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Ça m’énerve ! : « La résilience, c’est du sens et du soutien »

{{ config.mag.article.published }} 21 mai 2026

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© Claudia Amaral

Neuropsychiatre et écrivain, Boris Cyrulnik a introduit en France la notion de résilience dans les années 1990. S’appuyant sur les travaux du psychologue anglais John Bowlby, il en propose une approche pluridisciplinaire qui intègre des données biologiques, affectives, psychologiques, sociales et culturelles.

Commençons par donner une définition simple de la résilience : c’est la reprise d’un nouveau développement après un fracas traumatique. Le cancer peut en être un : il confronte à l’idée de sa mort. D’ailleurs, c’est la première chose à laquelle pense un patient quand on le lui annonce. C’est inévitable.

Dans la notion de résilience, il y a deux mots-clés : sens et soutien. Pour donner du sens au traumatisme, il faut déjà prendre conscience de ce qui arrive. Pour combattre le bouleversement qui surgit, pour ne pas sombrer, il est nécessaire d’avoir un projet et des soutiens : soutiens affectifs, mais également aide de la technologie, de la médecine et de l’État. Seul, vous n’avez pratiquement aucune chance de déclencher un processus de résilience.

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Bien s’entourer face au cancer

Ça commence déjà avant l’annonce du cancer. Est-ce que vous avez acquis des moyens de protection ou des facteurs de vulnérabilité ? La protection, c’est par exemple la stabilité familiale, un logement, de l’argent, un conjoint sécurisant ou des copains présents pour lutter contre la solitude.

L’aptitude à s’exprimer est importante, parce qu’elle permet de doser la parole selon ses besoins afin d’obtenir le soutien affectif souhaité. À l’inverse, quand on n’est pas soutenu, qu’on vit dans une certaine précarité sociale, et qu’il y a de nombreuses sources d’angoisse, cela favorise l’augmentation dans le sang des hormones du stress, qui finissent par rendre l’organisme vulnérable.

Il est fondamental de cultiver un quotidien agréable fait d’échanges pour empêcher la sécrétion de ces hormones. Le simple fait d’entourer la personne modifie ses métadonnées. Son traitement fonctionne mieux, et elle souffre moins si elle se sent en sécurité.

Faire du mieux qu’on peut, ce n’est déjà pas si mal. Et il faut combattre les injonctions. Personne ne peut dire à un blessé : « Soyez résilient ! » C’est une aberration.

Ne pas laisser seule une personne malade

Certains concepts scientifiques sont détournés de leur sens initial en passant dans le langage commun. Ils deviennent alors des mots-valises. Par exemple, on entend fréquemment l’expression : « c’est dans mon ADN », pour dire : « c’est dans ma nature ».

Parfois, ils sont détournés à des fins de marketing, pour faire vendre. J’ai ainsi vu dans une publicité appliquer le mot résilience à un matelas. Ce sont des métaphores et non plus des notions scientifiques. En soi, ce n’est pas très grave, puisque tous les mots dérivent. C’est ce qu’on nomme la polysémie. Le contexte donne le sens au mot.

Ce qui est insupportable, en revanche, c’est par exemple de dire à une personne : « Vous avez un cancer, vous êtes résilient, donc vous n’avez pas besoin de l’aide de l’État. » Là, c’est un dévoiement inacceptable, qui signe un abandon. Cela va à l’opposé du processus de résilience. Encore une fois, on ne laisse pas un blessé seul.

De même, il faut se méfier des coachs et charlatans qui utilisent la résilience comme appât pour se faire de l’argent sur le dos de gens en situation de grande vulnérabilité. Leur démarche n’est pas seulement contre-productive, elle est aussi criminelle.

UN CONCEPT EN DANGER

En 2024, Boris Cyrulnik a dirigé un ouvrage collectif : Les Deux Visages de la résilience (Odile Jacob éditions). Un manifeste qui dénonce la récupération par le néolibéralisme de ce concept, tout en lui redonnant sa substance originelle.

Par Boris Cyrulnik

Retrouvez cet article dans Rose magazine n°28, page 28


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La rédaction de Rose magazine

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