Compter les cellules immunitaires pour prédire l’évolution du cancer

En regardant du côté du système immunitaire, Jérôme Galon a conçu un test capable de prédire la progression du cancer. Son "immunoscore" vient d'être récompensé par le Prix de l'Inventeur de l'Office européen des brevets.

Jerome Galon a remporté le Prix de l'inventeur de l'OEB pour son Immunoscore - roseup association

Jérôme Galon n’est pas oncologue mais immunologiste. Et c’est sans doute grâce à ce changement de point de vue qu’il est parvenu à poser un œil neuf sur le cancer. Il y a une dizaine d’années, alors que les cancérologues focalisaient leur attention sur la tumeur, le chercheur a eu l’idée brillante de regarder du côté du système immunitaire. Et si ce mécanisme de défense de notre organisme expliquait pourquoi le cancer se développe et se répand rapidement chez certaines personnes alors que chez d’autres, sa progression est plus lente ?

Pour vérifier cette hypothèse, le chercheur de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale a mobilisé ses collègues médecins et anatomopathologistes du monde entier pour qu’ils lui fournissent les biopsies de leurs malades. Au total, les échantillons de plus de 7 000 patients sont passés sous son microscope.

Jerome Galon a remporté le Prix de l'inventeur de l'OEB pour son Immunoscore - roseup association
Sur l’image, les cellules du système immunitaire apparaissent en marron. Un logiciel permet de les dénombrer automatiquement.

Jérôme Galon a ainsi pu vérifier sa théorie : plus les cellules du système immunitaire infiltrent la tumeur et la combattent, plus l’espérance de vie du patient est élevée. Cette corrélation lui a permis de concevoir un test, l’Immunoscore, que les oncologues utilisent pour anticiper l’évolution de la maladie et adapter le traitement en fonction. Une invention pour laquelle il a reçu hier le Prix de l’inventeur par l’Office européen des brevets.

L’immunoscore a prouvé son efficacité dans le cancer du colon. Il doit à présent la démontrer dans d’autres cancers. Il pourrait également servir à répondre à un enjeu majeur : prédire la réponse des patients aux immunothérapies qui s’avèrent encore inefficaces chez une majorité de malades.

Emilie Groyer