Si mon cancer est génétique, mes enfants vont forcément l’avoir.
🔴 FAUX.
En réalité, tous les cancers sont génétiques dans la mesure où une cellule saine devient tumorale parce qu’une mutation est apparue au sein de ses gènes.
En revanche, pour que cette mutation se transmette à vos enfants, il faut qu’elle se loge au sein de vos cellules dites “germinales”, c’est-à-dire les cellules qui donnent naissance aux spermatozoïdes ou aux ovules. Ce qui est assez rare.
À LIRE AUSSI : Pour mieux comprendre comment une cellule devient tumorale, lisez notre article Tout savoir sur le cancer.
Seuls 5 à 10 % des cancers sont réellement héréditaires.
🟢 VRAI.
Si tous les cancers sont génétiques, une minorité sont héréditaires.
La plupart des cancers sont causés par des mutations qui surviennent au cours de la vie et qui touchent des cellules dites “somatiques” : des cellules qui ne sont pas impliquées dans la reproduction (contrairement aux cellules germinales). Ces mutations ne sont donc pas transmises aux enfants.
Comme la très grande majorité des cellules de notre corps sont somatiques, il y a plus de chances qu’une mutation apparaisse dans ces cellules. Les cancers héréditaires sont donc rares. C’est mathématique.
Si j’ai hérité d’une mutation liée au cancer, je vais forcément en développer un.
🔴 FAUX.
Ces mutations héréditaires prédisposent au cancer : cela signifie que vous avez plus de risque que le reste de la population d’en développer un. Mais ce risque n’est pas de 100 % ! Il dépend du gène muté mais aussi de votre mode de vie, de vos antécédents familiaux, …
Ce risque dépend aussi de la mutation en elle-même. Un même gène peut être altéré de mille façons. Prenez le gène BRCA1 : on a identifié environ 2 000 mutations capables d’entraver son bon fonctionnement et de prédisposer aux cancers du sein et des ovaires. Cependant, toutes n’entraînent pas le même niveau risque de développer ces cancers.
Par ailleurs, nous possédons dans notre génome 2 copies de chaque gène : l’un provenant de notre mère, l’autre de notre père. Si la mutation n’a endommagé qu’une seule copie, il est possible que la seconde assure le relais.
À LIRE AUSSI : Pour en savoir plus sur les mutations BRCA, lisez notre article.
Si plusieurs membres de ma famille ont eu le même type de cancer, il est possible que je sois porteuse d’une mutation prédisposant au cancer.
🟢 VRAI.
Mais uniquement s’ils sont du “même côté” de la famille. Par exemple, si vous avez 2 tantes du côté de votre père qui ont été atteintes d’un cancer du sein, c’est un signal. En revanche, s’il s’agit d’une tante paternelle et d’une tante maternelle, pas d’inquiétude.
Les autres antécédents familiaux qui doivent alerter :
- un membre de votre famille a été atteint par plusieurs cancers différents ;
- plusieurs membres de votre famille ont été diagnostiqués à un “jeune” âge. Cet âge dépend du type de cancer mais il est en moyenne de 50 ans ;
- un membre de votre famille a développé un cancer rare. Par exemple, un cancer du sein chez un homme ;
- un membre de votre famille a eu un cancer qui a touché les 2 organes d’une paire. Par exemple : les 2 seins, les 2 reins, …
Si je suis porteuse d’une mutation héréditaire, je dois obligatoirement en informer ma famille.
🟢 VRAI.
Vous êtes légalement tenue d’informer les membres de votre famille concernés afin de leur permettre de mettre en place des actions de prévention s’ils le souhaitent (suivi rapproché, opérations préventives…).
Si vous préférez que cela soit fait de manière anonyme, votre médecin généticien peut leur adresser un courrier sans que votre nom n’y soit cité.
L’analyse génétique de la tumeur peut aider à choisir le traitement.
🟢 VRAI.
Certains médicaments, appelés thérapies ciblées, agissent en bloquant spécifiquement certaines mutations. Si l’analyse génétique révèle que votre tumeur porte une mutation contre laquelle on dispose d’une thérapie ciblée, vous pourriez bénéficier de ce traitement.
Si je suis porteuse d’une mutation BRCA, je peux faire retirer mes seins et mes ovaires de manière préventive.
🟢 VRAI.
C’est une option, pas une obligation. Vous pouvez également choisir d’être suivie de manière rapprochée : une IRM et une mammographie tous les ans dès 30 ans. Votre oncologue et votre généticien vous présenteront les bénéfices et les risques de chacune de ces options. Le choix final vous appartient.
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