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Cancer du sein hormonodépendant, HER2+, triple négatif : c’est quoi la différence ?

{{ config.mag.article.published }} 5 avril 2023

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Il n'existe pas un mais des cancers du sein. Trois pour être précis. Qu'est-ce qui les distingue ? On fait le point.

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Les cancers du sein hormonodépendants, HER2 positifs et les triple négatifs se distinguent par :

Les biomarqueurs

On classe les cancers du sein en fonction de biomarqueurs – des protéines présentes à la surface des cellules tumorales – pour lesquels on dispose de traitements. Il existe actuellement 3 principaux biomarqueurs pour caractériser une tumeur du sein :

– les récepteurs aux hormones sexuelles féminines : l’œstrogène et la progestérone,

– le HER2: un récepteur à un facteur de croissance impliqué la prolifération cellulaire.

Ainsi, les cancers du sein qui ne présentent à leur surface que des récepteurs aux hormones sexuelles sont dits hormonodépendants ou hormonosensibles. On parle aussi de cancers du sein RH positifs.

Les cancers du sein qui présentent à leur surface beaucoup de récepteurs HER2 sont dits HER2 positifs. Ils peuvent être RH positifs ou RH négatifs.

Les cancers du sein triple négatifs, comme leur nom l’indique, n’ont aucun de ces 3 biomarqueurs (récepteurs aux oestrogènes, récepteurs à la progestérone et HER2).

Depuis peu, on parle également de cancers du sein HER2 low, c’est-à-dire qui expriment faiblement le biomarqueur HER2. Il ne s’agit pas d’un nouveau sous-type de cancer du sein en tant que tel mais plutôt d’une subdivision puisqu’une partie des cancers hormonodépendants et des cancers triple négatifs sont HER2 low.

La répartition

Le cancer du sein hormonodépendant est le cancer du sein le plus fréquent puisqu’il représente 70% des cas. Les cancers du sein HER2 positif et triple négatif représentent chacun 15% des cas.

L’âge de survenue

L’âge médian de survenue d’un cancer du sein est de 63 ans, tout sous-type confondu. Le cancer du sein triple négatif touche en moyenne des femmes plus jeunes, autour de 53 ans.

Prédisposition génétique

Certaines mutations génétiques, héritées de notre mère ou de notre père, augmentent le risque de survenue d’un cancer du sein et ce, à un jeune âge (moins de 50 ans). Les mutations les plus connues sont celles touchant le gène BRCA : BRCA1 et BRCA2.

Comme on dispose de traitements dont l’efficacité dépend de la présence de cette mutation (voir plus bas), on la recherchera chez les femmes qui ont des risques importants d’en avoir hérité. Par exemple, si le cancer est survenu avant l’âge de 40 ans ou s’il est triple négatif. En effet, environ 60% des cancers du sein avec une mutation BRCA1 sont triple négatifs.

Les traitements

Il existe des traitements communs aux 3 sous-types de cancer du sein car leur efficacité ne dépend pas (ou peu) de la présence ou non de biomarqueurs. Schématiquement, il s’agit de la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie.

Mais il existe également des traitements plus spécifiques qui reposent sur la présence des 3 biomarqueurs précédemment cités.

Les cancers du sein hormonodépendants

Les cancers du sein hormonodépendants sont ainsi traités avec des hormonothérapies qui bloquent l’action des hormones. Il s’agit par exemple du tamoxifène (Nolvadex, Tamofen), du fulvestrant (Faslodex), du létrozole (Femara), du anastrozole (Arimidex) ou encore de l’exemestane (Aromasine).

Les cancers du sein HER2 positifs

Les cancers du sein HER2 positifs  sont traités avec des thérapies ciblées qui bloquent le HER2, comme le trastuzumab (Herceptin), le pertuzumab (Perjeta) ou le trastuzumab emtansine (Kadcyla).

Les cancers du sein triple négatifs

Il n’existe en revanche pas de traitement ciblé pour les cancers du sein triple négatifs puisqu’à l’heure actuelle aucun biomarqueur pouvant servir de cible à des traitements n’a été identifié à leur surface. Ce cancer peut toutefois se révéler sensible à l’immunothérapie, un traitement dont le but est de stimuler nos défenses immunitaires pour qu’elles éliminent par elles-même les cellules tumorales. Pour le vérifier, on recherchera d’autres types de biomarqueurs sur la tumeur ou les cellules immunitaires qui l’ont infiltrée, comme le PDL1.

Tous les cancers du sein

D’autres biomarqueurs peuvent également servir de cible, quel que soit le sous-type de cancer du sein. Ainsi :

– La présence d’une mutation dans le gène BRCA est une indication pour un traitement par inhibiteurs de PARP. On peut citer l’olaparib (Lynparza) et le talazoparib (Talzenna);

– Une faible expression de HER2 peut conduire à un traitement véhiculé par un anticorps capable de se fixer sur les cellules tumorales avec peu de HER2 à leur surface (Trastuzumab déruxtecan, Enhertu);

– Le récepteur Trop 2 est une cible du médicament Sacituzumab govitecan (Trodelvy).

Le risque de rechute métastatique

Les cancers du sein triple négatifs ont un risque plus important de rechute sous forme métastatique dans les années qui suivent le diagnostic. Ce risque devient quasiment nul après 5 ans.

Pour les cancers du sein hormonodépendants, le risque reste important même 15 ans après le diagnostic. Pour le réduire, les femmes touchées par ce sous-type de cancer se voient donc prescrire une hormonothérapie pendant 5 à 10 ans (la protection de ce traitement perdurant jusqu’à 5 ans après son arrêt).

Il est toutefois important de comprendre que le risque de rechute ne dépend pas uniquement des biomarqueurs présents à la surface des tumeurs. D’autres facteurs entrent en ligne de compte : l’âge de la patiente, la taille de la tumeur, l’envahissement ganglionnaire, le grade, le Ki67, … Il est donc difficile de donner un chiffre global tant ce risque varie d’une femme à l’autre.

Emilie Groyer

Merci au Pr Mahasti Saghatchian, oncologue médical spécialiste du cancer du sein à l’Hôpital Américain de Paris, pour son aide dans l’écriture de cet article.


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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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