur dans cet exercice de soutien mutuel à nos intentions. Quand, soudain, la musique s’arrête. Nos regards expriment de la gratitude. Je me sens heureuse, comme après avoir fait une BA.

Osmose et lâcher-prise

Il nous faut maintenant choisir un mot qui exprime ce que nous ressentons quand nous n’arrivons pas à faire confiance. Pour moi, c’est doute.

Je vais devoir en faire mon partenaire pour la séquence qui suit, appelée danse de l’ombre. Je dois visualiser ce doute comme si c’était quelqu’un se tenant au bout de mon tapis, et avec lequel il va me falloir danser. Respire de Gaël Faye commence, et – je ne sais pas pourquoi – ma gorge se serre

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© Yves Bottalico

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Je suis surprise de constater que ce « partenaire » me pétrifie. Je prends une grande inspiration et fais un pas en avant, puis deux, mais c’est laborieux, inconfortable. La fin de la chanson arrive, des larmes ont coulé sur mes joues. Le silence qui règne dans la salle me laisse à penser que les autres participantes sont tout aussi chamboulées que moi.

Un bien fou

Anne-Céline nous sort de notre torpeur en nous invitant à nous secouer. Une main, puis l’autre, puis c’est tout le corps qui remue librement. Quand il est question enfin de trouver la sensation que l’on ressent quand on fait totalement confiance, c’est clair pour moi : le lâcher-prise. Ce sera mon dernier partenaire de danse et je l’enlace volontiers celui-là !

Pendant une heure et demie, je suis passée par toutes sortes d’états: la curiosité, la gêne, le malaise même, mais aussi l’osmose avec ces femmes, la joie, et maintenant je danse sans honte de mes mouvements chaotiques. Moi la sceptique, je danse libérée de mes résistances, de mes tensions. Et je me souviens d’avoir lu cette phrase : « En Qoya, il n’y a qu’un moyen de savoir que l’on fait bien du Qoya, c’est que ça nous fait du bien. »

Je crois m’en être super bien sortie : ça m’a fait un bien fou !

D’OÙ VIENS-TU QOYA ?

Américaine, ancienne prof de danse et de yoga ayant étudié le chamanisme des Qero’s, un peuple du Pérou, Rochelle Schieck crée le Qoya (nom des reines incas) en 2009. Axée sur le ressenti et non la performance, cette discipline hybride peut être pratiquée aussi bien par des enfants que par des personnes âgées ou malades. Une séance dure une heure trente, où on enchaîne des séquences de danse sur différentes thématiques associées à leur musique. En France, on compte aujourd’hui quelque 40 professeurs certifiés.

Retrouvez cet article et ses infographies dans Rose Magazine numéro 25.


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Emilie Groyer

Docteur en biologie, journaliste scientifique et rédactrice en chef du site web de Rose magazine

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