Vous l’aurez sans doute remarqué sur vos relevés de remboursement de soins de l’Assurance Maladie : une petite partie de vos dépenses reste toujours à votre charge. Un euro sur une boîte de médicaments, 4 € pour un transport sanitaire, ou encore 2 € pour une consultation chez le médecin ; ces retenues portent un nom : les franchises médicales et la participation forfaitaire (voir encadré pour plus de détails).
Ce reste-à-charge est (heureusement) limité : 50 € par an pour la franchise médicale. Idem pour la participation. Mais plus pour très longtemps. À compter du 1er octobre 2026, ces plafonds seront relevés à 70 € par an. C’est ce que vient d’acter un décret publié le 11 septembre 2026.
FRANCHISE ET PARTICIPATION
Késako ? Il s’agit de sommes fixes déduites de vos remboursements, qui restent à votre charge :
- La franchise médicale :
- boîte de médicaments : 1€ ;
- acte paramédical (infirmier, kinésithérapeute) : 1€ ;
- transport sanitaire : 4 €.
- La participation forfaitaire :
- consultation chez le médecin : 2 € ;
- examen de radiologie : 2 € ;
- analyse de biologie médicale : 2 €.
Qui est exonéré ? Les mineurs de moins de 18 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), les bénéficiaires de l’Aide médicale de l’État (AME), les femmes enceintes (pour les soins de maternité), ainsi que les invalides de guerre et victimes d’actes de terrorisme.
Et pour les personnes en ALD ? Les personnes en Affection de Longue Durée (ALD) ne sont pas exonérées et doivent s’acquitter des franchises et de la participation.
Un projet de doublement évité grâce aux associations
Pour rappel, l’exécutif envisageait au départ une mesure bien plus sévère : un doublement des plafonds, de 50 € à 100 €. Les arguments avancés : absorber le déficit de la Sécurité sociale estimé à 20 milliards d’euros pour 2026 et actualiser des plafonds bloqués depuis 2005.
Devant la vive opposition des associations de patients, des professionnels de santé mais aussi du conseil de la caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), le gouvernement a finalement revu sa copie pour privilégier une « correction fondée sur le coût de la vie ».
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Un plafond indexé sur l’inflation
Le gouvernement a donc fait un pas de recul en fixant les nouveaux plafonds à 70 € pour chacun des dispositifs.
Ces montants ne sont toutefois valables que pour 2026 et 2027. Les plafonds seront ensuite réévalués au début de chaque année pour s’ajuster à l’inflation. Selon le ministère de la Santé, cette hausse représente un surcoût moyen de 24 € par an pour les personnes souffrant d’une ALD.
LE RÉHAUSSEMENT DES PLAFONDS EN PRATIQUE
Pour comprendre concrètement ce que ce relèvement des plafonds implique. Prenons l’exemple de dépenses d’un patient atteint d’un cancer pendant un an.
| Frais de santé (sur un an) | Reste à charge appliqué par acte | Reste à charge total théorique | Reste à charge réel jusqu’au 30/09/2026 |
Reste à charge réel à partir du 01/10/2026 |
|---|---|---|---|---|
| • 65 boîtes de médicaments (hormonothérapie, anti-nauséeux, anti-inflammatoires…) • 10 transports sanitaires (pour se rendre à l’hôpital pour des séances de chimiothérapie, radiothérapie…) |
Franchise : • 1 € / boîte • 4 € / transport |
105 € (65 x 1 € + 10 x 4 €) |
Plafonné à 50 € | Plafonné à 70 € |
| • 30 consultations ou examens (oncologue, PET-Scan, scanner, analyse de sang…) |
Participation forfaitaire : • 2 € / acte ou consultation |
60 € (30 × 2 €) |
Plafonné à 50 € | 60 € (sous le plafond de 70 €) |
| TOTAL ANNUEL RESTANT À CHARGE | 165 € | 100 € (50 € + 50 €) |
130 € (70 € + 60 €) |
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