On sait depuis longtemps que l’activité physique adaptée (APA) contribue à réduire la fatigue et le stress. Dans le cancer du sein, des études ont même montré une corrélation entre sa pratique régulière et la diminution du risque de récidive et de décès. L’étude CHALLENGE va plus loin en démontrant pour la première fois ce bénéfice grâce à un essai clinique randomisé, le plus haut niveau de preuve en médecine.
Première étude randomisée sur l’APA
Cet essai clinique a inclus, dans 6 pays différents, 889 patients à haut risque de récidive, opérés d’un cancer du côlon et ayant fini leur chimiothérapie. Les participants ont été répartis en deux groupes :
- Le groupe témoin recevait une brochure l’incitant à une alimentation saine et à l’exercice physique.
- Le groupe expérimental bénéficiait pendant 3 ans d’un encadrement individuel par un professionnel de l’APA pour l’aider à intégrer à son quotidien au moins 2h30 d’exercice modéré par semaine (marche active, vélo, natation).
Des résultats sans précédent
Présentés lors du congrès international de l’ASCO (Chicago, États-Unis) en 2025 et publiés dans la foulée dans la prestigieuse revue New England Journal of Medicine, les résultats sont sans précédent. Grâce à l’APA :
- Le cancer revient moins souvent : les participants du groupe expérimental avaient 28 % de risques en moins de voir leur maladie revenir (ou de développer un nouveau cancer) par rapport au groupe qui lisait simplement les brochures. Après 5 ans, 80 % des “sportifs” étaient en rémission contre 74 % dans le groupe témoin.
- L’espérance de vie est prolongée : le risque de décès, toutes causes confondues, est réduit de 37 % chez les patients pratiquant une APA. Après 8 ans, dans le groupe “APA”, 9 patients sur 10 étaient toujours en vie, contre 8 sur 10 dans le groupe témoin.
L’APA, une pratique économique qui rend le pouvoir aux patients
Au-delà des chiffres, ce programme représente un réel levier d’empowerment pour les patients. “Cet essai clinique m’a permis de prendre le contrôle sur mon propre rétablissement, à mon propre rythme et à ma façon” témoigne Terri, participante de l’étude, dans une vidéo diffusée par la Société canadienne du cancer.
Pour le Dr Christopher Booth, qui a piloté l’étude au Canada, le parcours de soin se doit d’évoluer : « Après la chirurgie et la chimiothérapie, le patient devrait être adressé à un spécialiste de l’activité physique subventionné par l’État.” Une prise en charge qui selon lui représenterait une économie considérable en comparaison du prix des traitements si le patient venait à rechuter. “Nos systèmes de santé n’ont pas les moyens de s’en passer. »
BON À SAVOIR : Pour profiter d’activités physiques adaptées, encadrées par des professionnels, dans nos Maisons RoseUp et nous aider à obtenir le remboursement de l’APA pour tous, n’hésitez pas à adhérer à notre association !