En 2010, atteinte d’un cancer du sein, j’avais traversé le protocole médical avec une grande force. Pas de place pour l’introspection : architecte d’intérieur, mariée, avec trois jeunes enfants, ma vie allait à cent à l’heure. En 2015, ma rémission était confirmée. Ouf !
Hélas, une récidive métastatique, au niveau de la plèvre, est tombée quatre ans plus tard. La thérapie ciblée proposée comportait aussi des effets secondaires… à vie.
Idée insupportable. Après six mois de réflexion, j’ai choisi de ne pas prendre le traitement, mais j’ai fait un pacte avec mon oncologue : en cas de nouvelles métastases, je me plierais au protocole.
RAS pendant plusieurs années, et puis la rechute. Là, je me suis totalement écroulée. Les six premiers mois, j’ai pris le traitement à contrecœur, le rendant responsable de ma dépression, tout en testant des pratiques non conventionnelles.
La tristesse, précurseur de la dépression
Dès que mes marqueurs baissaient, j’arrêtais ma thérapie ciblée. Mais je retombais aussi au fond du trou, en proie à de violentes crises d’angoisse. Le moindre petit bouton me faisait penser que la maladie progressait, qu’il ne me restait plus que quelques mois à vivre. Encouragée par mon oncologue, j’ai décidé d’aller voir un psy. Plus exactement, un psychanalyste. J’ai été stupéfaite à quel point c’est allé loin !
Je me suis rendu compte que la tristesse – éludée lors du premier cancer – avait contribué à cette dépression. Je suis remontée aux crises d’angoisse que j’avais déjà durant l’enfance. C’était comme ôter une à une des couches qui m’empêchaient de comprendre certaines choses. Cela a duré neuf mois. Intéressant, comme chiffre !
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Retrouvez-cet article en intégralité dans Rose magazine n°30