On m’a diagnostiqué en novembre 2020 un cancer du rein, devenu métastatique en quelques mois. Secouée psychologiquement et physiquement, j’ai trouvé dans l’aquagym un sas de décompression. J’ai donc souscrit un abonnement à la piscine près de chez moi.
Un jour, dans le hall, je remarque des affiches placardées partout pour soutenir Octobre rose. À cette occasion, le club propose une remise sur l’achat d’un premier abonnement pour toute personne souscrivant durant cette période. Toutefois, rien n’est précisé concernant un quelconque soutien à une association de patientes ou à une fondation pour la recherche sur le cancer.
Il n’y a aucun doute sur l’intention : ce n’est qu’une action marketing et commerciale pour récupérer de nouveaux clients ! D’ailleurs, quand j’ai demandé s’il était possible de me rembourser – ou au moins de récupérer – les séances que j’avais manquées à cause de mes traitements, le club n’a rien voulu savoir. On m’a même dit que si tous les malades faisaient comme moi, on ne s’en sortirait pas !
Le même parcours, les mêmes galères
À la même époque, je suis sollicitée pour être ambassadrice de La Joséphine, une course et marche solidaire 100 % féminine, organisée chaque année par la Ligue contre le cancer à La Roche-sur-Yon (Vendée), dans le cadre d’Octobre rose. Le message est évidemment axé sur le cancer du sein. Comme, moi, c’est le rein, j’hésite, ne me sentant pas vraiment légitime.
Finalement, j’accepte. Après tout, quand on franchit les portes d’un service d’oncologie, on a tous sensiblement les mêmes parcours, les mêmes galères. Cet événement reste quand même essentiel pour informer sur le dépistage et pour faire avancer la recherche. Et on a tous intérêt à ce qu’elle avance !
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Propos recueillis par Sandra Karas
Emmanuelle Roger est l’auteure d’un livre sur son parcours : Chapeau, autoédité, 20 euros. Disponible sur Amazon.
Retrouvez cet article en intégralité dans Rose magazine n°29