Aurélie, 33 ans, sous Zoladex et Aromasine : « Je voudrais continuer le traitement plus longtemps »

L’hormonothérapie a prouvé son efficacité pour réduire les risques de récidives de cancers du sein hormonodépendants. Si elle est bien tolérée par certaines femmes, elle est responsable d’effets secondaires handicapants pour d’autres. Témoignage.

J’ai été diagnostiquée d’un cancer du sein à 29 ans. J’ai eu 8 cures de chimio, une tumorectomie et de la radiothérapie. On m’a parlé de l’hormonothérapie avant même la chimio. Je suis jeune et à haut risque de récidive, je ne pouvais pas y couper. On m’a mise sous Aromasine, un anti-aromatase, puis j’ai eu droit aux piqûres de Zoladex, un analogue de la LH-RH.

« J’avoue que je m’en sors bien »

L’oncologue m’avait alertée dès le début des effets secondaires : bouffées de chaleur, douleurs, sécheresse vaginale, baisse de la libido. Mais j’avoue que je m’en sors bien. J’ai eu un peu de bouffées de chaleur au tout début mais elles ont disparu au bout d’un mois. J’ai des douleurs articulaires. J’ai dû être opérée du canal carpien mais depuis ça va mieux. De temps en temps, j’ai une douleur qui revient, jamais au même endroit, mais rien d’insupportable. Si ça ne passe vraiment pas, je prends des anti-inflammatoires mais c’est rare. Je suis institutrice. Le midi, je fais du yoga avec les enfants et je fais 2 heures de sport par semaine. Ça aide je pense.

« Ça me fait un peu peur d’arrêter. C’est comme être remise en liberté sans protection »

Le gros soucis, c’est la vaginite atrophique. Je panique à l’idée d’un frottis. Même le lubrifiant me brûle. Quant aux rapports sexuels, c’est un peu une torture donc ils sont très très rares. Mais je peux m’en passer. De toute façon, ma lidibo est à – 10 000. Heureusement, j’ai la chance d’avoir un copain compréhensif.

J’ai commencé mon hormonothérapie en novembre 2015. Je dois la prendre 5 ans. J’ai demandé si je ne pouvais pas faire plus mais on m’a dit que ce n’était pas nécessaire. J’aurais bien aimé pourtant. J’avoue que ça me fait un peu peur d’arrêter. C’est comme être remise en liberté sans protection. La seule chose qui me fait réfléchir c’est mon envie d’être mère. Mais si après avoir eu un enfant, on me propose de reprendre une hormonothérapie, je ne dirais pas non.

Propos recueillis par Emilie Groyer

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