Face aux cancers, osons la vie !



{{ config.search.suggestions }} soin de support Soin de socio-esthétique détente et bien-être perte de cheveux liée au cancer sport adapté au cancer ongles fragilisés par le cancer perte de sourcils liée au cancer maquillage des cils perte de cils liée au cancer rester féminine malgré le cancer

Le stress donne-t-il le cancer ?

{{ config.mag.article.published }} 28 juin 2018

{{ bookmarked ? config.sharing.bookmark.remove : config.sharing.bookmark.add }}

Pour de nombreux malades, c’est une quasi-certitude : un stress prolongé donne le cancer. Mais, du côté des scientifiques, les choses sont nettement moins tranchées. Enquête.

{{ config.mag.article.warning }}

« Mon cancer, c’est moi qui me le suis provoqué, affirme Isabelle. Avant, je vivais dans une angoisse permanente : je m’inquiétais pour mes enfants, pour mon mari, pour les uns et pour les autres… En 2006, ce cancer a été un signal d’alarme, j’en suis sûre. » Heidi, de son côté, considère qu’elle « vivait à 300 à l’heure : j’étais fière de pouvoir tout gérer. J’étais constamment sous pression mais je me disais “je me reposerai plus tard”. Je crois que c’est ce qui m’a rongée ». D’après une enquête coordonnée par l’Inpes et l’Inserm en 2005, 28 % des Français pensent que « subir le stress de la vie moderne » constitue un facteur cancérigène majeur. Et, pour 24 % des personnes interrogées, « avoir été fragilisé par des expériences douloureuses » favorise également le développement de la maladie.

Du côté des scientifiques, en revanche, rien n’est moins sûr. « Aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer qu’il existe un lien entre stress psychologique et cancer », martèle le Dr Stéphane Locret, directeur du collège scientifique de la Fondation Ramsay Générale de Santé. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir cherché : « De très nombreuses études prospectives ont été menées dans les pays scandinaves et anglophones. Sur ces dix dernières années, 51 % d’entre elles ont même spécialement cherché une relation de cause à effet entre le cancer du sein et le stress quotidien. Rien n’a été trouvé. » En avril 2009, par exemple, une revue scientifique a publié une gigantesque synthèse de 32 études antérieures, « Existe-t-il un lien entre un événement psychique et le risque de survenue d’un cancer ?1 ». Son verdict ? « Dans l’état actuel des connaissances, il paraît difficile de conclure à la responsabilité des événements stressants de la vie, d’un type de personnalité particulier ou d’une dépression dans l’apparition de certains cancers. »

“Pourquoi ça m’arrive ?”

Si aucune « preuve » n’existe, d’où vient alors cette certitude populaire selon laquelle le stress pourrait provoquer le cancer ? « Lorsque la maladie survient, les patients ont besoin d’identifier un coupable, ils ont besoin de comprendre “ce qui se passe” afin de mieux traverser cette épreuve ; c’est un réflexe parfaitement normal, explique le Dr Sylvie Dolbeault, psychiatre à l’institut Curie. Or, il faut bien comprendre que, dans la majorité des cas, la médecine est incapable d’expliquer “d’où vient” le cancer. Du coup, les questions des patients (“Pourquoi ça m’arrive ?” “Pourquoi à ce moment de ma vie particulièrement ?”) restent sans réponse et ces derniers se tournent donc vers la dimension psychique. Tout d’un coup, le cancer devient le reflet d’un stress ou d’un choc psychologique – ce qui est pratique, puisque ce sont deux facteurs sur lesquels on peut agir, ce qui donne donc l’impression de “reprendre le contrôle” sur une vie brutalement bouleversée. En consultation de psycho-oncologie, tout le travail consiste justement à transformer un “pourquoi ça m’arrive ?” en un “qu’est-ce que je peux faire pour aller mieux ?”. »

Sans compter que les chiffres eux-mêmes renforcent l’idée reçue. Selon ceux de Santé publique France, 78 % des cancers du sein sont diagnostiqués chez des femmes de 50 ans et plus. Or, avec l’âge, les chocs psychologiques deviennent plus fréquents : ainsi, les Françaises divorcent en moyenne vers l’âge de 42 ans, l’âge moyen de cessation d’activité professionnelle est de 60 ans pour les femmes et 30 % des Français environ subissent le deuil de l’un de leurs parents vers l’âge de 60 ans. Du coup, la tentation est grande d’associer le choc psychologique avec la survenue du cancer : en langage mathématique, on dit que l’âge constitue ici une « variable de confusion ». Mais, en réalité, si la causalité semble évidente, les deux événements ne sont pas liés… Une illusion d’optique statistique, en quelque sorte !

Le stress, un facteur cancérigène secondaire

Alors, aucun rapport avec la maladie, le stress ? Pas exactement. Car, s’il ne provoque (probablement) pas directement le cancer, il pourrait constituer un facteur cancérigène secondaire : « le stress chronique favorise les comportements à risque : le tabagisme, l’alcoolisme, les fringales sucrées et/ou salées… confirme le Dr. Stéphane Locret. Et eux auront un impact direct sur le risque de développer un cancer. » Un exemple : en entraînant la production d’une hormone particulière (le cortisol), le stress quotidien favorise l’accumulation des graisses, notamment au niveau de l’abdomen chez les femmes – sans oublier le grignotage lié à l’anxiété. L’indice de masse corporelle (IMC) augmente alors progressivement… tout comme le risque de développer un cancer – de l’œsophage, du pancréas, du sein ou de l’endomètre, en particulier.

