Face aux cancers, osons la vie !

Quand les résultats de l'auto-complétion sont disponibles, utilisez les flèches haut et bas pour évaluer entrer pour aller à la page désirée. Utilisateurs et utilisatrices d‘appareils tactiles, explorez en touchant ou par des gestes de balayage.

{{ config.search.suggestions }} soin de support soin de socio-esthétique perte de cheveux liée au cancer Rdv de socio-esthétique ongles fragilisés par le cancer perte de sourcils liée au cancer perte de cils liée au cancer maquillage des cils sport adapté au cancer détente et bien-être

Aide à mourir : une loi aux critères encore flous

{{ config.mag.article.published }} 29 mai 2025

{{ bookmarked ? config.sharing.bookmark.remove : config.sharing.bookmark.add }}
@Shutterstock

Votée ce mardi 27 mai 2025 à l'Assemblée nationale en première lecture, la loi relative au droit à l'aide à mourir marque un tournant majeur dans le débat sur la fin de vie. Quels sont les critères pour en bénéficier ? Comment cela se traduit-il pour les personnes touchées par un cancer ? Qui peut injecter la substance létale ? Le Dr Agnès Moura, médecin de soins palliatifs à l'Institut Curie, décrypte pour nous ce que prévoit le texte.

Pour bénéficier de l’aide à mourir, la personne qui en fait la demande doit respecter certains critères. Quels sont-ils ?

Dr Agnès Moura :  Elle doit répondre à 5 critères cumulatifs. Elle doit être majeure, être née ou résider en France. Elle doit être capable d’exprimer sa volonté.

Elle doit être atteinte d’une maladie grave et incurable, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou en phase terminale. Elle doit présenter « une souffrance physique ou psychologique constante », « qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne ». La souffrance psychologique seule ne permet toutefois pas de bénéficier de l’aide à mourir. (voir notre encadré « Bon à savoir » pour connaître les termes exacts de la loi)

Selon vous, ces critères sont-ils suffisamment précis, notamment pour des personnes touchées par un cancer ?

Cela reste assez flou. La phase avancée a été définie comme « l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie ». 

Toutes les maladies métastatiques entrent dans cette définition. Pourtant, ces pathologies englobent des situations très diverses.

Prenons l’exemple d’une femme atteinte d’un cancer du sein avec des métastases osseuses. Il s’agit bien d’une maladie incurable, irréversible, qui affecte sa qualité de vie. Pour autant, son espérance de vie peut être d’une dizaine d’années. Je ne crois pas que les législateurs aient eu en tête ce type de patient quand ils ont rédigé la loi.

Les critères sont donc très vastes.

Et qu’en est-il de l’évaluation de la souffrance ?

Là aussi, c’est assez flou. Tout d’abord parce que la souffrance est subjective, elle est donc impossible à quantifier par un tiers.

Ce qui me fait peur dans cette loi, c’est qu’on essaie de hiérarchiser la souffrance des gens sans critères objectifs. Dans les débats, les législateurs ont souvent fait mention de leur expérience ou conviction personnelles. Selon moi, cela ne permet pas d’avoir une vision claire et apaisée des choses.

Qui appréciera ces critères ?

Le médecin du patient. Il est le seul à décider si oui ou non le patient satisfait aux critères. En revanche, il doit prendre sa décision à l’issue d’une procédure collégiale durant laquelle il doit recueillir l’avis d’au moins un médecin et d’un auxiliaire de vie ou d’un aide-soignant.

C’est une procédure que l’on connait bien puisqu’elle existe depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016 sur le droit à la sédation profonde.

Justement, qu’est-ce qui distingue la sédation profonde de l’aide à mourir, telle que décrite dans cette loi  ?

Les critères d’éligibilité ne sont pas les mêmes. La sédation profonde et continue jusqu’à la mort prévoit que le pronostic vital de la personne soit engagé à court terme. Le « court terme », bien que sans définition précise, est souvent estimé comme allant de quelques jours à quelques semaines.

Dans la loi actuelle, il n’y a plus aucune notion de temporalité mais seulement une notion floue de gravité de la maladie avec  » la phase avancée ». Cela élargit donc considérablement les critères d’inclusion.

À mon avis, cela va conduire à l’abandon de la sédation profonde.

Vous le regretteriez si cela arrivait ?

