La vessie est composée de plusieurs couches. Les plus superficielles sont la muqueuse et le tissu conjonctif. La plus profonde, le muscle. Lorsque le cancer de la vessie infiltre le muscle, le traitement consiste à administrer avant la chirurgie (en néoadjuvant) une chimiothérapie à base de cis-platine, puis de retirer la vessie (on parle de cystectomie), et les ganglions pelviens.
Toutefois, environ la moitié des patients ne sont pas en mesure de recevoir de chimiothérapie à base de cis-platine, en raison de leur âge ou de leur état général, et se retrouvent donc sans traitement néoadjuvant.
Enfin une solution pour les patients non éligibles à la chimiothérapie néoadjuvante
L’étude Keynote-905 a cherché à savoir si ces patients pourraient bénéficier d’un double traitement. D’une part l’enfortumab vedotin (Padcev®), un ADC capable d’acheminer une chimiothérapie jusqu’au sein de la tumeur grâce à un anticorps ciblant nectine-4, une protéine exprimée à la surface des cellules cancéreuses. D’autre part, le pembrolizumab (Keytruda®), une immunothérapie ciblant le PDL-1 capable de réveiller le système immunitaire.

Cette association thérapeutique, administrée avant et après la chirurgie, a permis de réduire de moitié le risque de décès. Au moment de la chirurgie, la tumeur avait par ailleurs disparu chez près de 60% des patients traités, contre seulement 8% dans le bras contrôle.
Ces résultats sans précédent sont amenés à changer les pratiques. Ils soulèvent également la possibilité de se passer d’une cystectomie totale chez certains patients.
Des essais cliniques complémentaires sont nécessaires pour comprendre la contribution de chacun des traitements, le Padcev® et le Keytruda®, dans le bénéfice apporté.
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