Pire : chez les personnes atteintes du cancer, le stress pourrait aggraver les effets secondaires des traitements. Spécialiste des neurosciences au sein de l’Unité 1077 (INSERM, EPHE, UNICAEN) qui collabore avec le centre François Baclesse de Caen, le Dr. Joy Perrier nous explique : « le cortisol, cette “ hormone du stress ” produite au niveau des glandes surrénales, pourrait exacerber les effets secondaires liés à la chimiothérapie au niveau comportemental et structurel. » De manière très concrète, cela signifie qu’un stress vécu pendant la période du traitement peut amplifier d’éventuels troubles de la mémoire, de la planification et de l’apprentissage liés à la chimiothérapie. Ces patients risquent donc un temps de récupération cognitive plus long que la moyenne…

Mais ces explications sont loin de convaincre Isabelle : « je pense que le corps médical a tendance à écarter un peu rapidement l’hypothèse du stress générateur de cancer. Personnellement, je reste intimement convaincue que ce facteur a été crucial dans l’apparition de ma maladie. Et ce n’est pas parce que rien n’a été prouvé que l’éventualité doit être dénigrée… »

 

1. Revue d’épidémiologie et de santé publique, vol. 57 n° 2, 2009.


{{ config.mag.team }}

Apolline Henry

Journaliste, pigiste et rédactrice web pour Reworld Media

60:00

Atelier {{ config.replay.label }}

Replay Atelier réflexologie – Soulager son stress grâce à l’auto-massage du visage

La réflexologie est un soin issu de la médecine traditionnelle chinoise qui repose sur la stimulation de zones réflexes présentes sur le corps. En favorisant votre bien-être, ce soin peut vous aider à mieux supporter certains effets secondaires du cancer et des traitements. Maxime BANSARD, réflexologue, vous montre sur quels points appuyer selon l’effet recherché.

18 août 2023

73:00

Atelier {{ config.replay.label }}

Replay Atelier réflexologie – Gérer son stress avec la réflexologie palmaire

Vous êtes angoissé par votre cancer ? Stressé par les traitements et leurs effets secondaires ? Béatrice Raffard-Philibert, réflexologue, vous montre quelques points à stimuler à l'intérieur de votre paume pour retrouver un peu de sérénité.

18 août 2023

Facteurs de risque et préventionActualité

La pose de vernis semi-permanent pourrait-elle provoquer des cancers de la peau ?

Selon une étude in vitro, les lampes UV utilisées pour polymériser les vernis semi-permanents pourraient provoquer des cancers au niveau de la peau des mains.

24 juillet 2023

Angoisse et stressTémoignages

« C’est quoi votre objet fétiche ? » – Épisode 4 : pour Véronique c’est son boîtier Morphée

Au fil des traitements du cancer, ce petit appareil diffusant des programmes de relaxation lui est devenu indispensable. De jour comme de nuit.

{{ config.event.all }}

Bordeaux

TraitementsAtelier

ETP* pendant les traitements – Le rôle des soins support ?

20 mars 202414h00 - 15h00

Le Dr Ivan Krakowski, oncologue, vous présentera le rôle des soins supports et vous expliquera comment ils peuvent vous soulager durant les traitements.

Paris

Angoisse et stressAtelier

Chant & expression

24 mars 202417h30 - 18h30

Saviez-vous que le chant, comme le sport, libère des endorphines, les hormones du bonheur ? Venez profiter de cette bouffée de bien-être en venant pousser la chansonnette dans notre atelier. Au-delà de l'approche musicale, cet atelier vous apprendra à travailler votre respiration pour toujours plus de détente. Il pourra aussi vous aider à libérer les tensions et les émotions enfouies. Nul besoin de chanter comme une diva ou même juste, cet atelier est ouvert à toutes ! Sylvana Yustino Gavatorta, chanteuse et professeur de chant, animera vos ateliers de chant toutes les semaines. Et si vous voulez en savoir plus... Voici sa présentation :  https://youtu.be/pS3TSqPljyo

Bordeaux

Estime de soiAtelier

Cycle thématique Se réconcilier avec son corps-Sophrologie

18 mars 202411h15 - 12h15

Grâce à différents exercices de respiration, d'écoute des sensations corporelles et de visualisation, la sophrologie vous aide à traverser cette épreuve en vous apprenant à relâcher vos tensions, à expulser vos peurs et à accepter votre état d'être. Cette séance est animée en petit groupe par Anne Bérangère, sophrologue et ouvert aux pratiquantes et non-pratiquantes.

Bordeaux

Atelier

Tricot

26 mars 202413h30 - 15h00

Nous vous proposons de venir partager un moment créatif entre ladies, animé par Audrey, bénévole de l'association Au sein des femmes. Un fois par mois, elle vous proposera un atelier autour du tricot, ouvert à toutes, des débutantes aux plus confirmées. Une maille à l’endroit, une maille à l’envers… Pour déstresser, rien ne vaut le tricot. Venez découvrir les bienfaits de la tricothérapie avec notre intervenante Audrey !  Si vous n'êtes jamais venue à la Maison RoseUp Bordeaux, merci de prendre rendez-vous pour effectuer votre entretien de première rencontre auprès de notre équipe avant toute inscription à un atelier.