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Le ganglion sentinelle, késako ?

{{ config.mag.article.published }} 23 avril 2015

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@MauroCarli/Shutterstock

Situé en première ligne après l'organe malade, ce ganglion est le précieux témoin d’une éventuelle extension du cancer. Explications.

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Répartis sur le trajet de la circulation lymphatique, les ganglions filtrent la lymphe. Présents un peu partout dans l’organisme, ils occupent donc une place stratégique qu’un urologue sud-américain a décidé d’exploiter dans les années 90. Son idée : analyser le ganglion le plus proche de la tumeur (si un relais ganglionnaire est situé près de l’organe touché) pour y détecter une éventuelle dissémination des cellules cancéreuses. Depuis, cette technique dite du ganglion sentinelle s’est généralisée aux cancers du sein en cas de tumeur unique inférieure ou égale à 30 mm, mais aussi aux cancers de la vulve et aux mélanomes. Dans le cas du cancer du sein, elle permet non seulement d’éviter les curages inutiles et de limiter les risques de lymphœdème, mais elle oriente aussi les médecins dans le choix des traitements.

Double repérage pour « marquer » le ganglion sentinelle

Pour identifier le ou les premiers ganglions filtrant la lymphe en provenance du sein malade (par exemple), les médecins ont à leur disposition deux produits, à injecter autour de l’aréole. Ces « marqueurs » migrent par les canaux lymphatiques du sein puis se concentrent dans les ganglions sentinelles axillaires. Administré la veille de l’intervention, le premier émet un rayonnement qui rend les ganglions sentinelles légèrement radioactifs. Deux heures après l’injection du produit, le médecin effectue une lymphoscintigraphie qui lui permet de visualiser le ganglion dans le creux axillaire. Au bloc, avant l’ablation de la tumeur, le chirurgien cherchera la « zone » radioactive avec sa sonde en s’aidant de cette image.

Ensuite, pour augmenter le taux de détection, il peut injecter un autre produit, dit bleu patenté, qui colore les ganglions sentinelles. Guidé par le colorant et la sonde de détection radioactive, le chirurgien peut ensuite inciser. Actuellement, les équipes entraînées n’ont plus besoin d’un double marquage et certaines d’entre elles ont abandonné le bleu du fait des (très faibles) risques de choc anaphylactique.

Moins de curage grâce à la technique du ganglion sentinelle

Après avoir retiré la tumeur, le chirurgien prélève 1 à 3 ganglions sentinelles (le nombre variant en fonction de différents critères, comme l’âge de la patiente) marqués par le traceur. Mais attention : « marqué » ne signifie pas « malade » ou « positif ». Il s’agit juste d’un marquage anatomique. Soit le chirurgien demande une analyse immédiate au laboratoire et attend les conclusions au bloc, soit il termine l’opération et ne revoit la patiente que trois semaines plus tard avec les résultats.

Si le ganglion sentinelle est négatif (80 % des cas), la malade en a fini avec la chirurgie. Elle sera orientée vers un traitement de radiothérapie, chimiothérapie ou hormonothérapie. Si l’analyse est en revanche positive, un curage axillaire (exérèse d’une dizaine de ganglions) pourra être envisagé (même si ce n’est plus forcément systématique).

Des nouveaux systèmes de localisation du ganglion sentinelle

Face à la prochaine pénurie de radioactivité (technétium) et au risque allergique – certes très faible – associé à l’utilisation du bleu patenté, les chercheurs ont développé deux nouvelles techniques de repérage des ganglions. La première, déjà très performante, consiste à injecter dans le mamelon un soluté riche en fer, localisable grâce à un détecteur magnétique. La seconde, efficace si le ganglion sentinelle n’est pas niché trop en profondeur, consiste à introduire sous la peau un produit détectable par fluorescence. Des essais sont en cours d’analyse.

Isabelle Blin

Merci au Dr Christine Tunon de Lara, chirurgien à l’Institut Bergonié, centre de lutte contre le cancer à Bordeaux.


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