De mon expérience, tous les patients prononcent un jour la phrase : « Moi, quand je n’en pourrai plus, je demanderai la piqure  » avant même que la loi n’ait été proposée. Mais cette notion de « ne plus en pouvoir » évolue. Au départ, cela peut être « quand je ne pourrai plus faire le tour du monde », ensuite ce sera « quand je ne pourrai plus conduire », et encore plus tard « quand je ne pourrai plus sortir de ma chambre »

Encore faut-il leur laisser le temps de s’adapter à la situation. Comme la sédation profonde ne peut être proposée qu’en dernier recours, nous disposions de ce temps. Quand la personne exprimait ce ras-le-bol, lui rappeler la possibilité d’une sédation profonde  pouvait suffire à calmer leur angoisse. Nous pouvions alors lui proposer des solutions pour soulager sa souffrance et lui permettre de faire ce pas de côté salutaire.

Avec l’aide à mourir vous craignez que ce dialogue avec le patient soit court-circuité ?

Oui d’autant plus que la loi prévoit un délit d’entrave assez sévère : « est puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir ». C’est un garde fou nécessaire mais je me demande si le fait que je dissuade mes patients de baisser les bras peut être considéré comme une entrave. Or pour moi, c’est du soutien !

J’ose espérer que nous n’en arriverons pas là avec nos patients car nous avons instauré une relation de confiance avec eux et que le dialogue est possible. Mais la loi prévoit également qu’une association de patients puisse se constituer partie civile. Dans ce cas, je ne sais pas si nous aurons le même échange.

Concernant le débat entre suicide assisté et euthanasie, où en est-on ?

Au départ, la loi prévoyait de laisser le choix au patient soit de s’administrer lui-même le produit létal – en d’autres termes d’opter pour le suicide assisté – soit de recourir à un tiers – c’est-à-dire à l’euthanasie.

Dans la dernière version de la loi, le patient peut demander à un médecin ou à une infirmière d’administrer le produit létal uniquement dans le cas où il est en incapacité physique de le faire.

Le texte doit être examiné par le Sénat avant la rentrée. Qu’attendez-vous des sénateurs ?

Plus de clarté ! Comme le disait Camus : « Mal nommer les choses, c’est contribuer au malheur du monde« . Les termes « euthanasie » et « suicide assisté » ne sont même pas mentionnés dans le texte de loi. Appelons un chat, un chat !

BON À SAVOIR : L’article 4 de la loi sur le droit à l’aide à mourir définit les conditions d’accès comme suit :

 1° Être âgée d’au moins dix-huit ans ; 

2° Être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France ; 

3° Être atteinte d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale

4° Présenter une souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsque celle-ci a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement. Une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir

 5° Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. 


{{ config.mag.team }}

Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

L’actu RoseUp

RoseUp lauréate du Prix des Héros 2026 du magazine Notre Temps

RoseUp reçoit le Prix des Héros 2026 au Salon des Seniors pour son engagement à informer, accompagner et défendre les femmes touchées par un cancer.

12 mars 2026

Vie sentimentale et sexualitéTémoignages

Amour toujours – « Le cancer n’a pas éteint le feu en elle »

TÉMOIGNAGE. Si le cancer fait voler certains couples en éclat, il révèle pour d'autres la force de leur lien. Une fois n'est pas coutume, nous avons donné la parole aux conjoints pour en témoigner. Carole nous raconte pourquoi le diagnostic du cancer de sa compagne, Agathe, n’a rien changé à l’amour qu’elle lui porte. Malgré la maladie, elle voit toujours en elle le tempérament de feu qui l’avait séduite dès le départ. Dans cette vidéo, Carole redéclare sa flamme à sa moitié.

L’actu RoseUp

33 coureurs et coureuses solidaires aux couleurs de RoseUp au semi-marathon de Paris

Le 8 mars 2026, à l’occasion du semi-marathon de Paris, 33 coureurs et coureuses ont participé à une course solidaire avec un dossard aux couleurs de RoseUp.

11 mars 2026

Lymphœdème {{ config.replay.label }}

Replay Webinaire médical – Tout savoir sur le lymphoedème

Depuis votre cancer, vous avez constaté que votre bras, ou votre jambe, a gonflé ? Vous souffrez peut-être d'un lymphœdème. C'est quoi ? Quelle en est la cause ? Comment le soigner ? Qui consulter ? Un expert et une femme touchée par cette maladie répondent à vos questions.

