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Covid-19 : Pourquoi les services d’oncologie sont toujours impactés

Déprogrammation, report de soins, délai dans la prise en charge des patients. On se croirait de retour en 2020. C’est pourtant bien le quotidien actuel en oncologie. Deux ans après le début de la pandémie, les services, pourtant sanctuarisés face au Covid, n’ont toujours pas repris leur activité normale. La crise sanitaire n’est pas la seule fautive. Loin de là. Décryptage.

Le manque de soignants. Voilà la première cause de la désorganisation dans les établissements de santé. C’est ce qu’a révélé l’enquête Flash du conseil scientifique présidé par le Pr Delfraissy. Une problématique qui touche tous les hôpitaux, tous les services. L’oncologie ne fait pas exception. L’Ile-de-France est particulièrement impactée. On estime que 20 000 infirmières manquent à l’appel dans la région.

Hémorragie en Ile-de-France

« C’est compliqué de vivre en région parisienne quand on est infirmière, reconnaît Xavier Troussard, président de la commission Cancer de la Fédération Hospitalière de France (FHF). Les loyers sont très chers et les salaires, pas à la hauteur. » Comme pour beaucoup de Français, la crise sanitaire les a incitées à revoir leur priorité. Et elles ont fait le choix de la qualité de vie en changeant de métier, ou en partant en province ou dans le privé pour l’exercer dans de meilleures conditions.

Les infirmières ne sont pas les seules à manquer. La pénurie touche également les manipulateurs radio, les préparateurs en pharmacie… « En radiothérapie, j’ai 30% de postes vacants » se désole le Pr Hennequin, chef de service oncologie-radiothérapie de l’hôpital Saint Louis (Paris). Conséquence : faute de personnel, les machines s’arrêtent à 16h30 au lieu de tourner jusqu’à 19h30. « Ces professions intermédiaires sont les chevilles ouvrières de l’hôpital. Sans elles, tout s’arrête » confirme l’oncologue.

Branle-bas de combat dans les services

Par combler le vide, les services d’oncologie font appel à des intérimaires et doivent faire face aux aléas inhérents à ce type de contrat. Moins impliquées et sollicitées par ailleurs pour des missions mieux rémunérées, ces infirmières temporaires annulent parfois leur venue à la dernière minute. C’est alors le branle-bas de combat dans les services. Les infirmières présentes sont réaffectées en urgence pour assurer la continuité des soins dont le report impacterait le pronostic vital des patients. Une réorganisation stressante qui conduit certains soignants à jeter l’éponge. Par épuisement mais également en raison d’un sentiment de perte de sens.

« En radiothérapie, j’ai 30% de postes vacants »

Quant aux patients, ceux dont les soins sont considérés comme « non-urgents » peuvent être avertis, parfois la veille pour le lendemain, que leur intervention est reportée. Les femmes en font particulièrement les frais : ces chirurgies qui « peuvent attendre » sont pour la plupart des mastectomies préventives ou des reconstructions mammaires.

Malgré tout, les services d’oncologie tiennent bon. Le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’ensemble hospitalier de l’Institut Curie, se veut rassurant : « En oncologie, on se doit de réguler notre activité pour ne pas mettre les gens en danger. Et quand on est contraint de reporter, on ne le fait pas sine die. On s’adapte pour trouver des solutions ». Des trésors d’ingéniosité sont déployés pour reprogrammer au plus vite : partenariat entre hôpitaux, renforcement du lien ville-hôpital, développement de l’ambulatoire…

Une quête du sens

Des solutions qui ne sont toutefois que des pansements sur une jambe de bois. L’hôpital doit avant tout retrouver son attractivité. Cela passera par une revalorisation des salaires. Initiée par le Ségur de la Santé. Mais pas seulement. L’hôpital doit œuvrer pour que les métiers du soin retrouvent leur sens. « Depuis 10 ans, on essaie de rationaliser l’hôpital, on cherche la rentabilité. Ça a démotivé les soignants. Ils sont moins investis, reconnaît le Pr Teixeira, oncologue au Sénopôle de l’hôpital Saint Louis. Le service public continue d’attirer mais ne retient plus. Les infirmières qui nous rejoignent après l’école se rendent rapidement compte que leur travail ne correspond pas à l’idée qu’elles s’en faisaient ». « Du coup, au lieu de rester 5, 6 ans dans nos équipes, elles en partent au bout de 2 ou 3″ conclue le Pr Hennequin. Même la renommée de Gustave Roussy ne suffit plus à retenir ces soignantes : le premier centre de lutte contre le cancer d’Europe a perdu 15% de ses effectifs d’infirmières.

L’hôpital Saint Louis a bien compris qu’il doit « chouchouter » ses soignants s’il veut les garder. Des mesures ont été mises en place pour leur faciliter le quotidien : crèches, horaires aménagés… Mais c’est avant tout l’écoute qui est privilégiée. « On réunit nos équipes toutes les semaines pour connaître leur besoin et on y répond dans la mesure du possible. On essaie également de donner plus de responsabilités aux infirmières pour qu’elles se sentent plus impliquées dans la vie du service », explique le Pr Hennequin. Même bienveillance dans le service du Pr Teixeira : « On est dans le même bateau alors on essaie d’avancer ensemble. Je fais attention à ce que l’équipe ne soit pas en surchauffe. Mon souci est qu’il n’y ait pas d’arrêt ou de départ intempestif parce que, là, on a zéro réserves. »

La province moins impactée mais…

La situation est moins problématique en province. Elle n’est pas non plus « toute rose » de l’aveu même du Pr Jean-Yves Blay, président d’Unicancer et directeur général du Centre Léon Bérard à Lyon. Car si les services d’oncologie non franciliens ont moins de problèmes pour garder ou recruter du personnel, ils font face, comme les autres, à un deuxième effet de la crise Covid : les arrêts maladie. « Et surtout depuis l’arrivée du variant Omicron. Il touche un nombre important de soignants qui sont obligés de s’arrêter à chaque fois pendant 5 à 7 jours » précise le Pr Blay. Et là encore, il faut réagir. Vite. « On augmente le nombre de lits, on les fait tourner plus vite. On parvient ainsi à limiter les retards. On n’est pas sur du 3 à 6 mois de délai comme en début de crise » explique le président d’Unicancer avant de reconnaître que « tout le monde est bien fatigué ».

« On est dans le même bateau alors on essaie d’avancer ensemble »

Troisième effet collatéral de la pandémie auquel l’oncologie doit faire face : les retards de diagnostics et de traitements pris pendant les premiers confinements que les services commencent seulement à rattraper. Là encore, aucune région n’est épargnée par le phénomène. « Sur l’ensemble de nos centres, en 2021, notre activité a augmenté de 10% par rapport à l’année précédente où l’augmentation était nulle. C’est très inhabituel. En général, cette augmentation est autour 3 ou 4% chaque année. »

Un système résilient

Plus de patients à traiter et moins de personnel soignant pour les prendre en charge. Jusqu’à quand les services d’oncologie pourront-ils tenir le rythme ? « Il ne faudrait pas que ça s’éternise, admet le Pr Blay. Il est temps de s’attaquer au fond du débat. La crise sanitaire n’est pas le réel sujet. Elle ne fait que révéler les failles d’un système dégradé. » Face à la déferlante, le président d’Unicancer reste toutefois optimiste : « Ce qui m’impressionne, c’est la résilience du système. Personne ne pensait que cette crise durerait aussi longtemps et pourtant, on est toujours là. »

LIRE AUSSI : Retrouvez tous nos articles concernant l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les personnes touchées par un cancer dans notre dossier.

Emilie Groyer

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