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Mais qui est vraiment Suzette Delaloge, oncologue décorée de légion d’honneur ?

{{ config.mag.article.published }} 29 novembre 2019

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Photo : P.E. Rastoin

Cheffe du service de pathologie mammaire à l’institut Gustave-Roussy, cette cancérologue anticonventionnelle revendique sa sensibilité. Et le droit de soigner chacune de ses patientes comme sa sœur ou sa mère.

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Sensible

Ses yeux sont parfois noyés de larmes. « Il m’arrive de pleurer avec mes patientes. Parfois plus qu’elles. J’ai des relations humaines de grande proximité avec les femmes que je soigne. La souffrance, le désespoir, cela reste pour moi insupportable. » 

Matinale

«  Je me réveille à 5 h 30. Mon cerveau marche mieux le matin. J’ai plein d’idées sous la douche : je trouve des solutions scientifiques, je réévalue un traitement pour une patiente, j’imagine une nouvelle voie… Du coup, je peux passer pas mal de temps dans ma salle de bains !  »

Attentive

Suzette écoute beaucoup : « Toutes les histoires que me racontent mes patientes m’intéressent. Confrontées au cancer, elles vivent tout plus intensément. La maladie nous rapproche de l’essentiel. Le sens de la vie. Les priorités. Il est rare d’échanger des banalités avec un malade. » 

Acharnée

À Gustave-Roussy, où elle pratique comme cancérologue depuis vingt ans, c’est devenu un gag entre médecins : on entend Suzette frapper ses comptes rendus de l’autre côté du couloir tant elle y met d’énergie. Elle continue d’ailleurs souvent dans le RER – sous l’œil étonné des autres voyageurs. 

Distinguée

De la Légion d’honneur. Rarement aussi justement portée.

Flegmatique

Son coeur bat en moyenne à 45 battements/minute. « Je crois que j’ai des bêtabloquants naturels. Cela me permet de supporter des émotions fortes sans sourciller. On se prend tant de choses dans la tête : la souffrance, la peur, le refus. Je dois tout entendre, tout porter. Avec le temps, chez moi, l’empathie pour mes patientes ne fait que croître.

Disciplinée

Adepte de randonnée durant ses loisirs, elle marche environ 60 km par semaine pour se rendre à l’IGR chaque jour. Une respiration indispensable, l’occasion de réfléchir, au rythme de son pas.

Céline Lis-Raoux

Retrouvez cet article dans Rose Magazine (Numéro 17, p. 56)


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Emilie Groyer

Docteur en biologie, journaliste scientifique et rédactrice en chef du site web de Rose magazine

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