11 mars 2026

{{ config.event.all }}
Beauté

Rendez-vous avec une socio-esthéticienne

16 mars 2026 • 10h00 - 10h45

Durant cet atelier, Océane, socio-esthéticienne, vous proposera un échange ou un soin selon vos besoins : conseils sur le maquillage, sur les effets indésirables des traitements sur votre peau, vos cils, vos sourcils ou vos ongles ; ou encore sur votre routine bien-être pendant votre parcours de soins, un massage… Objectif de cet atelier : vous réconcilier avec votre corps et votre image et vous sentir sereine dans la gestion des effets secondaires. Informations pratiques : n’hésitez pas à apporter vos crèmes ou vos produits de maquillage lors de cette rencontre. Grâce à son œil expert, Océane pourra encore mieux vous aiguiller et vous dire si vos produits du quotidien sont toujours adaptés à votre peau. Les créneaux disponibles ne sont pas visibles, je vous invite donc à nous contacter par téléphone afin de convenir d'un créneau horaire qui vous convienne. Si vous n’êtes jamais venue à la Maison RoseUp Paris, avant toute inscription à un atelier merci de prendre rendez-vous auprès de notre équipe pour effectuer votre entretien de première rencontre. Objectif de cet atelier : vous réconcilier avec votre corps et votre image et vous sentir sereine dans la gestion des effets secondaires.

Cuisine et nutritionAtelier

Gérer son alimentation pendant les traitements (ETP)

16 mars 2026 • 10h00 - 11h00

Perte de poids, aphtes, difficulté à déglutir, troubles digestifs… Quelle alimentation faut-il privilégier pendant les traitements pour limiter ces effets secondaires ? Puis-je manger de tout ? Quels sont les aliments à éviter ? Autant de questions (et bien d'autres) auxquelles Marie, onco-diéteticienne, répondra. Cet atelier fait partie du programme d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) destiné aux femmes en traitement. Il a pour but d'aider le patient et son entourage à acquérir ou maintenir les compétences dont il aura besoin pour gérer au mieux son quotidien avec un cancer. Il comprend 4 ateliers répartis sur 4 mois abordant les thèmes suivants : - Découvrir et comprendre le rôle des soins de supports, animé par Laurent Mignot, médecin-oncologue - Et si l'activité physique adaptée devenait une thérapie ?, animé par Valérie, éducateur sportif - Prendre soin de soi après l'annonce, consultation en individuel avec Océane, socio-esthéticienne - Gérer son alimentation pendant les traitements, animé par Marie, diététicienne Avant de vous inscrire à cet atelier, nous vous demandons de nous contacter afin d'élaborer un bilan éducatif. Le programme d’Éducation Thérapeutique du Patient doit être suivi dans sa globalité.

Cancers métastatiquesTemps d'échange

Cancer métastatique -Temps d’échange avec une psychologue – La communication avec les soignants

16 mars 2026 • 10h00 - 11h30

Thème du jour : Les fêtes de fin d'année Nous vous invitons à partager sur la thématique du jour, en petit groupe, au cours d'un temps d'échange encadré par Hélène de La Ménardière, psychologue. Cet atelier est réservé aux femmes touchées par un cancer métastatique dans le cadre du programme Mon nouveau parcours. Ce dernier est constitué d'ateliers de soins de support autour de 3 thématiques : l'activité physique adaptée (2 fois par semaine, le lundi et le vendredi), la nutrition (1 fois par mois le lundi), et la rencontre d'Hélène de la Ménardière (1 fois par mois le lundi).

Beauté

Rendez-vous avec une socio-esthéticienne

16 mars 2026 • 10h45 - 11h30

Durant cet atelier, Océane, socio-esthéticienne, vous proposera un échange ou un soin selon vos besoins : conseils sur le maquillage, sur les effets indésirables des traitements sur votre peau, vos cils, vos sourcils ou vos ongles ; ou encore sur votre routine bien-être pendant votre parcours de soins, un massage… Objectif de cet atelier : vous réconcilier avec votre corps et votre image et vous sentir sereine dans la gestion des effets secondaires. Informations pratiques : n’hésitez pas à apporter vos crèmes ou vos produits de maquillage lors de cette rencontre. Grâce à son œil expert, Océane pourra encore mieux vous aiguiller et vous dire si vos produits du quotidien sont toujours adaptés à votre peau. Les créneaux disponibles ne sont pas visibles, je vous invite donc à nous contacter par téléphone afin de convenir d'un créneau horaire qui vous convienne.