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De l’hôpital à la galerie d’art

{{ config.mag.article.published }} 9 septembre 2019

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Edwige, malade de cancer du sein en proie à une seconde récidive, découvre par hasard l'art-thérapie. Qui change sa vie. Elle se met à peindre avec frénésie " pour elle". Ses oeuvres séduisent une galeriste. Elle expose cet automne ses oeuvres à Paris.

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Parfois le cancer fait prendre à nos vies des directions inattendues. Ou une direction dont on rêvait depuis longtemps, sans jamais oser franchir le pas.

C’est l’aventure d’Edwige. Cette graphiste de profession aime l’art. De sa sensibilité, de son sens du geste et de la ligne elle a fait son métier, imaginant des identités visuelles de marque, créant des maquettes.

Confrontée à un cancer du sein triple négatif en 2017, elle récidive en 2018 puis en février 2019. Au milieu de ce parcours rythmé de souffrances, de chimios, d’analyses, d’espoirs déçus, elle se retrouve un peu par hasard à participer à un cours d’art-thérapie à l’Institut Rafaël. Une initiation qui ne devait durer que quelques minutes se poursuit une heure et demie durant. Un coup de foudre !

« Je peignais avec frénésie »

« Cette séance d’art-thérapie a été pour moi un déclic. Je suis rentrée chez moi et je me suis dit que j’allais tout de suite acheter de la peinture. Et sans me poser plus de question je m’y suis mise… » Nous sommes en début avril et Edwige vient d’apprendre qu’elle récidive pour la deuxième fois. Ce geste de peindre devient alors un élan vital. Une nécessité. Comme si tous les interdits, la digue absurde des conventions et des limites qu’on se pose, cédait d’un coup.

« Je peignais tous les jours. Avec frénésie. Au début, c’était assez noir. Puis sont apparues des couleurs. Je ne réfléchissais pas – mon bras retraçait mon état d’esprit, sans filtre. Je ne pensais à rien d’autre. Je travaillais au couteau, sur papier, puis je me suis mis à la toile». Un carburant de vie d’autant plus nécessaire qu’Edwige traverse « un lourd parcours toxique. Parfois je rentrais chez moi après les traitements avec l’énergie d’une mamie de 90 ans. Et pourtant je gardais tellement d’énergie dans la main. Je m’étonnais moi-même».

Edwige ne pense ni à vendre, ni à exposer. Elle montre cependant sa large production (plus de 150 œuvres) à des amis. Qui sont séduits. Une amie artiste-peintre lui conseille d’exposer ; quelques mises en relations et recherches plus tard et son travail séduit une galerie parisienne. Qui lui propose de l’exposer. « C’est hallucinant ! Quelques mois après avoir commencé j’expose déjà ».

Pour voir les œuvres d’Edwige, rendez-vous à la Galerie Libres Est l’Art, 52 rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 Paris du 14 au 20 septembre 2019.

Pour voir son travail en ligne : facebook : abstr’ed. Instagram : abstr.ed

Céline Lis-Raoux


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