Coronavirus : 5 conseils pour les malades de cancer

Les malades de cancer avec une baisse d'immunité présentent un risque accru d'infection par le coronavirus. La prudence s'impose. Quelques conseils pour se protéger.

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Respectez les conseils de l’OMS

Si vous n’êtes pas hospitalisé et suivez un traitement en hôpital de jour ou à la maison (chimiothérapie, radiothérapie), respectez les préconisations officielles : lavage de mains, éternuements dans le coude, mouchoir à usage unique. En tant que malade de cancer, vous n’avez pas plus de risque de contracter le coronavirus que n’importe qui d’autre.

 

Si votre immunité est réduite, évitez au maximum les contacts extérieurs

Certaines chimiothérapies induisent des aplasies, un appauvrissement des globules sanguins. Ces aplasies arrivent entre 8 et 15 jours après une séance et le système immunitaire se trouve affaibli. « En général les aplasies sont de courte durée et il convient de se protéger, coronavirus ou pas« , explique le Dr Chantal Dreyer, oncologue au Groupe hospitalier Saint-Joseph de Paris. Ses préconisations: éviter au maximum les contacts, visites, pour que cette chute du système immunitaire ne dégénère pas en infection. « Si c’est le cas, et que la patiente présente une fièvre, comme toujours, nous l’hospitalisons et nous l’isolons« , reprend la cancérologue. En revanche, si un patient aplasique présente une fièvre et une toux, il convient d’appeler d’urgence le numéro du SAMU pour être envoyé vers un hôpital qui soit en capacité de réaliser le test du COVID-19. Car le Dr Philippe Girard, pneumologue à l’Institut Mutualiste Montsouris, le rappelle : « ce n’est pas le cancer en lui-même qui est un facteur de risque supplémentaire – mais dans tous les cas où l’immunité est diminuée à cause des traitements, la maladie peut prendre des formes plus sévères ».

 

Visites limitées à l’hôpital

Les recommandations pour les patients hospitalisés dépendent de chaque Agence Régionale de Santé (selon l’état de l’épidémie sur le territoire). Notez que l’Institut Gustave Roussy, le premier centre de cancérologie en Europe, a renforcé ses règles à destination de ses malades hospitalisés : visites limitées à une personne par jour pour une durée de 4 heures maximum (les enfants sont interdits). Et votre visiteur doit porter un masque chirurgical fourni à l’accueil. La plupart des hôpitaux comme l’Institut Bergonié de Bordeaux se préparent activement au déclenchement du « plan blanc », limitant les présences extérieures et interdisant les enfants dans la chambre.

 

Bas les masques !

Le virus ne se propage pas dans l’air mais dans des « gouttelettes » véhiculées notamment par les éternuements et les postillons. Tous les masques, même chirurgicaux, protègent donc du virus, « à condition de ne pas les porter trop longtemps. Une fois qu’ils ont pris l’humidité, ils ne sont plus efficaces » précise le Dr Bertrand Mennecier, oncologue thoracique à l’Hôpital Universitaires de Strasbourg. « Même si ces masques sont efficaces pour nous protéger du virus, ils ont toutefois peu d’intérêt – à l’échelle de la population – quand on n’est pas malade. Les masques doivent en priorité être portés par des personnes qui sont malades ou qui ont les premiers signes d’une infection, pour éviter de contaminer les personnes qui les entourent » ajoute-t-il.

Problème : dans un arrêté publié au Journal officiel, l’État a annoncé la réquisition des stocks de masques de protection respiratoire de type FFP2, ainsi que les masques antiprojections, et ce jusqu’au 31 mai, “afin d’en assurer un accès prioritaire aux professionnels de santé et aux patients dans le cadre de la lutte contre le virus Covid-19”. Concrètement, il est  impossible aux particuliers de se procurer des masques de protection en pharmacie – à moins d’avoir une ordonnance le stipulant. Certains médecins prescrivent aux malades de cancer des masques, d’autres le refusent, pour le moment il n’y a aucune « ligne » officielle…

 

Renseignez-vous sur le maintien – ou non – de votre opération chirurgicale

Suite aux dernières recommandations, les chirurgies non urgentes – c’est-à-dire qui n’ont pas d’incidence sur la survie du malade – sont déprogrammées ou décalées. La décision est prise au cas par cas après évaluation du bénéfice/risque (lire notre article : « Coronavirus et cancer : quelles chirurgies sont annulées ?« )

Mis à jour le 17 mars 2020