En novembre 2020, j’attrape le Covid-19, ça traîne, on me donne des antibios. Je fais des radios, des scanners, et on observe une masse. Les médecins me disent que l’infection a dégénéré en pneumonie.
Je leur dis que je fume un paquet et demi de cigarettes par jour depuis l’âge de 15 ans. Ça ne les interpelle pas. Les soignants me rassurent : vous n’avez pas perdu de poids, vous ne crachez pas de sang, vos analyses sont bonnes, ne vous en faites pas !
Pour les médecins, comme dans l’imaginaire collectif, le cancer du poumon, ce n’est pas à 42 ans. C’est Johnny, c’est Florent Pagny, des hommes de plus de 60 ans… Je suis sous antibiotiques pendant six mois, par intraveineuse à la fin, mais ça ne passe pas.

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Une angoisse de mort m’envahit…
Je vois enfin une pneumologue, qui me fait faire plusieurs scanners (dont un TEP-scan). Elle ne détecte rien, à part une pneumonie.
C’est un moment terrible pour moi, j’ai l’impression d’être en danger et que personne ne m’entend. Une angoisse de mort m’envahit… Dès que je vois ma fille, je pleure de façon totalement irrationnelle.
Cette période est pire que les traitements qui suivront, parce que je me dis alors que je vais mourir sans avoir pu être soignée.
Le 24 décembre 2020, je ne peux pas me lever tant j’ai mal dans le dos et dans les côtes. Alors j’insiste encore, je supplie au téléphone pour avoir un rendez-vous avec un nouveau pneumologue. Après six mois d’errance médicale, j’obtiens enfin que l’on me fasse une fibroscopie.
L’annonce du cancer après 6 mois d’errance
Là, on m’annonce que j’ai un cancer du poumon. La tumeur fait 7 cm. On m’opère et on me retire la moitié du poumon gauche, puis je fais une chimio. Par chance, les ganglions sont indemnes. C’est dur, mais au moins je suis prise en charge.
Aujourd’hui, on me surveille comme le lait sur le feu ! Dès que j’éternue j’ai trois soignants autour de moi et on me prescrit quarante examens !
Ça fait presque quatre ans maintenant, et je vais bien. Je veux porter un message d’espoir : on peut s’en sortir, même avec un cancer du poumon. Je veux que ça se sache pour que les gens aillent se faire dépister, notamment les femmes.
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Propos recueillis par Cécile Blaize et Laure Marsecaux
Retrouvez cet article dans Rose magazine n°28