Une nouvelle étude valide l’intérêt de la signature OncotypeDX en France

Une nouvelle étude française confirme l'utilité clinique de la signature génomique OncotypeDX : la prise en compte de ce test permet de réduire de 36 % la prescription de chimiothérapies adjuvantes chez les femmes atteintes d'un cancer du sein de stade précoce. Des résultats qui contredisent le rapport de la HAS publié la veille.

ADN RoseUp Association Face aux cancers osons la vie

On regrette souvent l’inertie des autorités de santé à prendre des décisions qui pourraient améliorer la santé des patients. Cette fois, peut-être auraient-elles mieux fait d’attendre un peu avant de rendre leurs conclusions… Lundi, la HAS rendait son rapport sur les signatures génomiques et concluait qu’aucune des 4 signatures génomiques disponibles ne permettait d’aider les oncologues à décider si une chimiothérapie adjuvante serait bénéfique ou non à des patientes avec un cancer du sein de stade précoce (lire notre article « Cancer du sein précoce : la HAS ne reconnaît pas la pertinence des signatures génomiques »). L’un des arguments avancés par les experts du rapport était que « dans le contexte français », les signatures génomiques n’avaient aucune valeur ajoutée par rapport aux critères clinico-pathologiques (âge de la patiente, taille et agressivité de la tumeur…) utilisés traditionnellement pour prendre ce type de décision.

Aujourd’hui, les résultats de PONDx contredisent cet argument. Cette étude a analysé les données de 882 patientes avec un cancer du sein précoce, prises en charge dans 53 centres français entre octobre 2015 et juillet 2016, en condition de « vie réelle ». Les décisions d’avoir recours à une chimiothérapie adjuvante basées uniquement sur les critères clinico-pathologiques ont été comparées à celle prise en tenant compte des résultats du test OncotypeDX.

Une réduction de 36 % des prescriptions de chimiothérapies adjuvantes

« Les résultats montrent que 61% de ces patientes auxquelles une chimiothérapie avait été recommandée avant la réalisation du test ont pu éviter ce traitement grâce au résultat du test Oncotype DX®, de même que 13% d’entre elles qui avaient une indication initiale d’hormonothérapie seule ont nécessité l’ajout d’une chimiothérapie suite au test » explique Genomics Health, premier fournisseur mondial de tests de diagnostic basés sur la génomique et commanditaire de l’étude, dans son communiqué. En d’autre terme, le recours à la signature génomique OncotypeDX réduit de 36 % les prescriptions de chimiothérapie.

Contrairement à ce qu’avançait la HAS dans son rapport, la signature génomique OncotypeDX a donc bien une utilité clinique « dans le contexte français » puisqu’elle conduit à une modification de la décision thérapeutique.

Par ailleurs, on peut noter que le test Oncotype DX réduit de 29 % la prescription de chimiothérapie chez les femmes atteintes d’un cancer de grade 3 : une population que la HAS avait écarté d’emblée de son rapport, considérant que pour ces femmes, le bénéfice de la chimiothérapie ne faisait aucun doute.

Emilie Groyer