{{ config.search.label }}

Suggestions

soin de support beauté et cancer socio-esthétique onco-esthétique détente et bien-être perte de cheveux liée au cancer ongles fragiles perte de sourcils perte des cils sport adapté au cancer activité physique adaptée maquillage cancer du sein Angoisse et stress liés au cancer témoignage autour du cancer cancer métastatique traitement du cancer coiffure cheveux reflexologie plantaire apa emploi et cancer rose coaching emploi effets secondaires des traitements du cancer socio-coiffure nutrition sophrologie coronavirus réflexologie retour au travail après un cancer

{{ config.home }} > {{ config.mag.label }} > Article > Enquête > Le poids psychologique des essais cliniques

Le poids psychologique des essais cliniques

Les essais cliniques représentent souvent un formidable espoir pour les patients en impasse thérapeutique. Malheureusement, nombre d’entre eux devront en sortir en raison d’une reprogression de la maladie ou d’effets indésirables du traitement. Une exclusion dont les impacts psychologiques vont enfin être évalués.

Pile : le traitement. Face : le placébo. Ce « jeu » de hasard, tous les patients qui entrent dans un essai clinique y sont confrontés. Shumin en a fait l’expérience après la récidive de son cancer du sein triple négatif : « Mon oncologue m’a proposé d’intégrer une étude sur une nouvelle immunothérapie. J’étais tiraillée. J’avais l’impression que c’était ma dernière chance et en même temps, j’avais le sentiment d’être prise en otage. J’ai fini par accepter. » Il faut dire que les arguments de l’oncologue sont convaincants : « Il m’a dit qu’il s’agissait d’un essai de phase III. Le médicament avait donc déjà fait ses preuves. Et il m’a donné l’exemple d’une femme dont la tumeur avait fondu de manière spectaculaire. »

Une détresse psychologique

Les paroles du médecin avaient fait naître un espoir… vite anéanti. Shumin sera sortie de l’étude après 3 mois : sa tumeur avait grossi. Et elle n’est pas un cas isolé. En oncologie, la quasi totalité des patients inclus dans un essai clinique en sortiront à cause d’une reprogression de la maladie ou d’une toxicité du traitement.

 Shumin connaissait les risques. Mais cela n’enlève rien à son désarroi. «  On m’a laissé miroiter une chance de guérison et là, on me débarquait. J’avais l’impression d’avoir été utilisée, bernée. » Dernière lueur au bout du tunnel : l’espoir d’avoir reçu le placébo. « Je me disais que si l’immunothérapie était disponible dans un autre pays, il me restait une chance. » Mais la levée de l’anonymat ne peut se faire qu’une fois l’essai clinique clôturé… ce qui peut prendre plusieurs années. « J’étais en colère. L’oncologue m’avait dit que je pourrais savoir à ma sortie de l’étude, pas à la fin de l’essai. Et là, elle me disait que j’avais mal compris. Elle jouait sur les mots. C’était insupportable. »

Un personnel soignant désarmé

Une situation difficile à vivre aussi bien pour le malade que pour le personnel soignant. Surtout pour les infirmières, en première ligne. « Je me souviens d’une jeune mère de 2 enfants atteinte d’un cancer du sein très agressif. Elle avait déjà eu 9 lignes de chimiothérapie mais les traitements classiques ne fonctionnaient pas. Alors elle a été incluse dans l’essai clinique d’une nouvelle molécule. En 2 mois, sa tumeur a régressé. On était tous très contents et très optimistes pour la suite. Mais au bout de 4 mois, des nouvelles lésions sont apparues. On ne savait pas quoi faire, quoi dire et on n’avait pas d’autres traitements à lui proposer » explique Jessica Martinez, infirmière à l’Institut du cancer de Montpellier. Fatiguée d’être désemparée face à la détresse des malades, la soignante décide de faire bouger les lignes. Elle monte un programme d’accompagnement des patients inclus dans un essai clinique : l’étude VERTU.

Vers une meilleure prise en charge

La première étape de l’étude consistera à prouver scientifiquement ce que son expérience d’infirmière dans l’unité d’essais de phases précoces lui a montré : la souffrance psychologique des malades à leur sortie de l’étude. « Les patients qui entrent dans un essai clinique ont l’impression d’être privilégiés et mettent beaucoup d’espoir dans ces traitements qu’on leur dépeint souvent comme révolutionnaires. Alors quand la tentative échoue, ils sont désabusés. Beaucoup plus qu’après l’échec d’un traitement classique » explique l’infirmière. Pour ce faire, les patients devront remplir un questionnaire lors de leur inclusion et à leur sortie de l’étude pour évaluer leur qualité de vie, leur niveau de satisfaction vis-à-vis des soins et leur état d’anxiété.

« Si l’on parvient à démontrer que la détresse est réelle, nous réfléchirons dans un second temps à des protocoles pour améliorer la prise en charge des malades. Ca commencera certainement par une meilleure explication de ce qu’est un essai clinique. Les oncologues ont parfois tendance à insister sur le côté révolutionnaire du traitement testé en passant un peu sous silence les possibilités d’échecs. Peut-être faudrait-il aussi envisager une consultation infirmière spécifique. On peut enfin imaginer un suivi psychologique dès l’entrée dans l’essai. Jusqu’à présent, on fait appel aux oncopsychologues quand les patients en sortent mais c’est souvent trop tard, les malades sont en rejet total et refusent de se faire aider par des soignants qu’ils ne connaissent pas. »

L’étude n’en est qu’à ses débuts avec seulement 6 patients recrutés sur les 40 attendus mais l’initiative est déjà saluée par ses pairs et a reçu le Prix coup de cœur du jury Unicancer en 2018. Les premiers résultats sont attendus en 2021.

Emilie Groyer

INFO +

Les acteurs de la recherche, en partenariat avec le ministère de la Santé, ont développé un site internet consacré aux essais cliniques. À quoi correspondent les différentes phases ? Que se passe-t-il si le traitement n’est pas efficace ? Où trouver l’essai adapté à sa pathologie ? Le site « Notre recherche clinique » anticipe toutes les questions qu’on pourrait se poser et y répond de façon claire.

{{ config.newsletters.subscribe.email }}
{{ config.newsletters.subscribe.firstname }}
{{ config.newsletters.subscribe.lastname }}

{{ config.video.title }}


La boutique RoseUp


{{ config.mag.related }}

18 avril 2022

Enquête

Mon chirurgien est un robot !

1 juin 2021

Gérer les effets secondaires

Le cancer nous rend-il méchant ?

8 juillet 2019

Le cancer en France et ailleurs

Essais cliniques : la France tente de rattraper son retard

9 septembre 2022

Décryptage

Hormonothérapie : le vrai du faux

5 septembre 2022

Conseil

Bien gérer sa thérapie orale

25 juillet 2022

Chimiothérapie

Chimiothérapie : késako ?

RoseUp Association

Face aux cancers, osons la vie !

L'Association RoseUp est une association d'intérêt général fondée par des patients et des proches de patients. Elle informe, soutient les personnes touchées par le cancer et leurs proches, et défend leurs droits. L'association édite notamment un magazine semestriel gratuit, haut de gamme, destiné aux femmes malades de cancer : Rose Magazine.

L'Association a reçu du Ministère de la santé l'agrément national de représentation des usagers de santé auprès des instances publiques.

Face aux cancers, osons la vie !






© 2022 - RoseUp Association

{{ config.cookies.manage }}