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RKS, le premier réseau des kinés spécialisés dans le cancer du sein

{{ config.mag.article.published }} 4 juin 2020

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@Orathai Mayoeh/Shutterstock

De nombreuses femmes souffrent des séquelles d'un cancer du sein. Des séquelles que la kinésithérapie pourrait soulager. Aujourd'hui, les kinésithérapeutes spécialisés s'organisent en réseau pour faire reconnaître leur utilité. Jocelyne Rolland, marraine du réseau, nous explique l'importance de cette belle initiative.

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Vous êtes la marraine du premier réseau des kinésithérapeutes spécialisés dans le cancer du sein. D’où vient cette idée ?

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Jocelyne Rolland : L’idée est venue d’une kinésithérapeute bordelaise, Dorothée Delecour, dont la majorité des patientes sont touchées par un cancer du sein. Elle a commencé par organiser des réunions avec des kinés du département et des radiologues, des chirurgiens, des oncologues… L’idée c’était de se réunir pour gagner en compétence. Puis, elle a créé en février le réseau des kinésithérapeutes du sein avec 3 autres consœurs et une patiente.

En quoi consiste le réseau RKS ?

Ce réseau regroupe des kinésithérapeutes qui peuvent justifier d’avoir suivi une formation spécifique dans le cancer du sein. Aujourd’hui, le réseau compte plus de 300 kinés. Le but est d’avoir au moins un référent par département. Pour le moment, nous en avons 42. Chaque référent est responsable d’assurer la formation continue des adhérents du réseau.

Le réseau kiné du sein regroupe des kinés spécialisés dans la prise en charge des femmes touchées par un cancer du sein - roseupassociation - rosemagazine

Il n’y a pas de formation à la sénologie pendant les études de kinésithérapeute ?

Si mais elle est très sommaire et se limite souvent au drainage lymphatique. Il y a encore beaucoup de kinés qui ne savent pas quoi faire quand on leur adresse une femme atteinte d’un cancer du sein. Ils font parfois des choses parfaitement inutiles comme drainer le membre supérieur alors qu’il n’y a pas de lymphoedème.

Il y a un autre aspect qui n’est pas abordé pendant notre formation initiale c’est l’aspect psychologique. Lorsqu’on est kiné, on reste en tête à tête avec nos patientes pendant au moins une demi-heure. Elles sont dénudées, une certaine intimité se crée. Ça libère la parole. Elles posent des questions. Être formé à la sénologie permet de connaître le cancer du sein de A à Z et de répondre à leurs interrogations. C’est ça aussi notre rôle.

Comment la kinésithérapie peut aider ces femmes ?

Les femmes ont tendance à « s’enrouler » autour de la zone lésée par la chirurgie. Comme pour la protéger. Elles n’osent pas non plus bouger par peur du gros bras. Résultat : leurs épaules s’enraidissent, leurs muscles sont contracturés. C’est un cercle vicieux parce que, du coup, elles n’ont plus envie de bouger. Or, on sait que l’activité physique est bénéfique, notamment pour éviter le gros bras.

La kiné va les aider à reprendre confiance dans leurs mouvements. On va travailler leur posture, leur montrer comment détendre leurs muscles, assouplir leurs cicatrices… Elles pourront ainsi bouger plus facilement. Moi je dis qu’on est là pour remettre les femmes sur pied et faire en sorte qu’elles reprennent une activité physique sans peur, sans douleur, sans blessures et sans démotivation.

Le but de ce réseau est aussi de mieux faire connaître votre spécialité…

En effet. Aujourd’hui encore, de nombreuses femmes ne se voient pas prescrire de séances de kinésithérapie et restent avec des séquelles qui leur empoisonnent la vie. Souvent parce que les médecins eux-mêmes ne savent pas exactement comment nous pouvons aider leurs patientes.

En invitant des oncologues, des chirurgiens… à nos réunions, nous espérons qu’ils reconnaitront notre utilité et qu’ils nous intègreront davantage au parcours de soin.

Ce réseau s’adresse principalement aux femmes touchées par un cancer du sein mais peut-il aussi être utile pour des femmes atteintes d’autres cancers ?

Tout à fait. Tous les principes qu’on apprend dans le cancer du sein sont transposables dans les autres cancers féminins. Il n’y a que la zone de faiblesse qui change. Dans les cancers pelviens par exemple, ce sera l’abdomen. Un kiné va donc apprendre à ces femmes à rééduquer leur sangle abdominale et à contracter le périnée.

Finalement la question qu’on nous pose est toujours la même : Quand puis-je reprendre l’activité physique ? La réponse est également la même : Quand vous saurez protéger votre zone lésée. Et ça passe par un apprentissage, une rééducation… avec un kiné !

INFOS PRATIQUES

Vous cherchez un kinésithérapeute spécialisé dans le cancer du sein ? Remplissez ce formulaire et le Réseau des Kinés du Sein vous répondra.

Le RKS a créé un fascicule regroupant 20 exercices de rééducation à réaliser à différents moments de votre parcours : à la sortie de l’hôpital, après la chirurgie, pendant la chimiothérapie ou la radiothérapie. À télécharger gratuitement ici.

Propos recueillis par Emilie Groyer


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Emilie Groyer

Rédactrice en chef du site web de Rose magazine. Titulaire d'un doctorat en biologie, Emilie a travaillé 10 ans dans le domaine des brevets en biotechnologie avant d'opérer une reconversion dans le journalisme. Elle intègre la rédaction de Rose magazine en 2018. Sa spécialité : vulgariser des sujets scientifiques pointus pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

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