Ces hommes qui nous trouvent sexy…

Séduisante, attirante, des mots qu’avec la maladie et les traitements vous pensez ne plus mériter. Erreur. Oui, telle que vous êtes, vous êtes toujours désirable. Parole d’hommes !

Votre homme vous trouve désirable malgré le cancer

En rémission aujourd’hui, Sandra est encore tout émue quand elle se rappelle la fois où, la découvrant sans sa perruque, Cédric lui a dit : « Tu es sublime. » Elle ne s’attendait pas à un compliment aussi fort et, pour elle alors en pleine chimiothérapie, tellement incongru : « Ça ne pouvait pas s’appliquer à la fille que je voyais dans la glace ! » Dix ans après son cancer, Krystel aussi reste bluffée par le regard que son petit copain de l’époque a porté sur elle au fil de son long parcours : « Je n’avais plus que la peau sur les os, le teint verdâtre et la boule à zéro. Franchement, j’étais à fuir ! Mais lui n’a jamais cessé de m’aimer, de me trouver désirable, de me le dire et de me le montrer. Être encore vue comme une femme a été hyperimportant, mais je ne m’explique toujours pas comment il pouvait avoir envie de moi. » Cette question, Estelle l’a carrément posée un soir à son compagnon, obtenant du tac au tac cette réponse, d’une franche et virile sobriété : « Tu me fais bander !» Mystère du désir masculin… Seul moyen de le décrypter : pousser dans leurs retranchements les principaux concernés.

Loïc, 41 ans, informaticien, marié depuis dix-huit ans

Loïc

Pendant quinze mois, j’ai vu Chrystelle souffrir, pour manger, bouger. Je l’ai vue refuser obstinément les conséquences du cancer et des traitements. Je l’ai regardée déployer des trésors d’énergie et d’ingéniosité pour paraître le plus en forme possible et coquette, malgré la métamorphose physique, et pour rester une amante, envers et contre tout. J’ai vu son incroyable capacité à transformer des moments difficiles en grands délires.

Comme cette fois où, pour rire de sa boule à zéro, elle s’est déguisée en M. Propre et m’a demandé de la prendre en photo bras croisés sur son T-shirt blanc, une boucle d’or à l’oreille et le sourire aux lèvres. Elle craignait mon regard, elle me l’avait avoué. Mais je ne voyais en elle que la beauté de son âme forte, la noblesse de son corps en lutte. Comment ne pas admirer une guerrière pareille ? Souvent, je me suis dit, avec orgueil et plaisir : « Cette femme, c’est mon épouse. »  Je ne pouvais pas ne pas l’aimer!

Cédric, 29 ans, informaticien, en couple depuis cinq ans

Cédric

J’ai été le premier, en dehors de sa famille, à avoir vu Sandra sans sa perruque. À l’époque, nous n’étions pas encore ensemble. J’étais un copain. Mais un copain sous le charme, et depuis longtemps. Au lycée, déjà, j’avais été séduit par sa classe, sa maturité, son côté fort et fragile à la fois. Mais elle sortait avec un de mes amis, alors pas touche. Puis on s’est perdus de vue. Quand on s’est retrouvés, elle était devenue maman, s’occupait seule de son fils et se battait contre un cancer. Avec ou sans cheveux, ça ne changeait rien, je la trouvais toujours aussi belle.

Quand elle s’est montrée crâne nu, je lui ai dit: « Tu es sublime« , parce que je le pensais. Elle a fondu en larmes. J’étais sûr que je pourrais être celui qui allait lui redonner confiance en elle et en sa féminité, restée intacte pour moi. Le désir se nourrit aussi de celui de l’autre. Son regard sur moi, sa douceur, cette façon qu’elle a de me serrer dans ses bras, comme si rien ne pouvait m’arriver, tout ça me fait toujours complètement craquer…

Stéphane, 40 ans, banquier, marié depuis douze ans

Stéphane

Le jour où on lui a retiré les pansements de sa mastectomie, Carole m’a appelé et m’a dit: « Tu vas voir, c’est les dents de la mer. » Déjà que j’appréhendais ce moment, là, je m’attendais au pire. Fine et délicate, j’ai trouvé sa cicatrice toute jolie. Adorable même. Depuis, Carole n’a pas souhaité faire de reconstruction. Pas grave, elle, moi et sa cicatrice vivons très bien ensemble. Je la caresse, l’embrasse autant que son autre sein, toujours là, toujours aussi sexy. Bien qu’étant un grand fan de sa poitrine, je ne l’ai pas épousée pour ça, mais pour tout ce qu’elle est, son intelligence, ses rondeurs, son petit nez, son caractère bien trempé.

Aimer, c’est un tout. Cette ablation n’a jamais altéré mon désir. J’ai toujours eu très envie d’elle, même si elle me disait qu’elle ne comprenait pas. Pour moi, c’était important de lui montrer qu’elle restait femme. Mes pulsions de « mâle primaire » me faisaient d’ailleurs culpabiliser. De quel droit, alors qu’elle traversait des moments parfois très délicats? Mais je crois aussi que cela la rassurait.

Gérard, 65 ans, consultant dans l’événementiel, marié depuis vingt-deux ans

Gérard

Ce qui me séduit chez ma femme ? C’est qu’elle est tout ce que je ne suis pas. D’abord, elle est ravissante, avec son petit air à la Jean Seberg. Et puis elle est optimiste, enthousiaste, délicieusement déraisonnable. Et fashion victim ! Sa chimiothérapie m’a coûté cher en foulards, robes et chaussures (rires). À ce moment là, pour elle, c’était encore plus important que d’habitude de rester élégante, attirante. Elle n’a jamais perdu sa confiance en elle. Et moi, j’étais fier de me promener dans la rue main dans la main avec une femme-femme. Dans l’intimité, la chimie est restée la même.

Mais j’ai dû reconsi­dérer mon tropisme pour ses seins. L’ablation ne m’a pas traumatisé. C’est le sein qui restait qui m’a posé problème. Je n’osais pas le toucher de peur de raviver, chez Catherine, le manque de l’autre. Depuis sa reconstruction, j’avoue que j’ai du mal avec sa nouvelle poitrine. Parce qu’elle est différente, pas naturelle. Évidemment, je sens qu’elle souffre de mon blocage imbécile. C’est à moi de le dépasser, et j’y travaille…