Cancer et coronavirus : « Comment savoir si je suis en aplasie ? »

Le Pr Saghatchian, oncologue à Gustave Roussy et à l'hôpital américain, répond à vos questions sur le coronavirus. Aujourd'hui, elle nous explique comment s'y retrouver dans ses résultats d'analyse sanguine pour savoir si l'on se trouve en aplasie.

Vous êtes sous traitement et vous avez reçu vos analyses sanguines ? Vous aimeriez savoir si vos défenses immunitaires sont revenues à la normale mais vous êtes perdue parmi toutes ces lignes aux noms compliqués ? Le Pr Saghatchian vous explique comment vous y retrouver.

« Sur la prise de sang, il faut regarder la partie relative aux leucocytes. C’est toute la famille des globules blancs. Elle englobe les lymphocytes, les monocytes…

La ligne qu’il faut regarder plus particulièrement c’est celle des polynucléaires neutrophiles.

Si le chiffre est supérieur à 10 000, on considère que leur nombre est élevé. Cela peut révéler que votre système immunitaire est en train de lutter contre une infection. Mais cette augmentation peut aussi s’expliquer si vous avez reçu une injection de facteur de croissance. Ces injections sont en effet destinées à booster votre immunité.

Si le chiffre est inférieur à 1500, on considère que vous êtes en aplasie. Elle peut être causée par la chimiothérapie qui tue aussi ces cellules. En général, cela arrive 5 à 10 jours après la chimiothérapie. Il y a différents degrés d’aplasie.

Jusqu’à 1000, il y a très peu de risque d’infection et on ne prend pas de précautions particulières.

La zone de risque c’est quand on descend en dessous de 1000 car on devient plus vulnérable aux infections ou aux surinfection. Parce exemple, si vous attrapez une infection Covid, vous pouvez en plus avoir une surinfection bactérienne et développer une forme plus grave de la maladie.

À partir de 500, on est en aplasie profonde, il y a un très gros risque infectieux. Votre médecin pourra vous prescrire des injections de facteurs de croissance pour augmenter vos défenses immunitaires. »

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Propos recueillis par Emilie Groyer