Les avancées thérapeutiques pour soigner le cancer du col de l’utérus

Vaccins, chirurgie, médicaments... Les innovations sont nombreuses pour lutter contre les cancers du col de l'utérus.

Cancer du col de l’utérus – Avancées thérapeutiques © Marion Fayolle

Lutter contre le cancer du col de l’utérus grâce à la chirurgie

La technique à suivre en ce moment dans le traitement des cancers de l’utérus et du col de l’utérus : la chirurgie coelioscopique. Auparavant, pour pratiquer une hystérectomie, il n’y avait qu’un seul mode opératoire : la laparotomie. « Cela impliquait d’ouvrir l’abdomen du pubis jusqu’au-dessus de l’ombilic », précise Frédéric Caquant, chirurgien à l’Institut de cancérologie de Lille-Métropole. Une opération lourde, traumatisante et souvent douloureuse nécessitant la prise d’antalgiques puissants, une longue période de convalescence et induisant parfois des complications postopératoires pouvant retarder la mise en route des radiothérapies ou chimiothérapies.

Largement moins invasive, hyperprécise, grâce à l’assistance d’un robot, la chirurgie coelioscopique permet de réaliser des hystérectomies dans les cas les plus complexes. « L’assistance d’un robot chirurgical améliore la vision (en 3D) du chirurgien ainsi que la précision, la dextérité et le contrôle de ses gestes. Le tout dans des conditions de sécurité optimales », explique le Dr Caquant. Pour les patientes, c’est l’assurance de suites opératoires moins douloureuses et d’une durée d’hospitalisation et de convalescence divisée par deux. On constate également une diminution des risques de phlébite ou d’embolie postopératoire.

Autre belle avancée : la trachélectomie. Certes, elle n’est pas toute récente, mais son existence est encore aujourd’hui trop méconnue des patientes. C’est bien dommage car cette technique opératoire, en retirant le col et les tissus situés autour de l’utérus, permet de conserver toutes ses chances d’avoir un bébé dans les cas de cancer du col de l’utérus de moins de 2 cm. Subsiste néanmoins un risque d’accouchement prématuré, malgré le cerclage préventif réalisé.

Se faire vacciner contre le cancer du col de l’utérus

Un vaccin qui serait capable de détruire les cellules précancéreuses ? C’est en test. L’équipe de Claude Leclerc, professeur à l’Institut Pasteur, travaille sur un candidat-vaccin qui pourrait agir alors que la patiente est déjà infectée par le virus du papillome humain (HPV) de type 16 et/ou 18. Comment ? En stimulant le système immunitaire de la patiente pour l’amener à détruire les cellules infectées ou déjà cancéreuses. Voilà qui signifierait peut-être la fin des conisations (ablation d’une partie du col présentant des anomalies). Au nombre de 40 000 par an, ces opérations peuvent parfois entraîner des effets sur la fertilité, ou même favoriser des accouchements prématurés.

Combattre le cancer du col de l’utérus à l’aide des médicaments

2L PAPI. Derrière ce nom de code se cache un traitement de micro-immunothérapie. Il permettrait d’éliminer plus rapidement le papillomavirus en utilisant des souches homéopathiques de type immunologique. Il n’existe que deux études à son sujet, mais elles montrent une diminution de la charge virale de 89 % pour les HPV à bas risque et de 80 % pour ceux à haut risque. Pour l’instant, ce médicament fabriqué par un laboratoire belge ne bénéficie pas d’une autorisation de mise sur le marché en France.

Dépistage du cancer du col de l’utérus

Un test urinaire pour remplacer le frottis ? C’est l’objet de l’étude PapU29 menée actuellement par le Pr Payan, chef du service de microbiologie du CHU de Brest. Appréciée pour sa simplicité (on reçoit un kit de prélèvement urinaire à la maison), cette solution convient particulièrement aux femmes qui n’ont pas accès aux examens gynécologiques ou qui les refusent. L’étude montre qu’elles sont cinq fois plus nombreuses à préférer ce test urinaire au frottis ! « Cette méthode a permis de détecter des lésions précancéreuses de stade élevé chez 13 femmes, un adénocarcinome chez une femme de 36 ans et un cancer épidermoïde chez une femme de 53 ans », précise le Pr Payan.

Céline Dufranc